Notre méthode d'audit du contenu

Le contenu de Philotopie est rédigé à partir de sources publiques identifiables, et fait l'objet d'un contrôle systématique destiné à garantir qu'aucune reprise textuelle ou structurelle n'y soit dissimulée. Cette page décrit ce qui est fait, comment, et avec quelles limites.

L'existence même de cette page est un engagement : les principes éditoriaux d'une encyclopédie doivent pouvoir être vérifiés par ses lecteurs, et par les auteurs dont elle mobilise le travail.

Ce qui s'applique quand

Deux périmètres cohabitent sur le site, et il faut les distinguer.

Un audit systématique du corpus existant a été mené. Il vérifie, sur les fiches déjà publiées, qu'aucune reprise textuelle ni structurelle problématique n'y est détectable. Les résultats sont donnés plus bas et couvrent l'ensemble du corpus, ancien comme récent.

Un ensemble de règles préventives a été mis en place le 22 septembre 2026, pour la rédaction de toute nouvelle fiche : élargissement obligatoire des sources, précautions de rédaction, attribution nominale des auteurs mobilisés. Elles s'appliquent aux fiches nouvelles à partir de cette date, et sont progressivement rétroappliquées aux fiches existantes, en priorité aux plus consultées et à celles des philosophes majeurs.

Toutes les fiches déjà publiées ne portent donc pas encore visiblement la marque de ces règles, même si l'audit garantit qu'elles ne présentent pas de reprise problématique. L'audit vaut pour tout ; les règles préventives valent pour les fiches nouvelles et pour les fiches existantes progressivement remises à jour.

Ce que Philotopie impose à la rédaction des nouvelles fiches

Trois exigences s'appliquent à toute fiche produite depuis le 22 septembre 2026, quel que soit son type : philosophe, œuvre, concept, courant, lieu, événement.

Une base élargie de sources

Une fiche écrite à partir des seules Wikipédia et Stanford Encyclopedia of Philosophy en serait mécaniquement un doublon. L'ordre de consultation imposé au rédacteur est donc structuré en trois niveaux successifs.

Le texte primaire d'abord, quand il existe en accès libre : Classiques des sciences sociales de l'Université du Québec à Chicoutimi, Gallica, Wikisource, Perseus pour les textes grecs et latins. Consulter directement Kant, Spinoza ou Aristote coupe à la racine le risque de reprise d'un commentateur particulier.

La recherche francophone ensuite : Cairn.info, Persée, OpenEdition Journals, HAL, Encyclo-Philo de l'Université de Nantes, Encyclopédie philosophique universelle des PUF. Ces ressources offrent des angles proprement francophones que les grandes encyclopédies anglophones ne couvrent pas.

L'anglophone complémentaire enfin, au-delà de la SEP : Internet Encyclopedia of Philosophy et PhilPapers, pour croiser les interprétations.

Un plancher chiffré est fixé selon la difficulté de la fiche : trois sources différentes aux niveaux les plus accessibles, jusqu'à cinq pour les fiches les plus techniques, dont au moins deux textes primaires.

Des règles anti-copie explicites

Jamais plus de huit mots consécutifs d'une source, sauf citation entre guillemets français et attribuée nommément. Cette règle interdit la paraphrase serrée, celle qui masque une reprise en changeant un mot ici ou là.

La Stanford Encyclopedia of Philosophy ne peut être ni reprise ni traduite. Elle est sous droits réservés, et une traduction est juridiquement une œuvre dérivée, pas une reformulation.

Interdiction du calque de plan. Suivre l'ordre des sections d'un article particulier, ou reprendre la même séquence de faits et de distinctions, constitue une reprise structurelle même si aucun mot n'est identique.

Les exemples canoniques doivent être attribués à leur auteur : la caverne de Platon, la machine à expérience de Nozick, l'argument ontologique d'Anselme. Les autres exemples doivent être propres à la fiche.

Une attribution nominale des auteurs mobilisés

Sur les fiches produites depuis le 22 septembre 2026, la section Sources se divise en deux. Une sous-section Sources principales nomme les auteurs et les autrices des ressources substantiellement mobilisées, avec une phrase précisant ce que chacune a apporté. Une sous-section Bibliographie rassemble les autres références utiles pour approfondir.

Ce partage veut rendre à chaque chercheur ce qui lui revient. Wikipédia y est citée collectivement, puisque son modèle d'écriture est lui-même collectif. Les œuvres de l'auteur traité ne sont pas des sources : elles sont les objets de la fiche.

Comment Philotopie vérifie l'ensemble du corpus

Les règles de rédaction ne suffisent pas : le contenu doit être vérifié après coup. Quatre scripts d'audit ont été développés à cet effet et appliqués à toutes les fiches publiées, anciennes et récentes. Ils lisent le contenu, le comparent aux sources, et produisent des rapports détaillés. Ils ne modifient jamais rien.

Les trois mesures utilisées

Le recouvrement mesure la part des suites de huit mots consécutifs de la fiche que l'on retrouve dans la source. Il détecte les proximités diffuses, réparties sur l'ensemble d'un texte.

Le plus long passage commun identifie la plus longue suite de mots identiques entre la fiche et la source. C'est le signal qui accuse le plus fortement : trente mots consécutifs identiques ne s'expliquent pas par le hasard.

L'ordre des faits compare la suite des noms propres et des dates dans leur ordre d'apparition. Cette mesure a une propriété précieuse : elle traverse la traduction. Spinoza reste Spinoza d'une langue à l'autre, 1677 reste 1677. Un plan recopié depuis un article anglais et entièrement reformulé en français reste détectable de cette manière.

Deux précautions sans lesquelles les résultats seraient faux

Exclure les bibliographies de l'analyse. Une bibliographie cite forcément les mêmes ouvrages que sa source : les inclure produirait des faux positifs en masse. Une référence partagée du type « Marie Louise Siauve, L'amour de Dieu chez Ghazâlî » compte vingt-et-un mots identiques qui ne prouvent qu'une chose, que les deux textes citent le même livre.

Choisir un témoin de même sujet. Cette précaution est plus subtile, et n'a été identifiée qu'en cours d'audit. Comparer une fiche à un article sans rapport ne suffit pas à contrôler la mesure d'ordre : deux textes sur Husserl citeront forcément Brentano puis Heidegger, dans cet ordre, parce que c'est l'ordre de la vie de Husserl. Un témoin de sujet différent produirait des signalements en masse.

Le témoin retenu est donc l'article Wikipédia du même sujet. La question devient alors la bonne : la fiche suit-elle l'ordre naturel du sujet, que Wikipédia suit aussi, ou l'ordre propre à la SEP ? Seul le second cas indique une reprise. Le verdict porte sur l'écart au témoin, jamais sur une valeur brute.

Un cas particulier : la langue

Les fiches sont en français, la SEP est en anglais. Une reprise traduite ne partage aucune suite de mots identiques avec sa source. La mesure de recouvrement ne peut donc détecter, contre la SEP, qu'un copier-coller non traduit.

C'est pourquoi la mesure d'ordre est la preuve utile pour cette source précise : elle est la seule à ne pas être détruite par la traduction. Cette asymétrie doit être connue de qui lit les résultats.

Ce que donnent les mesures aujourd'hui

Le corpus a été audité en totalité. Voici les résultats à la date de rédaction.

Face à la Stanford Encyclopedia of Philosophy

Fiches appariées à une entrée SEP
199
Recouvrement médian
0 %
Recouvrement maximum
0,2 %
Plus long passage commun
11 mots
Écart d'ordre médian au témoin
-2,1

Face à Wikipédia

Fiches examinées
392
Recouvrement médian
0 %
Recouvrement moyen
0,15 %
Recouvrement maximum
2,3 %
Signalements automatiques
9

Corpus Bac Philo, en préparation

Fiches examinées
64
Entrées SEP distinctes citées
109
Signalements
0
Plus long passage commun
8 mots

L'écart d'ordre médian négatif signifie que les fiches sont en moyenne plus proches de l'ordre de Wikipédia que de celui de la SEP. Ce n'est pas seulement l'absence d'un signal : c'est un signal contraire, qui exclut le calque.

Deux fiches ont dépassé le seuil de vigilance face à la SEP, aucune celui de problème : Marin Mersenne et Leo Strauss. Examen fait, la séquence relevée est dans les deux cas une chronologie biographique, que toute biographie suit puisqu'elle est l'ordre d'une vie, et le nombre de mots communs est nul. Elles ont été écartées.

Face à Wikipédia, huit des neuf signalements sont des citations de sources primaires que Philotopie et Wikipédia citent l'une comme l'autre : Descartes, Bergson, Peirce, Durkheim, entre autres. Un seul cas de reprise réelle a été identifié : dix-huit mots d'un énoncé factuel de datation dans la fiche Mystique rhénane. Wikipédia étant sous licence Creative Commons compatible avec la nôtre, cette reprise serait licite sous condition d'attribution ; elle sera néanmoins reformulée.

Ce que cet audit ne fait pas

Il ne couvre que Wikipédia et la SEP. Une reprise depuis un blog, un cours en ligne ou un manuel non anticipé lui échapperait. Cette limite découle du choix de méthode : les sources redoutées ont été anticipées et récupérées en totalité, ce qui garantit une couverture exhaustive pour elles, mais ne dit rien des autres.
Il ne détecte pas la paraphrase sémantique. Une idée reprise et entièrement reformulée dans d'autres termes n'est pas mesurable par ces méthodes ; il faudrait pour cela des techniques de plongements lexicaux. Précision utile : une reformulation entière n'est pas juridiquement une contrefaçon, le droit d'auteur ne protégeant pas les idées mais leur expression. Cette limite concerne l'originalité éditoriale du site, non sa sécurité juridique.
Le verdict automatique sur-signale volontairement. Les seuils sont calibrés pour ne rien manquer, quitte à produire des signalements que l'examen humain écarte ensuite. C'est le cas des huit citations de sources primaires mentionnées plus haut, et des deux chronologies biographiques. Le script signale, l'humain tranche : cette architecture est délibérée.

Ce qui reste à améliorer

Aucun audit et aucune règle ne sont définitifs. Plusieurs chantiers sont ouverts.

Cet audit a été mis en place à la suite de remarques extérieures sur le risque de doublon avec les encyclopédies existantes, et sur le risque de mécontenter les chercheurs mobilisés. Ces objections étaient sérieuses. Elles ont conduit à un audit qui n'existait pas, à un élargissement obligatoire des sources, à une attribution nominale des auteurs, à un plan de rattrapage progressif de l'existant, et à un passage sous licence Creative Commons compatible avec Wikipédia. Elles ont amélioré le projet, et cette page existe en partie grâce à elles.

Toute remarque, correction ou proposition sur la méthode d'audit elle-même est bienvenue à contact@philotopie.fr.