Jean-Paul Sartre

21 juin 1905 - 15 avril 1980 🇫🇷 française 17 min de lecture

Difficulté : 4/5

Philosophe et écrivain français, Jean-Paul Sartre est la figure majeure de l'existentialisme et l'intellectuel engagé qui a marqué la vie française de 1945 aux années 1970.

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Biographie

Jean-Paul Charles Aymard Sartre naît le 21 juin 1905 à Paris. Fils unique de Jean-Baptiste Sartre (officier de marine) et d'Anne-Marie Schweitzer, il perd son père à l'âge de quinze mois. Élevé chez ses grands-parents maternels à Meudon, dans la famille du théologien Charles Schweitzer (oncle du célèbre médecin Albert Schweitzer), il baigne dès l'enfance dans un milieu où les livres occupent une place centrale. Il racontera cette enfance dans son autobiographie "Les Mots" (1963).

Formation

Après le lycée Louis-le-Grand, Jean-Paul Sartre entre en 1924 à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Il y rencontre Paul Nizan, Raymond Aron. Il fera bientôt, en 1929, la connaissance d'une jeune étudiante en philosophie de la Sorbonne : Simone de Beauvoir. Cette rencontre sera décisive et le lien qui les unit durera un demi-siècle. La même année, Sartre obtient l'agrégation de philosophie, en étant reçu premier tandis que Simone de Beauvoir arrive deuxième. Il enseigne ensuite au lycée du Havre, puis à Laon et à Paris.

L'ouverture à la phénoménologie allemande

Une étape décisive de sa formation est son séjour à Berlin en 1933-1934, à l'Institut français. Il y découvre en profondeur la phénoménologie d'Edmund Husserl et l'ontologie de Martin Heidegger. Cette rencontre avec la pensée allemande transforme sa manière de faire de la philosophie et fournit les bases de sa propre œuvre à venir. Il en tire d'abord des travaux techniques sur la conscience, l'imagination et l'émotion, avant la grande synthèse de "L'Être et le Néant".

La guerre et l'engagement

Mobilisé en 1939, Jean-Paul Sartre est fait prisonnier en 1940 par les troupes allemandes. Cette expérience de captivité, dans un camp en Allemagne, le marque profondément. Libéré en 1941, il rentre à Paris et rédige "L'Être et le Néant", publié en 1943 sous l'Occupation. Après la Libération, sa notoriété devient immense. Il prononce en 1945 sa célèbre conférence "L'existentialisme est un humanisme" et cofonde la revue Les Temps modernes avec Simone de Beauvoir, Maurice Merleau-Ponty, Raymond Aron et Michel Leiris. Cette revue devient l'un des grands foyers intellectuels de l'après-guerre.

L'intellectuel engagé

À partir de 1945, Jean-Paul Sartre incarne la figure de l'intellectuel engagé, prenant position sur les grands enjeux politiques de son temps. Sa relation au marxisme et au Parti communiste français est complexe et évolutive : compagnon de route dans les années 1950, il rompt après l'invasion soviétique de la Hongrie en 1956. Il défend la décolonisation, écrit la préface des "Damnés de la terre" de Frantz Fanon en 1961, soutient les mouvements de mai 1968, participe à la fondation du quotidien Libération en 1973. Sa rupture avec Albert Camus en 1952 sur la question du communisme reste l'un des grands moments d'affrontement intellectuel du XXᵉ siècle.

Une œuvre plurielle

Parallèlement à son œuvre philosophique, Jean-Paul Sartre écrit des romans (La Nausée, Les Chemins de la liberté), des pièces de théâtre (Les Mouches, Huis clos, Les Mains sales), des essais littéraires et politiques. En 1964, il refuse le prix Nobel de littérature qui vient de lui être décerné, expliquant qu'un écrivain doit "refuser de se laisser transformer en institution". Cette décision, sans précédent, illustre son exigence d'indépendance.

La mort et l'héritage

Jean-Paul Sartre meurt le 15 avril 1980 à Paris, à l'âge de soixante-quatorze ans, presque aveugle après plusieurs années de maladie. Ses obsèques rassemblent une foule immense dans les rues de Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse, où Simone de Beauvoir le rejoindra en 1986. Sa disparition marque la fin d'une époque, celle où un philosophe pouvait incarner à ce point la vie intellectuelle et politique d'une nation.

Pensée principale

La pensée de Jean-Paul Sartre est vaste et évolutive, mais un fil la traverse tout entière : celui de la liberté humaine, comprise non comme une propriété que nous aurions, mais comme la condition à laquelle nous sommes condamnés. De ce point de départ découlent l'existentialisme, la théorie de l'engagement et, plus tard, la tentative de refonder le marxisme sur des bases existentialistes.

L'existence précède l'essence

La formule la plus célèbre de l'existentialisme sartrien tient en cinq mots : l'existence précède l'essence. Contre toute une tradition philosophique qui pensait chaque être à partir de sa nature ou de son essence, Jean-Paul Sartre soutient que l'homme n'est rien avant d'exister. Il n'a pas de nature humaine préexistante à laquelle il devrait se conformer : il se fait lui-même, à travers ses choix et ses actes. Cette absence de fondement fixe est ce qui distingue radicalement l'humain de tous les autres êtres, qui sont ce qu'ils sont.

Être en soi et être pour soi

Dans "L'Être et le Néant" (1943), Jean-Paul Sartre propose une ontologie qui distingue deux modes fondamentaux de l'être. L'être en soi est celui des choses : il est plein, opaque, coïncidant avec lui-même. Une pierre est ce qu'elle est, elle n'a pas de distance à soi. L'être pour soi est celui de la conscience : il est traversé par une néantisation, une distance à soi qui l'empêche d'être fixé. La conscience est toujours conscience de quelque chose, mais elle est aussi ce vide qui lui permet de dépasser tout ce qui est donné. C'est cette structure d'être qui fait de nous des êtres libres et angoissés.

La liberté et l'angoisse

De l'être pour soi découle la liberté radicale de l'homme. Nous ne sommes pas déterminés par notre passé, par nos gènes ou par nos circonstances, nous sommes toujours en train de choisir qui nous voulons être. Cette liberté n'est pas un privilège agréable : elle est une charge, la source de l'angoisse existentielle. Jean-Paul Sartre parle d'une condamnation à la liberté. Face à cette responsabilité, la tentation est grande de se mentir à soi-même, en se prétendant déterminé par ce que l'on n'a pas choisi. C'est ce que Sartre appelle la mauvaise foi : cette manière de fuir sa propre liberté en jouant un rôle, en se cachant derrière une identité rigide.

Autrui et le regard

L'un des apports les plus originaux de "L'Être et le Néant" est l'analyse de la relation à autrui. Le regard d'autrui, écrit Sartre, me transforme en objet. Sous les yeux de l'autre, je cesse d'être ce pur pour-soi que j'étais et deviens quelque chose de fixé, dont l'autre est le témoin et le juge. Cette expérience, qu'il décrit à travers la célèbre analyse de la honte, est le point de départ d'une réflexion sur les rapports humains marqués par le conflit. C'est aussi le sens de la formule souvent mal comprise : "L'enfer, c'est les autres." Sartre ne veut pas dire qu'il faille fuir autrui, mais que le regard des autres peut nous enfermer dans une image dont il est difficile de s'échapper.

L'engagement

De cette philosophie de la liberté découle une éthique de l'engagement. Puisque nous sommes libres et que nos actes définissent qui nous sommes, nous ne pouvons nous dérober à la responsabilité de nos choix. Cette exigence vaut aussi pour l'écrivain, dont Sartre défend, dans "Qu'est-ce que la littérature ?" (1947), l'engagement dans son temps. Écrire, c'est prendre position, contribuer à changer le monde. Cette théorie de l'engagement a nourri des générations d'intellectuels et incarné pour la France de l'après-guerre une manière de vivre la pensée comme une action.

Le tournant marxiste

À partir des années 1950, Jean-Paul Sartre cherche à articuler l'existentialisme et le marxisme. La "Critique de la raison dialectique" (1960) est le monument de cette tentative. Il y voit dans le marxisme "l'horizon indépassable de notre temps", tout en lui reprochant d'avoir abandonné l'analyse concrète des situations vécues. L'existentialisme n'a plus alors qu'une place modeste, celle d'un supplément anthropologique venant remplir un vide dans le marxisme. Cette réorientation, ambitieuse et controversée, marque la seconde grande période de son œuvre.

Une philosophie de la situation

Un concept traverse toute l'œuvre de Sartre : celui de situation. Nous ne sommes jamais libres dans l'abstrait, mais toujours en situation, c'est-à-dire pris dans un ensemble de conditions concrètes (notre corps, notre passé, notre milieu social, l'époque) à partir desquelles nous avons à choisir. Cette liberté située (ni pure ni déterminée) est peut-être ce qui définit le mieux sa vision de l'existence humaine.

Œuvres majeures

La Nausée (1938)

Premier roman de Jean-Paul Sartre et l'un des grands textes du XXᵉ siècle. Récit à la première personne d'un homme, Antoine Roquentin, qui découvre dans une petite ville de province l'absurdité et la contingence de l'existence, "La Nausée" est à la fois un roman et une méditation philosophique. Il pose littérairement la question qui sera au cœur de "L'Être et le Néant" : que signifie exister, sans essence ni justification ?

L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique (1943)

Publié sous l'Occupation, cet ouvrage monumental est le grand livre philosophique de Sartre. Il y déploie son ontologie de l'en soi et du pour soi, sa théorie de la conscience, de la liberté et de la mauvaise foi, ainsi que sa célèbre analyse du regard d'autrui. Difficile mais essentiel, il reste l'un des sommets de la phénoménologie française et le fondement théorique de l'existentialisme.

Huis clos (1944)

Cette pièce en un acte, souvent jouée, est devenue le raccourci le plus célèbre de la pensée sartrienne. Trois personnages, morts, se retrouvent enfermés ensemble dans une pièce close qui est l'enfer. La pièce contient la formule fameuse : "L'enfer, c'est les autres". Loin d'être une misanthropie, cette formule illustre l'analyse du regard d'autrui développée dans "L'Être et le Néant".

L'existentialisme est un humanisme (1946)

Ce petit livre est la publication d'une conférence donnée en octobre 1945, dans laquelle Jean-Paul Sartre défend son existentialisme contre les objections qu'on lui adresse. Écrit dans un style accessible, il expose la thèse selon laquelle "l'existence précède l'essence" et défend l'humanisme existentialiste comme éthique de la responsabilité. Sartre a plus tard regretté la simplification de certains passages, mais ce texte reste la porte d'entrée la plus lue à sa pensée.

Critique de la raison dialectique. Tome I : Théorie des ensembles pratiques (1960)

Ouvrage majeur de la seconde période, ce livre difficile tente de refonder le marxisme sur des bases existentialistes. Sartre y développe une théorie des collectifs, des groupes et de leur formation, en cherchant à préserver la liberté individuelle au sein des mouvements sociaux. Le tome II, inachevé, sera publié à titre posthume. L'ouvrage a exercé une influence importante sur les sciences sociales des années 1960 et 1970.

Les Mots (1963)

Autobiographie de son enfance, ce livre offre un contrepoint étonnant à l'œuvre philosophique. Jean-Paul Sartre y raconte comment il est devenu écrivain, dans un style ironique et lucide qui prend ses distances avec sa propre vocation. C'est pour cette œuvre littéraire qu'il obtient en 1964 le prix Nobel de littérature, qu'il refuse.

Postérité et influence

L'influence de Jean-Paul Sartre est immense et a marqué en profondeur la philosophie, la littérature et la vie intellectuelle du XXᵉ siècle.

Le maître de l'existentialisme français

Jean-Paul Sartre est le principal représentant et vulgarisateur de l'existentialisme français, qu'il a fait connaître d'un large public bien au-delà des cercles universitaires. Dans les années 1945-1955, l'existentialisme est devenu une véritable mode intellectuelle, avec ses cafés (le Flore, les Deux Magots), ses figures et son vocabulaire. Cette diffusion massive a fait de la philosophie une affaire publique dans la France de l'après-guerre.

L'intellectuel engagé

Plus profondément, Jean-Paul Sartre a incarné une figure : celle de l'intellectuel engagé, qui prend position sur tous les grands enjeux politiques de son temps et met son autorité intellectuelle au service des combats qu'il juge justes. Cette figure, dont il est peut-être le dernier grand représentant, a durablement marqué la vie intellectuelle française. Ses interventions sur la décolonisation, sur mai 1968, sur les mouvements ouvriers ont donné une visibilité rare à l'engagement des philosophes.

Une influence multiforme

L'influence de Sartre traverse de nombreux champs. Sur la philosophie française, il a exercé une hégémonie qui n'a été contestée qu'à partir des années 1960 avec le structuralisme. Sur les sciences sociales, sa "Critique de la raison dialectique" a inspiré des travaux sur les groupes et les collectifs. Sur la littérature, sa théorie de l'engagement a marqué durablement la manière dont les écrivains ont pensé leur rôle. Ses œuvres théâtrales et romanesques restent lues et jouées dans le monde entier.

Un héritage international

Traduit dans des dizaines de langues, Jean-Paul Sartre a exercé une influence mondiale, en particulier dans les pays où se sont développés des mouvements de libération anticoloniale. Sa préface aux "Damnés de la terre" de Frantz Fanon (1961) reste un texte de référence de la pensée décoloniale. En Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe, son œuvre a nourri des générations d'intellectuels et de militants.

Un héritage discuté

L'influence de Sartre a connu une éclipse relative à partir des années 1970, avec la montée du structuralisme (avec Michel Foucault notamment) puis de la déconstruction (avec Jacques Derrida), qui ont pris leurs distances avec sa philosophie du sujet. Ces dernières décennies ont vu son œuvre redécouverte et relue, notamment par des penseurs contemporains qui trouvent dans ses analyses de la liberté et de l'engagement des ressources pour penser les défis actuels. Des figures comme André Gorz revendiquent explicitement leur dette existentialiste.

Controverses et débats

Peu de philosophes du XXᵉ siècle ont suscité autant de controverses que Jean-Paul Sartre, sur le plan à la fois philosophique et politique.

Le rapport au communisme

La controverse la plus vive et la plus durable concerne son rapport au marxisme et au communisme soviétique. Compagnon de route du Parti communiste français dans les années 1950, il a longtemps refusé de dénoncer publiquement les crimes du stalinisme, au nom de la nécessité de ne pas désespérer les ouvriers. Sa rupture avec Albert Camus en 1952, à propos de "L'Homme révolté", cristallise cette question. Après l'invasion de la Hongrie en 1956, il prend ses distances avec le Parti communiste, mais reste marxiste. Le débat sur la responsabilité intellectuelle de ses silences reste vif jusqu'à aujourd'hui.

La question de la mauvaise foi

Sur le plan philosophique, son concept de mauvaise foi a été discuté. En affirmant que nous sommes toujours libres de choisir, Sartre ne minimise-t-il pas le poids des déterminations sociales, économiques et psychologiques ? La critique est venue tôt, notamment de la part de penseurs marxistes qui lui reprochaient un individualisme trop marqué. Sartre a lui-même infléchi sa position dans ses œuvres tardives, en accordant une place plus grande aux structures.

L'universalisme en question

Une critique plus récente vient des pensées féministes, décoloniales et postmodernes, qui interrogent le caractère prétendument universel du sujet libre sartrien. Ce sujet, disent les critiques, est-il vraiment neutre ou est-il implicitement construit à partir d'une expérience d'homme européen ? Simone de Beauvoir, sa compagne, a été la première à montrer, dans "Le Deuxième Sexe", combien la situation des femmes échappait aux catégories générales de l'existentialisme sartrien. Cette question de l'universalisme abstrait traverse toute la réception contemporaine de son œuvre.

L'existentialisme est-il un humanisme ?

Un débat plus proprement philosophique porte sur le rapprochement même entre existentialisme et humanisme, tel que Sartre l'a défendu en 1945. Martin Heidegger, dans sa célèbre "Lettre sur l'humanisme" (1947), a critiqué frontalement cette assimilation. Pour Heidegger, l'humanisme reste prisonnier de la métaphysique traditionnelle et ne permet pas de penser radicalement l'être. Sartre lui-même a plus tard nuancé la conférence de 1945, la jugeant trop simplificatrice. Ce débat sur la nature exacte de l'existentialisme reste ouvert.

L'homme et l'œuvre

Enfin, la vie publique de Jean-Paul Sartre, avec ses engagements successifs, ses ruptures, sa relation libre avec Simone de Beauvoir, a nourri d'innombrables controverses biographiques. Certaines archives récemment publiées ont révélé des zones d'ombre de sa vie personnelle. La question de l'articulation entre l'homme et l'œuvre, entre les principes philosophiques défendus et les pratiques réelles, reste un objet de discussion vif.

Pour aller plus loin

Lire Jean-Paul Sartre

Pour découvrir sa pensée, "L'existentialisme est un humanisme" (Gallimard, 1946 ; réédition Folio essais) est l'entrée la plus courte et la plus accessible. Le roman "La Nausée" (Gallimard, 1938) offre un accès littéraire à ses intuitions philosophiques. La pièce "Huis clos" (Gallimard, 1944) est brève et incontournable. Pour aborder son œuvre philosophique majeure, "L'Être et le Néant" (Gallimard, 1943) demande un engagement soutenu, mais reste la référence. Pour la période tardive, la "Critique de la raison dialectique" (Gallimard, 1960) est exigeante mais essentielle pour comprendre son marxisme.

Autour de son œuvre

La pensée de Jean-Paul Sartre s'inscrit dans le sillage de plusieurs traditions. Elle prolonge la phénoménologie de Husserl et l'ontologie de Martin Heidegger, tout en s'en démarquant. Elle reprend l'attention à l'existence concrète héritée de Søren Kierkegaard. Elle mobilise la dialectique de Hegel, notamment dans son analyse d'autrui. Pour comprendre son entourage intellectuel, la lecture de Simone de Beauvoir, notamment "Le Deuxième Sexe" et "La Force des choses", est indispensable. Maurice Merleau-Ponty, avec sa "Phénoménologie de la perception", forme le contrepoint le plus important. Sur la rupture avec Albert Camus, "L'Homme révolté" et les échanges publiés dans Les Temps modernes en 1952 restent des textes de référence.

Écouter et voir

De nombreuses archives audiovisuelles de Sartre sont disponibles en ligne, en particulier sur le site de l'INA. Des entretiens filmés, des conférences et le documentaire "Sartre par lui-même" (Alexandre Astruc et Michel Contat, 1976) permettent de découvrir l'homme derrière l'œuvre.

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