Analytique et synthétique
Cette distinction, systématisée par Kant, porte sur la nature des jugements. Un jugement analytique est celui dont le prédicat est déjà contenu dans le sujet : il n'apprend rien de nouveau, il explicite. « Un célibataire est un homme non marié » en est un exemple. Un jugement synthétique ajoute au sujet une information qui n'y était pas contenue : « Ce célibataire est heureux » nous apprend quelque chose de neuf.
L'enjeu est de comprendre comment une connaissance peut être à la fois vraie et informative. Kant a soutenu l'existence de jugements « synthétiques a priori », qui étendraient notre savoir sans dépendre de l'expérience, thèse qui a nourri de longs débats. La distinction analytique / synthétique ne se confond pas avec la distinction a priori / a posteriori : la première porte sur le contenu du jugement, la seconde sur sa source.
Exemple
« Tout corps est étendu » est analytique : l'étendue fait déjà partie de la notion de corps. « Tout corps est pesant » est synthétique : la pesanteur s'y ajoute.