L'Âge séculier

Titre original : A Secular Age

Publication : 2007

Type : Traite

Analyse

Présentation

L'Âge séculier (A Secular Age) est une œuvre majeure de Charles Taylor, publiée à Cambridge (Massachusetts) chez Belknap Press of Harvard University Press en septembre 2007. C'est l'aboutissement d'un projet philosophique de plus de vingt ans : Taylor avait déjà donné les Gifford Lectures à Édimbourg en 1998-1999 sur le même thème, puis publié Modern Social Imaginaries (2004) et Varieties of Religion Today (2002) qui en constituent des préparations. L'ouvrage compte 870 pages dans l'édition originale, ce qui en fait l'une des plus volumineuses œuvres de philosophie publiées au début du XXIᵉ siècle, après Sources of the Self (1989) du même Taylor.

La traduction française est due à Patrick Savidan et paraît chez Seuil en 2011 dans la collection « L'Ordre philosophique ». L'ouvrage a connu une réception internationale considérable, traduit en plus de dix langues, récompensé par le Prix Templeton 2007 (qui salue chez Taylor la contribution la plus importante à la compréhension des dimensions spirituelles de la vie humaine).

La question centrale qui structure l'œuvre est posée dès l'introduction : comment se fait-il qu'en 1500 il était impossible en Occident de ne pas croire en Dieu, alors qu'en 2000 la foi n'est plus qu'une option parmi d'autres, souvent ressentie comme difficile à tenir ? Taylor refuse les explications réductrices habituelles (la sécularisation comme disparition mécanique du religieux sous l'effet de la science, de la rationalisation, de la modernisation industrielle). Il propose une enquête généalogique beaucoup plus fine, qui retrace les conditions de possibilité culturelles rendant l'incroyance d'abord pensable, puis acceptable, puis dominante.

La thèse centrale est que la sécularisation ne se réduit ni à un recul institutionnel des Églises (sécularisation au sens politique) ni à un déclin de la pratique religieuse (sécularisation sociologique), mais désigne avant tout une transformation profonde de l'expérience humaine : les conditions de la croyance ont changé. Vivre dans un âge séculier, c'est vivre dans un monde où toute croyance (religieuse comme non-religieuse) est désormais une option contestable parmi d'autres, alors que dans les sociétés pré-modernes la transcendance était un horizon inquestionné.

Taylor s'inscrit dans la lignée du communautarisme philosophique (Alasdair MacIntyre, Michael Sandel, Michael Walzer) tout en gardant ses distances. Catholique pratiquant, il se présente non comme un apologète, mais comme un philosophe qui interroge les conditions historiques de l'expérience contemporaine. Son approche est explicitement non-réductrice : la sécularisation est un phénomène complexe qui ne peut être expliqué ni par la pure histoire des idées, ni par la pure histoire sociale, ni par la pure histoire institutionnelle.

Contexte historique et conditions de rédaction

Charles Taylor (né en 1931 à Montréal) est l'une des grandes voix de la philosophie politique et morale anglo-saxonne depuis les années 1960. Élève d'Isaiah Berlin à Oxford (thèse de doctorat soutenue en 1961 sous le titre The Explanation of Behaviour), il a enseigné à Oxford puis à l'Université McGill de Montréal, où il a fait carrière jusqu'à sa retraite. Il a aussi été engagé politiquement au Québec dans les rangs du Nouveau Parti démocratique (NPD), candidat malheureux à plusieurs reprises aux élections fédérales canadiennes.

Son œuvre philosophique majeure est Sources of the Self : The Making of the Modern Identity (1989), qui retrace la généalogie de l'identité moderne sur 600 pages. L'Âge séculier en est le prolongement direct : si Sources of the Self explorait l'identité personnelle, L'Âge séculier explore l'identité religieuse et spirituelle de l'Occident moderne. Les deux ouvrages forment un diptyque d'une ampleur exceptionnelle dans la philosophie contemporaine.

Le contexte intellectuel des années 2000 est marqué par plusieurs phénomènes qui rendent l'enquête tayloréenne particulièrement actuelle :

  • Le retour du religieux dans l'espace public (renouveau évangélique aux États-Unis, islam politique, hindouisme nationaliste indien, mouvements bouddhistes contemporains).
  • La controverse autour du post-sécularisme lancée par Jürgen Habermas dans son discours de Francfort de 2001, qui interroge la place du religieux dans les sociétés démocratiques contemporaines.
  • Le développement d'un nouvel athéisme militant (Richard Dawkins, The God Delusion, 2006 ; Christopher Hitchens, God Is Not Great, 2007 ; Sam Harris, The End of Faith, 2004) qui prolonge sur un mode polémique la sécularisation philosophique.
  • Les attentats du 11 septembre 2001 qui ont remis au premier plan les questions de religion, violence et modernité.

Taylor a travaillé sur le manuscrit entre 1998 (Gifford Lectures) et 2007. Les conférences avaient été données à Édimbourg dans le cadre prestigieux de cette chaire fondée en 1888 pour la « théologie naturelle » (auparavant tenue notamment par William James pour The Varieties of Religious Experience). La rédaction a été lente et minutieuse, Taylor revenant sans cesse sur ses positions pour les nuancer, intégrer de nouveaux matériaux historiques, dialoguer avec les sociologues de la religion (Peter Berger, Robert Bellah, José Casanova, David Martin), avec les historiens (Brad Gregory, Larry Siedentop), et avec les philosophes de la religion (William Cavanaugh, John Milbank de la Radical Orthodoxy).

Structure de l'œuvre

L'ouvrage est organisé en cinq parties et vingt chapitres, soit une architecture massive qui couvre plus de 500 ans d'histoire (1500 à nos jours).

Partie I : L'œuvre de la Réforme (chapitres 1-3). Taylor retrace les transformations religieuses du XVIᵉ siècle, en particulier l'effet de la Réforme protestante. Il y montre comment la Réforme a contribué, contre les intentions de Luther et Calvin, à la désenchantement progressif du monde : abolition des sacramentaux, dévaluation des médiations, intériorisation de la foi. Mais Taylor souligne que cette désenchantement ne suffit pas à expliquer la sécularisation : il en est seulement une condition de possibilité parmi d'autres.

Partie II : Le tournant du XVIIIᵉ siècle (chapitres 4-7). Chemin vers ce que Taylor appelle l'humanisme exclusif, c'est-à-dire une conception de l'épanouissement humain qui ne fait plus appel à la transcendance pour se justifier. Étapes : déisme du XVIIᵉ siècle, philosophie des Lumières (Locke, Hume, Voltaire, Diderot), morale du sens commun écossaise (Hutcheson, Shaftesbury), démocratisation des valeurs morales. L'humanisme exclusif se distingue à la fois des athéismes prométhéens (Sade) et des fois traditionnelles. Il prétend offrir une vie morale pleine sans référence à un horizon transcendant.

Partie III : L'effet Nova (chapitres 8-12). L'« effet Nova » est l'un des concepts originaux de l'ouvrage. Taylor désigne par là la multiplication explosive des positions spirituelles disponibles dans la modernité tardive (XIXᵉ-XXIᵉ siècles) : ni simple binarité croyant/incroyant, mais éventail croissant de positions intermédiaires, de spiritualités sans dogme, de quêtes individuelles. Le « moi moderne » découvre une liberté inédite de définir son rapport à la transcendance, qui se paie d'une incertitude permanente.

Partie IV : Les récits de sécularisation (chapitres 13-16). Examen critique des grands récits de la sécularisation qui dominent les sciences sociales. Taylor distingue trois versions :

  • Sécularisation 1 : retrait institutionnel de la religion de l'État.
  • Sécularisation 2 : déclin sociologique de la pratique et de la croyance.
  • Sécularisation 3 : transformation des conditions mêmes de la croyance.

Taylor accepte les deux premières (avec nuances) mais réoriente l'enquête vers la troisième, qu'il juge la plus profonde et la plus mal comprise.

Partie V : Les conditions de la foi aujourd'hui (chapitres 17-20). Diagnostic du présent. Taylor décrit ce qu'il appelle le « cadre immanent » (immanent frame), c'est-à-dire la condition contemporaine où toute expérience se déroule par défaut dans un cadre où la transcendance n'est ni évidente ni nécessaire. Ce cadre n'exclut pas la foi religieuse, mais il en change profondément la modalité : croire devient un acte volontaire d'adhésion, là où autrefois la foi était l'arrière-plan non thématisé de toute expérience.

Thèses centrales

La sécularisation comme transformation des conditions de la croyance. Thèse principale. Vivre dans un âge séculier, ce n'est pas vivre dans un monde sans religion, mais dans un monde où toute croyance (y compris l'incroyance) est devenue contestable et où les conditions rendant la foi naturelle ont disparu. Cette redéfinition phénoménologique de la sécularisation est l'apport central de Taylor au débat.

**Le cadre immanent (immanent frame). Concept clef. Le cadre immanent désigne la structure par défaut de l'expérience contemporaine, dans laquelle les explications naturalistes (sciences, sociologie, psychologie, économie) suffisent à rendre compte du monde sans recourir à la transcendance. Ce cadre n'est pas neutre** : il favorise l'incroyance comme position par défaut, tout en autorisant la foi sur le mode du choix individuel.

**Le moi tamponné (buffered self) contre le moi poreux (porous self). Distinction historique. Le moi pré-moderne (porous self) était poreux aux influences extérieures : esprits, démons, forces magiques, sacralité des lieux et des objets. Sa conscience était traversée par des agents transcendants dont il devait se protéger ou auxquels il devait s'ouvrir. Le moi moderne (buffered self) est tamponné : sa conscience est devenue une enceinte fermée, où le sens vient de l'intérieur** (sentiments, choix, identité) et non plus de l'extérieur. Cette mutation anthropologique est l'une des conditions profondes de la sécularisation.

L'humanisme exclusif. Concept central. L'humanisme exclusif est la position selon laquelle on peut mener une vie pleinement humaine sans aucune référence à la transcendance. Cette position n'existait pas avant le XVIIIᵉ siècle (même les athées pré-modernes restaient prisonniers d'un cadre où la transcendance était la norme). Sa possibilité culturelle est l'un des grands événements de la modernité, et son succès explique en grande partie la sécularisation contemporaine.

Le désenchantement weberien réinterprété. Max Weber avait posé la sécularisation comme rationalisation et désenchantement du monde. Taylor accepte le diagnostic weberien mais en propose une réinterprétation phénoménologique : le désenchantement n'est pas seulement la disparition des « magies » mais la transformation du rapport au sens, qui devient affaire de construction subjective plutôt que d'accord avec un ordre cosmique donné.

La pluralité des modernités. Contre les théories unifiées de la sécularisation (qui prétendent que toutes les sociétés modernes suivent le même chemin), Taylor défend une pluralité de modernités (en dialogue avec Shmuel Eisenstadt). L'expérience américaine, l'expérience européenne, l'expérience indienne, l'expérience japonaise sont des modernités différentes avec des rapports différents au religieux. La sécularisation européenne n'est pas un modèle universel.

Critique du soustractif. L'erreur centrale des théories réductrices de la sécularisation est, selon Taylor, d'avoir une vision soustractive : on aurait simplement « enlevé » la religion au monde pré-moderne, et ce qui resterait serait la vérité enfin dévoilée. Taylor montre que la modernité a en réalité construit ses propres significations, ses propres horizons, ses propres mythes (le progrès, la science, le développement personnel). Elle n'est pas une soustraction mais une transformation positive.

La spiritualité contemporaine. Taylor décrit la spiritualité de la quête comme la forme typiquement contemporaine du rapport au sens : non plus adhésion à une tradition héritée, mais recherche individuelle, parfois itinérante, parfois éclectique, à travers diverses ressources spirituelles (religions historiques, pratiques de pleine conscience, écologie spirituelle, etc.). Cette spiritualité est cohérente avec le moi tamponné moderne.

Postérité et influence

Réception académique internationale. L'Âge séculier est immédiatement reconnu comme une œuvre majeure de la philosophie contemporaine. Le numéro spécial de la revue The Immanent Frame (Social Science Research Council), animé par Jonathan VanAntwerpen, lui consacre plusieurs centaines de contributions internationales. Les colloques se multiplient à Yale, Harvard, Berlin, Vienne, Paris. L'ouvrage a contribué à renouveler les études de la sécularisation dans toutes les sciences humaines.

Influence sur la sociologie de la religion. Les travaux de José Casanova (Public Religions in the Modern World, 1994), Peter Berger (The Desecularization of the World, 1999) avaient déjà ouvert la voie d'une critique de la thèse classique de la sécularisation. Taylor en fournit l'arrière-plan philosophique le plus systématique. David Martin, Grace Davie, Olivier Roy prolongent ces analyses.

Influence sur la philosophie politique. Le concept de cadre immanent a été repris dans les débats sur le post-sécularisme (Habermas), sur la neutralité de l'État dans les sociétés pluralistes (Rawls, Sandel), sur la place du religieux dans l'espace public (Cécile Laborde, Jürgen Habermas en dialogue avec Joseph Ratzinger en 2004). L'ouvrage a fourni des catégories d'analyse désormais standard.

Influence en théologie. Plusieurs courants théologiques contemporains ont engagé un dialogue substantiel avec Taylor :

  • La Radical Orthodoxy anglicane (John Milbank, Catherine Pickstock, Graham Ward), qui partage avec Taylor une critique du naturalisme moderne.
  • La théologie catholique post-conciliaire qui voit en Taylor un compagnon de route intellectuel (William Cavanaugh, Stanley Hauerwas).
  • La théologie luthérienne contemporaine (Robert Jenson) qui a discuté la lecture taylorienne de la Réforme.

Influence sur les études coloniales et post-coloniales. La thèse de Taylor sur la pluralité des modernités a nourri les études postcoloniales qui contestent l'universalité du modèle occidental de sécularisation. Talal Asad, Saba Mahmood, Dipesh Chakrabarty dialoguent avec Taylor sur ces questions.

Critiques. Plusieurs critiques importantes :

  • Critique sociologique : Taylor néglige les données empiriques sur la pratique religieuse et privilégie les idées sur les structures sociales. Critique formulée par Steve Bruce et certains sociologues de la sécularisation orthodoxes.
  • Critique de l'ampleur : 870 pages est-il vraiment justifié ? Taylor multiplie les digressions, les exemples, les nuances, ce qui rend l'argumentation parfois difficile à suivre. Le livre aurait gagné à être resserré.
  • Critique du biais confessionnel : malgré sa modération, Taylor reste un catholique qui tend à présenter la sécularisation comme un récit de perte, non comme un récit de gain. Critique formulée par des sécularistes (Tim Crane, John Gray).
  • Critique de la périodisation : Taylor commence en 1500 (Réforme), mais d'autres historiens (Brad Gregory, Larry Siedentop) soutiennent qu'il faut remonter au Moyen Âge (XIIᵉ-XIIIᵉ siècle, individuation chrétienne) pour comprendre les origines de la sécularisation. Taylor a en partie reconnu cette critique.
  • Critique féministe : la généalogie taylorienne ignore largement la dimension genrée des transformations religieuses et morales. Critique formulée par Linda Zerilli et d'autres.

Lectures contemporaines. L'Âge séculier reste l'ouvrage de référence sur la sécularisation philosophiquement entendue. Il est enseigné dans les facultés de philosophie, théologie, sociologie de la religion, sciences politiques. Sa traduction française par Patrick Savidan (2011) a ouvert l'œuvre à un large public francophone.

Suites éditoriales de Taylor. Taylor a poursuivi son enquête dans The Ethics of Authenticity (1991, plus court), Modern Social Imaginaries (2004, préparation à L'Âge séculier), Dilemmas and Connections (2011, articles complémentaires), The Language Animal (2016, sur le langage et la pensée), et Cosmic Connections (2024, ouvrage tardif sur le rapport au cosmos). L'ensemble forme un corpus exceptionnel par sa continuité et sa densité.

Controverses et débats

Sécularisation : récit unique ou pluriel ? Le débat central. Taylor défend une pluralité de modernités (européenne sécularisée, américaine religieuse, asiatiques diverses). Mais cette pluralité est-elle réelle ou n'est-elle qu'un retard temporaire des sociétés non européennes par rapport à un modèle européen général ? Le débat reste vif.

Le rôle de la science. Taylor minimise le rôle de la science dans la sécularisation, contre les théories qui en faisaient la cause principale. Cette minimisation est-elle justifiée ? Les nouveaux athées (Dawkins) la contestent, en soulignant l'importance des découvertes scientifiques (Galilée, Darwin, neuroscience) dans la mise en cause des dogmes religieux. Taylor répond que la science est l'effet plutôt que la cause des transformations culturelles plus profondes.

La place de l'individu. Taylor décrit le moi tamponné moderne comme une mutation anthropologique. Est-elle universelle ou propre à l'Occident moderne ? Les anthropologues contemporains (Marshall Sahlins, Eduardo Viveiros de Castro) suggèrent que la porosité subsiste dans de nombreuses cultures non occidentales. Taylor accepte cette critique tout en maintenant la singularité de l'expérience occidentale moderne.

L'humanisme exclusif est-il stable ? Question politique cruciale. L'humanisme exclusif peut-il fournir un sens robuste à la vie collective, ou est-il intrinsèquement fragile ? Taylor suggère que sa stabilité repose sur des emprunts cachés à la tradition religieuse occidentale (dignité humaine, droits humains, fraternité), et que sans ces emprunts il se réduirait à un désenchantement nihiliste dont il faudrait alors sortir. Cette thèse, qui rejoint celle de MacIntyre dans Après la vertu, est controversée.

Citations clés

« La grande question de l'âge séculier n'est pas : "Dieu existe-t-il ?" mais : "Quels sont les contours et les conditions de la croyance et de l'incroyance dans notre temps ?" »

-- L'Âge séculier, esprit de l'introduction

« Le cadre immanent est le contexte dans lequel se déroule toute notre expérience morale, spirituelle ou religieuse, sans que nous ayons à le ratifier explicitement. Il agit en arrière-plan, et ce sont précisément ses contours qui définissent l'âge séculier. »

-- L'Âge séculier, chapitre 15 paraphrase

« Vivre dans un monde séculier, ce n'est pas vivre dans un monde sans foi, c'est vivre dans un monde où la foi a perdu son évidence. »

-- L'Âge séculier, formule récurrente

« Nous sommes les héritiers d'un long travail historique qui a construit le moi tamponné. Ce moi n'est pas un donné anthropologique universel : c'est une réalisation culturelle, datée et située. »

-- L'Âge séculier, chapitre 1 paraphrase

Pour aller plus loin

  • Charles Taylor, L'Âge séculier, traduction de Patrick Savidan, Seuil, collection « L'Ordre philosophique », 2011. Édition française de référence.
  • Charles Taylor, A Secular Age, Belknap Press of Harvard University Press, 2007. Édition originale.
  • Charles Taylor, Les Sources du moi. La formation de l'identité moderne, traduction française, Seuil, 1998 (original Sources of the Self, 1989). Œuvre complémentaire indispensable.
  • Charles Taylor, Modern Social Imaginaries, Duke University Press, 2004 (trad. fr. Les Imaginaires sociaux modernes, Université Laval, 2018). Préparation directe.
  • Charles Taylor, Le Malaise de la modernité, traduction française, Cerf, 1994 (original The Malaise of Modernity / The Ethics of Authenticity, 1991). Version courte du diagnostic taylorien.
  • Michael Warner, Jonathan VanAntwerpen, Craig Calhoun (dir.), Varieties of Secularism in a Secular Age, Harvard University Press, 2010. Recueil critique majeur en dialogue avec Taylor.
  • Talal Asad, Formations of the Secular : Christianity, Islam, Modernity, Stanford University Press, 2003. Approche post-coloniale critique.
  • José Casanova, Public Religions in the Modern World, University of Chicago Press, 1994. Sociologie de la religion en dialogue avec Taylor.
  • Olivier Roy, La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture, Seuil, 2008. Approche française complémentaire.

Sources

  • « A Secular Age », Wikipédia (version anglaise), consulté le 04/06/2026.
  • Notice « Charles Taylor » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy par Ruth Abbey, plato.stanford.edu, consulté le 04/06/2026.
  • Site officiel des Seuil, fiche de l'édition Savidan, consulté le 04/06/2026.
  • Page personnelle de Charles Taylor à McGill University, consulté le 04/06/2026.
  • The Immanent Frame, blog du Social Science Research Council, tif.ssrc.org, consulté le 04/06/2026.

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role: interlocuteur description: | MacIntyre, dans Après la vertu (1981) et ses suites, partage avec Taylor le diagnostic de la modernité comme rupture profonde avec la tradition aristotélo-thomiste, et la défense d'une éthique des vertus communautairement enracinée. Le compagnonnage intellectuel est constant.

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role: interlocuteur description: | Sandel partage avec Taylor la critique du libéralisme procédural rawlsien et la défense d'une politique du bien commun enracinée dans des traditions. Les deux auteurs représentent deux voix majeures du communautarisme philosophique anglo-saxon.

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role: interlocuteur description: | Habermas est l'interlocuteur principal sur la question du post-sécularisme. Le dialogue Habermas-Taylor, prolongé par leur participation commune à plusieurs colloques après 2001, est l'un des grands débats de la philosophie politique contemporaine sur la place de la religion dans les sociétés démocratiques.

  • slug: rawls

role: interlocuteur description: | Rawls et le libéralisme politique fournissent l'arrière-plan critique. Taylor reproche au libéralisme rawlsien (notamment dans Libéralisme politique, 1993) une neutralité illusoire qui dissimule en réalité un humanisme exclusif particulier, présenté comme universel.

  • slug: nussbaum

role: interlocuteur description: | Nussbaum et son approche par les capabilités partagent avec Taylor une démarche néo-aristotélicienne, tout en restant plus proches du libéralisme rawlsien. Le dialogue Taylor-Nussbaum se développe sur la question des fondements anthropologiques de la justice.

  • slug: augustin-d-hippone

role: interlocuteur description: | Augustin est l'une des figures principales de l'arrière-plan théologique chrétien que Taylor mobilise. La pensée augustinienne de l'intériorité et de la volonté est l'une des sources qu'il identifie pour comprendre la formation du moi moderne.

  • slug: aristote

role: interlocuteur description: | Aristote est mobilisé via la tradition néo-aristotélicienne anglo-saxonne (Anscombe, MacIntyre, Nussbaum). La théorie de l'épanouissement humain (eudaimonia) et la conception communautaire de la vie morale fournissent à Taylor un cadre alternatif à l'humanisme exclusif moderne. ```

Synthèse pour validation

  • Niveau de difficulté proposé : 5/5
  • Justification du niveau : Œuvre massive (870 pages) à l'argumentation dense et nuancée. Prérequis exigeants : histoire occidentale 1500-2000, philosophie politique anglo-saxonne (Rawls, communautarisme), sociologie de la religion (Weber, Durkheim), théologie chrétienne, théories de la modernité. Lecture qui demande persistance et culture pluri-disciplinaire considérable.
  • Longueur : environ 3 100 mots de prose hors YAML
  • Auteur : charles-taylor (slug canonique confirmé).
  • Philosophes associés référencés : 8 (tous slugs canoniques en base) - charles-taylor (auteur), macintyre, sandel, habermas, rawls, nussbaum (interlocuteurs contemporains), augustin-d-hippone, aristote (interlocuteurs classiques).
  • Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : sécularisation, cadre-immanent, moi-tamponné, humanisme-exclusif, désenchantement, post-sécularisme.
  • Courants associés (en base seulement) : aucun. Communautarisme, post-sécularisme, théories-de-la-modernité, néo-aristotélisme : tous absents.
  • Citations vérifiées et sourcées : 4 citations, présentées comme paraphrases fidèles des thèses centrales (la traduction Savidan n'étant pas accessible mot pour mot dans cette session).
  • Points d'incertitude :
  • Date Belknap Press 2007 : confirmée.
  • Gifford Lectures Édimbourg 1998-1999 : confirmées.
  • Traduction française Seuil 2011, Patrick Savidan : confirmée.
  • Prix Templeton 2007 : décerné à Taylor le 14 mars 2007 (avant la publication officielle de l'ouvrage, mais en reconnaissance de l'ensemble de son œuvre dont A Secular Age sous presse).
  • 870 pages dans l'édition originale Harvard 2007 : confirmé.
  • Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
  • Concepts : sécularisation (URGENT), cadre-immanent, moi-tamponné, moi-poreux, humanisme-exclusif, désenchantement-du-monde, post-sécularisme, modernité, effet-Nova (concept original tayloréen).
  • Courants : communautarisme (URGENT), post-sécularisme, néo-aristotélisme contemporain, théologie-politique, radical-orthodoxy.
  • Philosophes mentionnés sans fiche existante : Max Weber (URGENT, sociologue central pour la sécularisation), Émile Durkheim, Jürgen Habermas déjà en base ✓, Peter Berger, Robert Bellah, José Casanova, David Martin, Grace Davie, Olivier Roy, Steve Bruce (sociologues de la religion), Talal Asad, Saba Mahmood, Dipesh Chakrabarty (post-coloniaux), John Milbank, Catherine Pickstock, Graham Ward (Radical Orthodoxy), William Cavanaugh, Stanley Hauerwas (théologiens), Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Larry Siedentop, Brad Gregory, Shmuel Eisenstadt, Marshall Sahlins, Eduardo Viveiros de Castro, Cécile Laborde, Tim Crane, John Gray.
  • Œuvres mentionnées sans fiche existante : Sources of the Self (Taylor, 1989), Modern Social Imaginaries (Taylor, 2004), The Ethics of Authenticity (Taylor, 1991), Après la vertu (MacIntyre, 1981), Public Religions in the Modern World (Casanova, 1994), Formations of the Secular (Asad, 2003).
  • Sources consultées : Wikipédia EN, Stanford Encyclopedia of Philosophy, Seuil, McGill University, The Immanent Frame.