Sir Isaiah Berlin
Philosophe libéral majeur du XXᵉ siècle, Isaiah Berlin a distingué liberté négative et liberté positive, défendu le pluralisme des valeurs contre les utopies totalitaires et renouvelé l'histoire des idées dans le monde anglo-saxon.
Biographie
Isaiah Berlin naît le 6 juin 1909 à Riga, alors capitale du gouvernorat de Livonie dans l'Empire russe (aujourd'hui Lettonie). Il est le fils unique de Mendel Berlin, marchand de bois aisé, et de Marie Volshonok. La famille est juive et de tradition orthodoxe assimilée. Le jeune Isaiah grandit dans un environnement multilingue : russe à la maison, allemand et yiddish dans le quartier juif, letton dans la ville.
En 1915, pendant la Première Guerre mondiale, la famille fuit Riga pour Andreapol puis Petrograd (l'actuelle Saint-Pétersbourg). Le jeune Isaiah, âgé de huit ans, est témoin direct des deux révolutions russes de février et octobre 1917 - expérience marquante qu'il évoquera toute sa vie comme source de sa méfiance pour les utopies politiques radicales. En 1921, la famille émigre au Royaume-Uni, où Mendel reconstitue son activité commerciale. Isaiah a alors douze ans et ne parle quasiment pas anglais. Il fait ses études à la St Paul's School à Londres, où il rattrape rapidement le retard linguistique.
Il entre à Corpus Christi College, Oxford, en 1928, et obtient son baccalauréat avec mention très honorable en 1932. Brillant, il est élu fellow (titulaire) du All Souls College en 1932 - première personne d'origine juive non convertie au christianisme à obtenir ce prestigieux titre. Il enseigne ensuite à New College (Oxford) à partir de 1938.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Berlin est envoyé en mission au service d'information britannique à New York (1941) puis à Washington (1942-1945). Il rédige pour le Foreign Office des comptes rendus politiques hebdomadaires sur l'opinion américaine, lus avec attention par Churchill. À la fin de la guerre, il est brièvement détaché à l'ambassade britannique de Moscou (1945-1946), où il rencontre les écrivains soviétiques Anna Akhmatova et Boris Pasternak - rencontres qui marqueront profondément sa pensée sur la liberté et la dignité humaine sous les régimes totalitaires.
De retour à Oxford après la guerre, Berlin opère un tournant philosophique majeur : il abandonne la philosophie analytique du langage (qui domine Oxford avec Austin, Ryle, Strawson) pour se consacrer à l'histoire des idées. Il développe ce domaine quasiment seul dans le monde anglo-saxon, en y apportant une érudition exceptionnelle nourrie de cinq langues européennes (anglais, russe, français, allemand, italien).
En 1957, Berlin est nommé titulaire de la Chichele Professorship of Social and Political Theory à Oxford. Sa leçon inaugurale, prononcée le 31 octobre 1958, est intitulée Two Concepts of Liberty (Deux conceptions de la liberté). Ce texte de quelques dizaines de pages devient immédiatement un classique de la philosophie politique du XXᵉ siècle. La même année, il est anobli (Sir Isaiah Berlin).
En 1956, Berlin épouse Aline de Gunzbourg, veuve d'un grand banquier parisien et descendante d'une famille juive russe émigrée à Paris. Le couple s'installe dans la demeure d'Headington House à Oxford, qui devient l'un des grands salons intellectuels britanniques de l'après-guerre.
En 1966, Berlin est nommé président fondateur de Wolfson College, nouveau collège d'Oxford qu'il développe selon une vision interdisciplinaire et démocratique novatrice. Il occupe cette fonction jusqu'en 1975, en assurant le rayonnement intellectuel international du collège.
Tout au long de sa carrière, Berlin publie principalement sous forme d'essais et conférences (peu de livres systématiques) : essais sur les penseurs russes (Herzen, Tolstoï, Tourgueniev), sur la Contre-Lumières (Vico, Hamann, Herder, Maistre), sur le romantisme allemand. Henry Hardy assure à partir des années 1970 la collecte et l'édition de ses essais dispersés - travail éditorial considérable qui révèle progressivement l'ampleur de l'œuvre.
Berlin est élu Fellow de la British Academy (1957), nommé Companion of Honour (1971) puis Order of Merit (1971, la plus haute distinction britannique). Il reçoit aussi le prix Erasmus (1983), le prix Jérusalem (1979), le prix Agnelli (1988).
Berlin meurt à Oxford le 5 novembre 1997, à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Il est enterré au cimetière de Wolvercote (Oxford), aux côtés de son ami Tolkien. Sa mort marque la disparition de l'une des figures intellectuelles majeures du XXᵉ siècle anglo-saxon.
Il a dirigé les thèses de plusieurs philosophes importants, parmi lesquels Charles Taylor, Frederick Beiser, James H. Billington, David McLellan, Larry Siedentop, Yuli Tamir. Cette lignée intellectuelle prolonge à divers titres sa préoccupation centrale pour le pluralisme et l'histoire des idées.
Pensée principale
Une philosophie de l'histoire des idées
Isaiah Berlin occupe une place singulière dans la philosophie du XXᵉ siècle. Formé dans la philosophie analytique d'Oxford des années 1930, il quitte ce domaine après la guerre pour se consacrer à un champ qu'il développe quasiment seul dans le monde anglo-saxon : l'histoire des idées. Sa méthode consiste à reconstituer, dans leur cohérence interne et leur contexte historique, les grands systèmes de pensée du XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles (Lumières, Contre-Lumières, romantisme, pensée russe), en montrant comment les idées philosophiques traversent et façonnent l'histoire politique.
Cette méthode tranche avec la philosophie analytique standard qui aborde les problèmes hors de leur contexte historique. Pour Berlin, comprendre une idée philosophique exige de comprendre les questions auxquelles elle répondait, les adversaires qu'elle visait, le climat intellectuel qui l'a rendue possible. La philosophie politique est inséparable de son histoire.
Les deux concepts de la liberté
Le texte le plus célèbre de Berlin est sa leçon inaugurale d'Oxford du 31 octobre 1958, Two Concepts of Liberty (Deux conceptions de la liberté). Il y distingue deux sens fondamentaux du mot « liberté », qui ont structuré les conflits politiques du XXᵉ siècle.
La liberté négative
La liberté négative répond à la question : « Quel est le domaine dans lequel le sujet est ou doit être laissé libre de faire ce qu'il veut, sans interférence d'autrui ? » C'est la liberté par rapport à (freedom from) : absence d'obstacles imposés par d'autres êtres humains à mes choix et à mes actions. Plus le domaine sans interférence est large, plus je suis libre au sens négatif.
Cette conception est celle des libéraux classiques : Locke, Mill, Constant. Elle suppose qu'il existe une sphère privée minimale qu'aucun pouvoir ne doit envahir : libertés personnelles, libertés civiles, propriété, choix de vie. Le risque qu'elle vise est la tyrannie : l'État ou la société qui empiètent sur la sphère privée.
La liberté positive
La liberté positive répond à une question différente : « Qu'est-ce ou qui est la source de contrôle qui peut me déterminer à faire ou être ceci plutôt que cela ? » C'est la liberté de (freedom to) : capacité de se gouverner soi-même, de réaliser son propre potentiel, d'être l'auteur de sa propre vie. Le mot clé est autonomie ou autodétermination.
Cette conception est celle de Rousseau, Kant, Hegel, Marx. Elle se concentre sur le sujet rationnel qui s'autodétermine, qui maîtrise ses passions, qui réalise sa nature véritable. Elle peut prendre une forme individuelle (devenir son propre maître) ou collective (le peuple souverain se gouvernant lui-même).
La perversion possible de la liberté positive
Berlin n'oppose pas frontalement les deux conceptions : il reconnaît que toutes deux sont des valeurs humaines authentiques. Mais il identifie un danger spécifique à la liberté positive : elle se prête à des perversions autoritaires.
L'argument se déroule en plusieurs étapes :
- La liberté positive est autodétermination du soi véritable, rationnel, supérieur.
- Le soi véritable peut être identifié à une raison universelle, ou à une communauté (nation, classe, parti).
- Ceux qui n'agissent pas selon leur soi véritable agissent selon leur soi inférieur (passions, ignorance, conscience aliénée).
- Pour les libérer, il faut donc les contraindre à agir selon leur soi véritable.
- On peut ainsi prétendre les libérer en les opprimant : on les force à être libres.
Cette logique est, pour Berlin, à l'œuvre dans les grands totalitarismes du XXᵉ siècle (jacobinisme, communisme soviétique, fascisme). Elle pervertit l'idée noble d'autonomie en justification de la coercition. La liberté négative, plus modeste, est plus difficile à pervertir : elle laisse les individus déterminer eux-mêmes ce qui est bien pour eux, même s'ils se trompent.
Berlin défend ainsi une priorité politique de la liberté négative sur la liberté positive : un État doit d'abord garantir un domaine inaliénable de non-interférence, avant d'encourager telle ou telle forme d'autoréalisation. Cette thèse fait de Two Concepts of Liberty l'un des textes fondateurs du libéralisme contemporain.
Le pluralisme des valeurs
Sous la défense de la liberté négative, il y a une thèse philosophique plus profonde : le pluralisme des valeurs (value pluralism). C'est probablement l'apport le plus original de Berlin à la philosophie morale.
Le pluralisme des valeurs soutient que :
- Il existe une pluralité de valeurs humaines authentiques (liberté, égalité, justice, fraternité, vérité, beauté, courage, miséricorde, loyauté, etc.).
- Ces valeurs sont irréductibles les unes aux autres : aucune métavaleur ne peut servir de monnaie d'échange universelle entre elles (contre l'utilitarisme qui réduit tout au bien-être).
- Elles sont parfois incompatibles : poursuivre l'une suppose de sacrifier l'autre. L'égalité totale exige de réduire la liberté individuelle ; une justice rigoureuse peut interdire la miséricorde ; la liberté de certains peut entrer en conflit avec la sécurité de tous.
- Ces conflits sont réels et tragiques : il n'existe pas de solution rationnelle qui les résoudrait sans reste.
Le pluralisme des valeurs n'est pas un relativisme : Berlin maintient que certaines valeurs sont objectivement humaines, accessibles à toute culture moyennant un effort d'interprétation. Mais il refuse l'idée d'un système harmonieux où toutes les valeurs s'accorderaient parfaitement. Cette idée d'harmonie - de la Cité parfaite de Platon à la société sans classes de Marx - est une illusion philosophique dont les conséquences politiques ont été désastreuses.
Berlin tire de cette thèse une morale politique modeste : il faut accepter les compromis, le pluralisme institutionnel, la diversité des modes de vie. Aucune utopie totale n'est légitime. Mieux vaut une société imparfaite qui équilibre des valeurs concurrentes qu'un projet parfait qui en sacrifie certaines au nom des autres.
La Contre-Lumières
L'un des grands apports historiques de Berlin est d'avoir attiré l'attention sur ce qu'il appelle la Contre-Lumières (Counter-Enlightenment) : la tradition de pensée qui, du XVIIIᵉ siècle au XXᵉ siècle, a critiqué les présupposés rationalistes et universalistes des Lumières.
Berlin réhabilite des penseurs longtemps marginalisés : Vico (la pluralité des cultures historiques), Hamann (l'irréductibilité du langage à la raison), Herder (le génie propre de chaque peuple, qu'il distingue soigneusement du nationalisme agressif), Joseph de Maistre (la critique sombre des illusions progressistes).
Cette réhabilitation n'est pas une adhésion : Berlin reste libéral et héritier des Lumières. Mais il considère que la Contre-Lumières a vu juste sur un point essentiel : il n'y a pas de nature humaine universelle, monolithique et purement rationnelle ; les cultures historiques ont leur cohérence propre, qui résiste aux schémas universels imposés par la philosophie des Lumières. Cette intuition prépare son pluralisme.
La pensée russe et le rôle de l'intellectuel
Berlin a consacré une partie importante de son œuvre à la pensée russe du XIXᵉ siècle : Herzen, Tourgueniev, Tolstoï, Belinski, Tchernychevski. Ces essais ne sont pas seulement érudits : ils explorent les responsabilités morales et politiques de l'intelligentsia (terme russe qu'il a contribué à acclimater en anglais).
Sa figure préférée est Alexandre Herzen, intellectuel libéral russe en exil, hostile à la fois au tsarisme et aux radicaux révolutionnaires. Herzen incarne pour Berlin la posture intellectuelle juste : engagé sans dogmatisme, sceptique à l'égard des grandes utopies, conscient du caractère tragique des choix politiques.
Son essai Le Hérisson et le Renard (1953), tiré d'un fragment d'Archiloque (« le renard sait beaucoup de choses, le hérisson en sait une, mais énorme »), distingue deux types d'esprits : les hérissons monistes (Platon, Dante, Hegel, Marx) qui rapportent tout à une vision centrale unique, et les renards pluralistes (Aristote, Montaigne, Shakespeare, Pouchkine) qui poursuivent plusieurs fins parfois contradictoires. Berlin se range du côté des renards et lit Tolstoï comme un renard qui voulait être un hérisson.
Œuvres majeures
Karl Marx : His Life and Environment (1939)
Première œuvre de Berlin, biographie intellectuelle de Marx commandée pour une collection grand public. Lecture précoce et déjà critique du marxisme. Réédité plusieurs fois avec révisions de l'auteur. Traduction française : Karl Marx, sa vie, son œuvre, Gallimard, 1962.
The Hedgehog and the Fox (Le Hérisson et le Renard, 1953)
Essai court sur la philosophie de l'histoire chez Tolstoï. Distinction entre esprits monistes (hérissons) et pluralistes (renards). L'un des textes les plus lus de Berlin. Traduction française : Le Hérisson et le Renard. Essai sur la conception de l'histoire chez Tolstoï, Allia, 2014.
Historical Inevitability (L'Inévitabilité historique, 1954)
Conférence Auguste Comte de mai 1953 à la London School of Economics. Critique magistrale du déterminisme historique (Hegel, Marx, Toynbee) et défense de la liberté humaine en histoire. Traduction française dans Quatre essais sur la liberté.
Two Concepts of Liberty (Deux conceptions de la liberté, 1958)
Leçon inaugurale d'Oxford, 31 octobre 1958. L'œuvre la plus célèbre de Berlin, environ 50 pages. Distingue liberté négative et liberté positive, et défend la priorité politique de la liberté négative contre les perversions autoritaires de la liberté positive. Traduction française dans Quatre essais sur la liberté, Calmann-Lévy, 1988 (rééd. PUF) ; nouvelle traduction De la liberté, Folio Essais, 2017.
Russian Thinkers (Penseurs russes, 1978)
Recueil d'essais sur Herzen, Belinski, Tolstoï, Tourgueniev, Tchernychevski, Bakounine. Ouvrage de référence sur l'intelligentsia russe du XIXᵉ siècle. Traduction française : Les Penseurs russes, Albin Michel, 1984.
Against the Current (1979)
Essais sur les Contre-Lumières : Vico, Hamann, Herder, Joseph de Maistre, Sorel. Texte fondateur pour la redécouverte de cette tradition. Traduction française : À contre-courant. Essais sur l'histoire des idées, Albin Michel, 1988.
Personal Impressions (1980)
Souvenirs et portraits intellectuels d'amis et de figures rencontrées : Churchill, Roosevelt, Wittgenstein, Pasternak, Akhmatova, Aldous Huxley, J. L. Austin. Texte personnel et historique de premier ordre. Traduction française : Impressions personnelles, Albin Michel, 1989.
The Crooked Timber of Humanity (1990)
Recueil d'essais sur le pluralisme, le romantisme, le nationalisme, l'utopie. Titre tiré d'une formule de Kant (aus so krummem Holze, als woraus der Mensch gemacht ist, kann nichts ganz Gerades gezimmert werden : « avec un bois aussi tordu que celui dont est fait l'homme, on ne peut rien tailler de droit »). Traduction française : Le Bois tordu de l'humanité, Albin Michel, 1992.
The Roots of Romanticism (1999, posthume)
Les conférences Mellon de 1965 enfin publiées. Magistrale histoire du romantisme allemand et de sa portée philosophique. Traduction française : Les Racines du romantisme, Albin Michel, 2003.
Postérité et influence
L'un des grands libéraux du XXᵉ siècle
Berlin est généralement reconnu comme l'un des plus importants penseurs libéraux du XXᵉ siècle, aux côtés de Karl Popper, Friedrich Hayek et Raymond Aron. Sa défense de la liberté négative et du pluralisme des valeurs a profondément structuré la philosophie politique libérale contemporaine. Two Concepts of Liberty reste un texte de référence dans tous les cours universitaires de philosophie politique.
La redécouverte de l'histoire des idées
Berlin a quasiment fondé seul, dans le monde anglo-saxon, le champ de l'histoire des idées comme discipline philosophique légitime. Avant lui, ce domaine était dominé par les approches positivistes ou marxistes. Après lui, l'histoire des idées (avec Quentin Skinner, J.G.A. Pocock, John Dunn) devient un champ universitaire de premier rang.
La controverse autour de la liberté positive
La distinction entre liberté négative et liberté positive a été abondamment critiquée. Charles Taylor, ancien doctorant de Berlin, publie en 1979 « What's Wrong with Negative Liberty » où il défend une rééquilibrage en faveur de la liberté positive. Gerald MacCallum propose une analyse unifiée de la liberté (« comme triade » : X est libre de Y pour faire Z). Quentin Skinner défend l'existence d'une troisième conception, républicaine (la liberté comme non-domination, distincte de la liberté comme non-interférence). Ces critiques témoignent de la richesse persistante du texte berlinien.
Le débat sur le pluralisme
Le pluralisme des valeurs de Berlin a été l'objet de nombreuses discussions philosophiques. John Gray a proposé une lecture radicale qui rapproche Berlin du relativisme (Isaiah Berlin, 1995). George Crowder, William Galston, Joseph Raz défendent une lecture plus modérée qui maintient l'objectivité des valeurs malgré leur pluralité. La question de la compatibilité entre pluralisme des valeurs et libéralisme politique reste ouverte.
L'influence sur la pensée russe et juive
Berlin a contribué à faire connaître dans le monde anglo-saxon la pensée russe du XIXᵉ siècle (Herzen surtout). Il a aussi écrit sur le sionisme et la condition juive en exil avec une rare nuance, défendant un sionisme libéral attaché aux droits des Palestiniens.
Le rôle institutionnel
Comme président fondateur de Wolfson College (Oxford, 1966-1975), Berlin a façonné un modèle de collège interdisciplinaire et démocratique qui a inspiré d'autres institutions. Comme animateur des conversations intellectuelles à Headington House avec son épouse Aline, il a été l'un des grands réseaux de la vie intellectuelle britannique de l'après-guerre.
Le travail éditorial de Henry Hardy
L'œuvre de Berlin a été magistralement éditée et complétée par Henry Hardy à partir des années 1970, qui a collecté, édité, indexé et publié des dizaines d'essais dispersés, ainsi que quatre volumes de correspondance. Sans ce travail éditorial considérable, une grande partie de l'œuvre serait restée inaccessible.
Pour aller plus loin
- Isaiah Berlin, Deux conceptions de la liberté (dans De la liberté, Folio Essais, 2017 ; ou Quatre essais sur la liberté, Calmann-Lévy, 1988). Le texte fondateur, à lire en priorité.
- Isaiah Berlin, Le Hérisson et le Renard, Allia, 2014. Court, accessible, brillant.
- Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme, Albin Michel, 2003. Pour l'historien des idées.
- Michael Ignatieff, Isaiah Berlin. A Life, Vintage, 2000. Biographie de référence par un de ses proches.
- John Gray, Isaiah Berlin, Princeton University Press, 1996. Étude philosophique systématique.
- Notice « Isaiah Berlin » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy (plato.stanford.edu).