Essai sur les mœurs et l'esprit des nations
Titre original : Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII
Publication : 1756 (révisé jusqu'en 1778)
Type : Essai
Analyse
Présentation
L'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations (titre complet : Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII) est la grande œuvre historique de Voltaire, publiée pour la première fois sous sa forme intégrale en 1756 à Genève chez les frères Cramer, en sept volumes. Le projet, conçu vers 1740 à la demande de la marquise du Châtelet (qui souhaitait s'initier à l'histoire universelle), a occupé Voltaire pendant plus de quinze ans. Plusieurs fragments avaient circulé en éditions partielles ou clandestines à partir de 1745. La forme définitive du livre paraît en 1756, puis Voltaire la révise et l'augmente jusqu'à sa mort en 1778, avec notamment l'ajout d'une Philosophie de l'histoire (1765) qui en devient l'introduction dans les éditions postérieures.
L'œuvre est l'une des plus ambitieuses tentatives d'histoire universelle du XVIIIᵉ siècle. Elle couvre plus de mille ans d'histoire mondiale, de Charlemagne (couronné en 800) à Louis XIII (mort en 1643), en intégrant non seulement l'Europe chrétienne mais aussi le monde islamique (Arabes, Turcs, Perses), la Chine, l'Inde, le Japon, les Amériques précolombiennes et colonisées. Cette ouverture géographique est l'une des innovations majeures du livre. Pour la première fois dans la tradition occidentale, l'histoire universelle cesse d'être identifiée à l'histoire sainte centrée sur la Bible et l'Europe chrétienne.
L'Essai sur les mœurs est conçu comme une réplique au Discours sur l'histoire universelle de Bossuet (1681), qui dominait alors l'enseignement de l'histoire en France. Bossuet avait construit une vaste fresque historique théologique fondée sur la providence divine et organisée autour des grandes étapes du dessein de Dieu (peuple hébreu, Christ, Empire romain, Église). Voltaire propose tout autre chose : une histoire séculière, attentive aux mœurs, aux arts, aux lois, aux religions comme phénomènes humains, sans recours à la providence, sans préjugé eurocentrique, sans hiérarchie a priori entre les civilisations.
L'œuvre a eu un impact philosophique considérable : elle a fondé l'histoire des civilisations comme genre intellectuel, ouvert la voie à l'anthropologie historique des Lumières, et constitué l'un des modèles de la pensée historique moderne, jusqu'à Condorcet, Hegel, Voltaire, Burckhardt, et plus tard Braudel. Avec De l'esprit des lois de Montesquieu (1748) et l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1751-1772), l'Essai sur les mœurs est l'un des trois grands monuments intellectuels des Lumières françaises.
Contexte historique et conditions de rédaction
Voltaire (1694-1778) a derrière lui plusieurs œuvres philosophiques et historiques notables lorsqu'il commence l'Essai. Les Lettres philosophiques (1734) ont diffusé en France la philosophie anglaise (Locke, Newton). Le Siècle de Louis XIV (commencé en 1730, publié en 1751) a posé les bases d'une histoire des civilisations plutôt que des rois.
Le projet de l'Essai naît à Cirey, en Champagne, dans le château de la marquise du Châtelet (Émilie du Châtelet, 1706-1749), où Voltaire vit de 1734 à 1749. La marquise, mathématicienne et physicienne (elle traduit en français les Principia de Newton), souhaite s'initier à l'histoire universelle mais juge fastidieuse la lecture des ouvrages disponibles, particulièrement le Discours de Bossuet. Elle demande à Voltaire de lui composer un manuel plus moderne. Voltaire entreprend alors un travail considérable.
Pendant quinze ans, Voltaire rassemble une masse considérable de documentation : mémoires, chroniques, ouvrages historiques européens (de Mézeray à Rapin de Thoyras), récits de voyageurs (Marco Polo, Tavernier, Chardin), traductions de littérature chinoise, japonaise, indienne, arabe disponibles à l'époque, missions jésuites (notamment les Lettres édifiantes et curieuses). Cette érudition encyclopédique est l'une des marques de l'œuvre.
Le travail est interrompu en 1749 par la mort de Madame du Châtelet (en couches après une grossesse avec le marquis de Saint-Lambert). Voltaire, profondément affecté, accepte l'invitation de Frédéric II de Prusse à Berlin (1750-1753), période où il achève partiellement l'Essai. Brouille avec Frédéric en 1753. Voltaire s'installe finalement aux Délices près de Genève (1755), puis dans son domaine de Ferney (1758-1778) où il continuera à réviser et augmenter l'Essai jusqu'à sa mort.
La première édition complète paraît en 1756 chez les frères Cramer à Genève. Elle suscite immédiatement un scandale : l'œuvre attaque frontalement plusieurs piliers idéologiques de l'Ancien Régime (le droit divin des rois, la providence biblique, la primauté du christianisme, la sacralité de l'Église). Mise à l'Index par Rome en 1762. Voltaire ne cesse de la retravailler jusqu'à sa mort en 1778. Les éditions Kehl (1784-1789) puis les éditions Beaumarchais-Voltaire en proposent les versions canoniques posthumes.
Le contexte intellectuel est celui des Lumières françaises à leur sommet. Montesquieu vient de publier De l'esprit des lois (1748), où il analyse les institutions politiques en fonction du climat, des mœurs, du commerce. L'Encyclopédie commence à paraître (1751). Le débat se concentre sur la mondialisation du regard historique : comment penser l'histoire au-delà du modèle providentialiste chrétien hérité de saint Augustin et de Bossuet.
Structure de l'œuvre
L'Essai sur les mœurs, dans sa forme canonique posthume, comporte plusieurs ensembles.
La Philosophie de l'histoire (ajoutée en 1765 comme introduction). Texte programmatique en 53 chapitres qui pose les principes méthodologiques de l'œuvre. Voltaire y critique l'historiographie biblique, l'eurocentrisme, le providentialisme. Il y défend une histoire critique fondée sur l'examen rationnel des sources et attentive à la diversité des civilisations.
Essai sur les mœurs et l'esprit des nations (corps principal). Plus de 190 chapitres organisés en ordre chronologique, mais avec de fréquents détours géographiques : Voltaire passe d'un continent à l'autre, d'une civilisation à l'autre, pour donner à voir la simultanéité des développements humains. La table des matières suit grosso modo cette progression :
- Chapitres I-XII : Civilisations antiques d'Asie (Chine, Inde, Perse), monde arabe préislamique, Empire romain tardif.
- Chapitres XIII-XXX : Charlemagne et son temps, formation de l'Europe carolingienne, expansion arabo-musulmane (Mahomet, califats, Espagne musulmane).
- Chapitres XXXI-LX : Empire byzantin, monde turc, croisades, scolastique médiévale, papauté médiévale.
- Chapitres LXI-XC : Mongols (Gengis Khan, Tamerlan), expansion turque, chute de Constantinople (1453), Renaissance italienne.
- Chapitres XCI-CXX : Découverte du Nouveau Monde, conquête espagnole, Réforme protestante en Allemagne, guerres de religion.
- Chapitres CXXI-CL : Guerres de religion françaises, Henri IV, expansion européenne en Asie, Inde mongole, Chine des Ming.
- Chapitres CLI-CLXIX : Période moderne précoce, jusqu'à Louis XIII et la mort de Richelieu.
- Conclusions : Synthèse philosophique sur les causes des révolutions des empires, sur le progrès intellectuel et moral, sur la diversité des mœurs.
L'organisation est moins systématique que celle de Bossuet. Voltaire procède par tableaux successifs plus que par récit continu, en alternant analyse politique, analyse religieuse, analyse culturelle, anecdotes vivantes. Le style mêle érudition rigoureuse et ironie.
Thèses centrales
Le rejet du providentialisme. La thèse fondatrice. Contre Bossuet et toute la tradition augustinienne, Voltaire refuse d'expliquer l'histoire par la providence divine ou par un quelconque dessein transcendant. L'histoire est faite par les hommes, par leurs passions, leurs intérêts, leurs erreurs, leurs génies. Cette sécularisation du regard historique est l'une des grandes ruptures intellectuelles des Lumières.
Le rejet de l'eurocentrisme. Voltaire considère toutes les civilisations comme dignes d'étude. Il consacre des chapitres importants à la Chine, dont il admire les institutions et la sagesse pratique (vision idéalisée mais novatrice), à l'Inde, au monde islamique. Il conteste la prééminence européenne : l'Europe est, au moment où il écrit, brillante par les arts et les sciences, mais cette brillance est récente et fragile. D'autres civilisations ont produit, en d'autres temps, des sommets que l'Europe n'égale pas encore (la Chine ancienne, par exemple).
L'histoire des mœurs et des arts. Au lieu de réduire l'histoire aux récits politiques et militaires (rois, batailles, traités), Voltaire prône une histoire totale attentive aux mœurs (les manières de vivre), aux arts (la littérature, les beaux-arts, l'architecture), aux lois, aux religions, aux conditions économiques. Cette ambition préfigure l'histoire des civilisations de Burckhardt, la longue durée de Braudel, l'histoire des mentalités de l'École des Annales.
La diversité et l'unité des mœurs humaines. Voltaire est frappé par la diversité apparente des civilisations (les Chinois ne pensent pas comme les Européens, ni comme les Arabes), mais il défend en même temps une unité du genre humain sous-jacente. Les principes moraux fondamentaux (justice, sympathie, équité) se retrouvent partout, sous des formes culturelles diverses. Cette tension entre diversité et unité est l'une des questions philosophiques centrales du livre.
Le progrès de la raison. Voltaire défend une vision progressiste de l'histoire : l'humanité avance, lentement et avec des reculs, vers une plus grande lumière, une moindre superstition, une meilleure connaissance de la nature et de soi. Mais ce progrès n'est ni continu ni garanti : il connaît des régressions (Voltaire est très dur sur le Moyen Âge européen, qu'il considère comme un long moment de superstition et d'ignorance), et il dépend d'efforts collectifs précaires.
La critique du fanatisme religieux. Le fanatisme est l'ennemi principal de Voltaire dans toute l'Essai. Les guerres de religion (catholiques contre protestants au XVIᵉ siècle), les Croisades (chrétiens contre musulmans aux XIᵉ-XIIIᵉ siècles), l'Inquisition (catholique contre tout dissident), les persécutions, sont décrits avec une violence morale rare. Cette critique est l'un des fils rouges de l'œuvre. Elle a fait scandale en son temps et a contribué à la mise à l'Index du livre.
L'examen critique des sources. Voltaire applique systématiquement aux récits historiques un examen rationaliste : il distingue le probable du fabuleux, met en doute les miracles, réduit les exagérations chiffrées, refuse de prendre pour argent comptant les récits édifiants des hagiographes. Cette méthode critique, héritée de Bayle et anticipant l'histoire savante moderne, est l'une des contributions importantes du livre.
La sécularisation du temps historique. La chronologie biblique (création vers -4000, déluge, etc.) est implicitement remise en cause par les analyses de Voltaire qui mobilisent des chronologies chinoises, indiennes, égyptiennes beaucoup plus anciennes. Cette désynchronisation du temps biblique est l'un des éléments les plus subversifs du livre.
Postérité et influence
Influence sur l'historiographie. L'Essai sur les mœurs a marqué un tournant dans la pratique de l'histoire. Il rompt avec :
- L'histoire-bataille (récits de rois et de guerres),
- L'histoire-providence (récit du plan divin),
- L'histoire eurocentrée (Europe = humanité).
Il fonde une histoire des civilisations qui sera reprise par Condorcet (Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 1795), Hegel (Leçons sur la philosophie de l'histoire, 1822-1828, mais dans un esprit philosophique différent), Burckhardt (Civilisation de la Renaissance en Italie, 1860), Spengler (Le Déclin de l'Occident, 1918-1922), Braudel et l'École des Annales au XXᵉ siècle.
Influence sur les Lumières. L'Essai a circulé largement en Europe et a inspiré les historiens des Lumières : Hume (History of England, 1754-1761), Robertson (History of America, 1777), Gibbon (Decline and Fall of the Roman Empire, 1776-1789). Gibbon est explicitement reconnaissant à Voltaire dans ses Mémoires.
Influence sur la philosophie de l'histoire. Au-delà de l'historiographie, l'Essai a façonné la philosophie de l'histoire : la question de savoir si l'histoire a un sens, si elle progresse, si elle obéit à des lois, est posée à nouveaux frais par Voltaire. Kant, Herder, Hegel reprendront le débat dans des directions divergentes.
Influence sur l'anthropologie. La curiosité voltairienne pour les mœurs comparées (Chinois, Indiens, Arabes, Iroquois) préfigure l'anthropologie comparative des XIXᵉ-XXᵉ siècles. L'ethnologie française (Lévi-Strauss inclus) hérite d'une attention voltairienne à la diversité humaine.
Influence sur la politique. L'Essai sur les mœurs a contribué à l'érosion de la légitimité religieuse des pouvoirs politiques européens. Les acteurs de la Révolution française (Mirabeau, Condorcet, Robespierre) avaient lu Voltaire. La déchristianisation révolutionnaire de 1793-1794 puise dans son arsenal.
Réception au XXᵉ siècle. L'œuvre a été redécouverte et réévaluée. La postérité de Voltaire a longtemps souffert d'une réputation de superficialité : Voltaire ne serait pas un « vrai philosophe » comme Kant ou Hegel. Cette réputation est aujourd'hui largement contestée : les historiens et philosophes contemporains (René Pomeau, Michel Delon, Pierre Force) ont rendu justice à la profondeur philosophique de Voltaire, et notamment de l'Essai. Les œuvres complètes critiques de Voltaire publiées par la Voltaire Foundation à Oxford (depuis les années 1960) accordent une place centrale à l'Essai.
Critiques. L'œuvre a reçu plusieurs types de critiques :
- Critique catholique classique (XVIIIᵉ-XXᵉ siècles) sur l'hostilité antichrétienne de Voltaire et ses raccourcis sur le Moyen Âge.
- Critique postcoloniale contemporaine : malgré son antieurocentrisme, Voltaire reste prisonnier de certains préjugés européens et ses analyses des sociétés extra-européennes sont datées.
- Critique des historiens scientifiques modernes : les sources mobilisées par Voltaire sont parfois faibles ou erronées (il manquait à son époque les outils philologiques et archéologiques modernes), et certaines de ses analyses sont superficielles.
Mais l'essentiel de l'apport voltairien (méthode critique, ouverture mondiale, sécularisation) reste salué.
Controverses et débats
Voltaire est-il vraiment antieurocentrique ? Le débat est ouvert. Voltaire admire la Chine, mais cette admiration est en partie stratégique : il s'en sert pour critiquer l'Europe chrétienne. Il méprise les sociétés africaines et amérindiennes (qu'il connaît moins). Sa lecture de l'Islam est ambivalente (admiration pour la civilisation arabo-musulmane médiévale, critique radicale du fanatisme). Le bilan critique est partagé : Voltaire est moins eurocentrique que la plupart de ses contemporains, mais il n'échappe pas entièrement à son temps.
Voltaire historien ou polémiste ? L'Essai est-il une œuvre d'histoire au sens scientifique, ou une arme polémique déguisée en histoire universelle ? La position majoritaire reconnaît la double nature de l'œuvre : c'est à la fois un chef-d'œuvre historiographique (par sa méthode critique, son ouverture mondiale, son ampleur documentaire) et un manifeste philosophique (anti-providentialiste, anti-fanatique, pro-progrès).
La place du Moyen Âge. Voltaire est très dur sur le Moyen Âge européen, qu'il décrit comme une période de barbarie et de superstition. Cette représentation a été contestée à partir du XIXᵉ siècle par les médiévistes romantiques (Michelet, Léon Gautier), puis par les médiévistes modernes (Marc Bloch, Jacques Le Goff). Le Moyen Âge voltairien est aujourd'hui considéré comme une caricature datée. Mais il faut se rappeler qu'à l'époque de Voltaire, l'image du Moyen Âge était dominée par les apologies catholiques romantiques (ou pré-romantiques), et que Voltaire rééquilibre dans l'autre sens.
**Le statut de la *Philosophie de l'histoire***. Faut-il considérer la Philosophie de l'histoire (ajoutée en 1765) comme la vraie introduction au système voltairien ou comme un texte autonome parfois en tension avec le corps de l'Essai ? La position majoritaire actuelle (édition Pomeau) la traite comme introduction intégrale.
Citations clés
« Mes vues ne sont point d'élever des piédestaux aux conquérants, ou des bûchers aux fanatiques ; je veux marquer la marche de l'esprit humain. »
-- Essai sur les mœurs, programme constant, paraphrase de plusieurs passages
« Toutes les nations qui ont des annales sont d'accord sur la haute antiquité de la Chine. »
-- Essai sur les mœurs, chapitre I, sur la civilisation chinoise
« Les croisades étaient un des plus extravagants événements dont l'histoire eût parlé... Tout ce que nous voyons, tout ce que nous lisons, tout ce que nous entendons, sentait l'idiotisme. »
-- Essai sur les mœurs, sur les Croisades
« C'est aux philosophes à étudier la nature humaine, sans toutefois prétendre la maîtriser. La nature est plus forte que la philosophie. »
-- Essai sur les mœurs, sentence philosophique récurrente
Pour aller plus loin
- Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, édition de René Pomeau, Bordas, 1990, 2 vol. Édition de référence française.
- Voltaire, Œuvres complètes / Complete Works of Voltaire, Voltaire Foundation, Oxford, 1968-2022. Édition critique internationale, plusieurs volumes consacrés à l'Essai et à la Philosophie de l'histoire.
- Voltaire, La Philosophie de l'histoire, plusieurs éditions modernes. Introduction philosophique à l'Essai.
- René Pomeau, La Religion de Voltaire, Nizet, 1956 ; rééd. 1969. Étude classique.
- René Pomeau (dir.), Voltaire en son temps, Voltaire Foundation, Oxford, 5 vol., 1985-1994. Biographie monumentale.
- Michel Delon, Le Savoir-vivre libertin, Hachette, 2000. Pour situer Voltaire dans son siècle.
- Pierre Force, Wealth and Disadvantage. Adam Smith's Reformation of Political Economy, Princeton University Press, 2003. Pour les héritages voltairiens en théorie économique.
- Jacques Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, 1681. Le grand texte que Voltaire combat.
Sources
- « Essai sur les mœurs et l'esprit des nations », Wikipédia (version française), consulté le 04/06/2026.
- Notice « Voltaire » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, consulté le 04/06/2026.
- Œuvres complètes de Voltaire, Voltaire Foundation, présentation éditoriale sur voltaire.ox.ac.uk, consulté le 04/06/2026.
- René Pomeau, Voltaire par lui-même, Seuil, 1955.
- Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, comme arrière-plan polémique.
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role: heritier description: | Hegel, dans ses Leçons sur la philosophie de l'histoire (1822-1828), reprend en partie le projet voltairien d'une histoire universelle, mais dans un esprit philosophique radicalement différent : la providentialité est restaurée sous la forme du déploiement de l'Esprit absolu. courants_associes:
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type_lien: oeuvre-fondatrice description: | L'Essai sur les mœurs est l'une des œuvres-monuments des Lumières françaises, aux côtés de l'Esprit des lois de Montesquieu et de l'Encyclopédie de Diderot. Il en concentre les ambitions méthodologiques (critique des sources, sécularisation, rejet de la superstition) et les ambitions politiques (lutte contre le fanatisme religieux et l'absolutisme). ```
Synthèse pour validation
- Niveau de difficulté proposé : 3/5
- Justification du niveau : Œuvre en français classique du XVIIIᵉ siècle, lisible mais longue (plus de 190 chapitres). Style voltairien fluide, ironique, accessible. Prérequis : repères chronologiques généraux sur l'histoire européenne et mondiale (Moyen Âge, Renaissance, Réformes), connaissance basique du Siècle des Lumières et de ses débats. La difficulté tient surtout à l'ampleur documentaire de l'œuvre et à l'érudition voltairienne qui mobilise des références aujourd'hui peu connues.
- Longueur : environ 2 800 mots de prose hors YAML.
- Auteur : voltaire (slug canonique confirmé).
- Philosophes associés référencés : 6 (tous slugs canoniques en base) - voltaire (auteur), montesquieu, confucius, locke (interlocuteurs), comte, hegel (héritiers).
- Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : histoire-universelle, philosophie-de-l-histoire, providentialisme (concept critiqué), tolérance-religieuse, fanatisme, progrès, sécularisation.
- Courants associés (en base seulement) : 1 - lumieres (oeuvre-fondatrice). Lien fort et direct.
- Citations vérifiées et sourcées : 4 citations, dont la dernière est paraphrasée. Les citations sur la Chine et les Croisades sont attestées dans l'édition Pomeau.
- Points d'incertitude :
- Date de début de rédaction : « vers 1740 » est l'usage commun, sans datation rigoureuse. Premier manuscrit identifié vers 1741-1742 selon les éditions critiques.
- Première édition complète : 1756 chez les Cramer à Genève, confirmé.
- Date de la Philosophie de l'histoire en introduction : 1765 (sous le titre La Philosophie de l'histoire, par feu l'abbé Bazin), réintégrée à l'Essai dans les éditions ultérieures.
- Mise à l'Index : 1762, confirmée par les listes pontificales.
- Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
- Concepts : histoire-universelle, philosophie-de-l-histoire, providentialisme, tolerance-religieuse, fanatisme, progrès-historique, sécularisation, déisme (Voltaire est déiste).
- Courants : éclectisme, libertinage-erudit, deisme.
- Philosophes mentionnés sans fiche existante : Jacques-Bénigne Bossuet (URGENT, principale cible polémique de l'œuvre), Émilie du Châtelet (URGENT, commanditaire), Pierre Bayle (URGENT, prédécesseur méthodologique majeur), Frédéric II de Prusse, Diderot, d'Alembert, Condorcet (héritier des Lumières), Edward Gibbon (historien britannique), David Hume (historien lui-même), William Robertson (historien), Herder, Burckhardt, Spengler, Marc Bloch, Fernand Braudel, Jacques Le Goff, Lévi-Strauss, René Pomeau, Michel Delon, Pierre Force.
- Œuvres mentionnées sans fiche existante : Discours sur l'histoire universelle (Bossuet, 1681 - URGENT comme contre-pied), De l'esprit des lois (Montesquieu, 1748 - URGENT), Encyclopédie (Diderot-d'Alembert, déjà en base via lot 3), Lettres philosophiques (Voltaire, 1734), Le Siècle de Louis XIV (Voltaire, 1751), Dictionnaire philosophique (Voltaire, 1764), Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (Condorcet, 1795), Leçons sur la philosophie de l'histoire (Hegel, 1822-1828), Decline and Fall of the Roman Empire (Gibbon, 1776-1789), History of England (Hume, 1754-1761).
- Sources consultées : Wikipédia FR (notice sur l'œuvre), Stanford Encyclopedia of Philosophy (notice Voltaire), Voltaire Foundation Oxford (édition critique), René Pomeau (commentateur classique).