Pensées sur Machiavel

Titre original : Thoughts on Machiavelli

Publication : 1958 (Glencoe Illinois, The Free Press)

Type : Essai

Analyse

Présentation

Pensées sur Machiavel (titre original Thoughts on Machiavelli) est un ouvrage majeur de Leo Strauss, publié à Glencoe (Illinois) chez The Free Press en 1958, puis réédité à plusieurs reprises (Greenwood Press 1978, University of Chicago Press 1995). C'est l'une des œuvres les plus volumineuses et les plus controversées de Strauss, plus de 350 pages consacrées à une lecture serrée et lente des deux grandes œuvres politiques de Nicolas Machiavel : Le Prince (1513-1514, publié en 1532) et les Discours sur la première décade de Tite-Live (1517-1518, publiés en 1531).

L'œuvre se présente comme une interprétation novatrice et provocatrice de Machiavel. Contre la tradition dominante depuis le XIXᵉ siècle qui voyait dans le Florentin un patriote italien (Foscolo), un républicain précurseur de la démocratie moderne (les hégéliens, Quentin Skinner plus tard), ou un « scientifique » froid de la politique détaché de toute moralité (Croce), Strauss propose une thèse audacieuse : Machiavel est le « maître » fondateur de la modernité philosophique, et précisément un « maître du mal » (teacher of evil en anglais), qui opère consciemment une rupture avec la tradition philosophico-théologique classique (Platon, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin).

Cette rupture fondatrice consiste à abaisser délibérément les standards moraux de la philosophie politique pour rendre les fins humaines plus accessibles dans le monde réel. Machiavel inaugure ce que Strauss appelle la « première vague » de la modernité, suivie par les vagues hobbesienne, puis kantienne-rousseauiste, puis nietzschéenne. C'est pourquoi Machiavel n'est pas un simple technicien politique mais un philosophe de premier rang, fondateur d'une tradition dont nous sommes les héritiers, pour le meilleur (efficacité des institutions modernes) et pour le pire (perte des références transcendantes, montée des nihilismes contemporains).

L'œuvre est composée d'une Introduction méthodologique et de quatre chapitres :

  1. Le caractère blasphématoire de l'enseignement machiavélien.
  2. L'enseignement de Machiavel à propos du Prince.
  3. L'enseignement de Machiavel à propos des Discours.
  4. L'enseignement de Machiavel.

Cette structure est caractéristique de la méthode straussienne d'herméneutique. Strauss procède par lectures rapprochées (close reading), chapitre par chapitre, parfois phrase par phrase, des deux œuvres de Machiavel. Il cherche les signes ténus (un mot répété, une omission significative, une référence biblique détournée, une numérotation symbolique) qui révèlent, sous l'enseignement exotérique (apparent, accessible à tous) un enseignement ésotérique (caché, réservé aux lecteurs attentifs).

La traduction française est due à Michel-Pierre Edmond et Thomas Stern sous le titre Pensées sur Machiavel, publiée chez Payot en 1982 dans la collection « Critique de la politique » dirigée par Miguel Abensour. C'est la traduction française de référence.

L'œuvre s'inscrit dans le projet philosophique plus large de Strauss : reconstituer la tradition philosophico-politique classique (Platon, Aristote, Maïmonide, Al-Fârâbî), comprendre la rupture moderne qui s'opère avec Machiavel et Hobbes, et diagnostiquer la crise contemporaine du libéralisme et du nihilisme comme aboutissement de cette rupture. Thoughts on Machiavelli est l'un des piliers de ce projet, à côté de Natural Right and History (1953), La Cité et l'homme (1964) et La Persécution et l'art d'écrire (1952).

Contexte historique et conditions de rédaction

Leo Strauss (1899-1973) a 59 ans à la parution de Thoughts on Machiavelli en 1958. Né en Allemagne dans une famille juive orthodoxe rurale (Kirchhain, en Hesse), Strauss a connu la brillante culture juive-allemande de Weimar avant l'exil forcé par la persécution nazie. Après des études à Marburg (auprès d'Hermann Cohen et de Paul Natorp), à Hambourg (auprès d'Ernst Cassirer) et à Fribourg (auprès d'Edmund Husserl et de Martin Heidegger), il quitte l'Allemagne dès 1932 pour Paris, puis Cambridge (Angleterre), puis New York en 1937. Naturalisé américain en 1944, il enseigne à la New School for Social Research à New York (1938-1948), puis à l'Université de Chicago où il occupe la prestigieuse Robert Maynard Hutchins Distinguished Service Professorship de 1949 à 1968.

Thoughts on Machiavelli est rédigé essentiellement à Chicago entre 1953 et 1957. Strauss y prolonge le travail commencé dans des cours donnés sur Machiavel à la New School puis à Chicago dans les années 1940-1950. La rédaction est lente et méticuleuse, à l'image de la méthode straussienne d'herméneutique attentive.

Le contexte intellectuel américain et international des années 1950-1960 est marqué par :

  • La Guerre froide et l'affrontement idéologique entre démocraties libérales et États communistes. Strauss, anticommuniste prononcé, voit dans les totalitarismes modernes (nazisme, communisme soviétique) les conséquences logiques ultimes de la rupture moderne avec la tradition philosophico-théologique classique. Comprendre Machiavel comme l'inaugurateur de cette rupture est donc un enjeu politiquement actuel.
  • La crise du libéralisme classique. Le libéralisme américain de l'après-guerre (Truman, Eisenhower) paraît à Strauss menacé par deux dangers : le relativisme historiciste (héritier du marxisme et du nietzschéisme) qui mine ses fondements moraux, et le scientisme positiviste (Max Weber, sociologie quantitative dominante à Chicago) qui réduit la philosophie politique à des techniques empiriques. Strauss cherche à refonder une philosophie politique normative authentique en remontant aux Anciens.
  • L'émergence d'une école straussienne à Chicago. Autour de Strauss se forme un cercle d'élèves devenus eux-mêmes professeurs : Allan Bloom, Harvey Mansfield, Joseph Cropsey, Stanley Rosen, Werner Dannhauser, Hilail Gildin. Cette école straussienne aura une influence considérable sur la philosophie politique américaine et, ultérieurement, sur la pensée néo-conservatrice (William Kristol, Paul Wolfowitz, comme élèves de second degré).
  • Les débats sur l'interprétation de Machiavel. La grande question depuis le XIXᵉ siècle est : Machiavel est-il un républicain (lecture de Pasquale Villari, des hégéliens, plus tard de Quentin Skinner et J.G.A. Pocock) ou un « maître du mal » (lecture des moralistes classiques, des contre-révolutionnaires, partiellement de Croce) ? Strauss prend résolument parti pour la seconde lecture, mais en lui donnant une profondeur philosophique nouvelle.
  • L'influence sur Strauss du courant des études juives allemandes (Wissenschaft des Judentums) qu'il a connu à Berlin auprès de Gershom Scholem et d'autres. La méthode straussienne d'ésotérisme (chercher dans les textes anciens un enseignement caché derrière l'enseignement apparent) est inspirée des techniques d'exégèse juive (Talmud, Maïmonide) et de la lecture qu'en a faite Maïmonide lui-même dans ses œuvres ésotériques.

Strauss publie Thoughts on Machiavelli alors qu'il est à l'apogée de sa carrière. Il publiera ensuite La Cité et l'homme (1964, sur Aristote, Thucydide et Platon), Socrate et Aristophane (1966), Xénophon sur Socrate (1972). Il meurt à Annapolis (Maryland) en 1973, ayant formé plusieurs générations d'élèves qui prolongeront son œuvre.

Structure de l'œuvre

L'ouvrage est organisé en quatre chapitres précédés d'une Introduction méthodologique.

Introduction.

Strauss y présente sa thèse centrale et sa méthode. Il commence par un paradoxe : Machiavel est universellement reconnu comme l'un des plus grands philosophes politiques modernes, mais ses enseignements explicites sont si scandaleux moralement (conseiller au prince de tromper, de tuer, d'opprimer ses sujets) que personne n'ose les endosser ouvertement. Comment résoudre ce paradoxe ?

Strauss répond : Machiavel est un « maître du mal » au sens strict du terme. Il enseigne consciemment et délibérément à abaisser les standards moraux de la politique. Cette immoralité n'est ni une erreur, ni une provocation, ni un simple réalisme : c'est une doctrine philosophique cohérente qui inaugure la modernité.

Strauss expose ensuite sa méthode d'herméneutique : il faut lire Machiavel avec la lenteur et l'attention qu'il mérite, en relevant les signes ténus par lesquels il indique son enseignement véritable au-delà des prudences exotériques.

Chapitre I : Le caractère blasphématoire de l'enseignement machiavélien.

Strauss y développe la thèse selon laquelle Machiavel blasphème délibérément contre la tradition chrétienne et la philosophie classique. Le blasphème machiavélien est multiple :

  • Blasphème religieux : Machiavel utilise constamment des références bibliques (Moïse, David, Salomon) en les détournant de leur sens religieux pour les analyser comme des manœuvres politiques ordinaires. Moïse n'est plus le prophète inspiré, c'est un prince habile qui a su fonder un État en utilisant les ressources religieuses comme outils de gouvernement.
  • Blasphème philosophique : Machiavel renverse systématiquement les enseignements classiques (Platon, Aristote, Cicéron) sur la vertu, le bien commun, l'amitié civique. Il propose une anti-politique où la virtù (efficacité dans la conquête et la conservation du pouvoir) remplace la vertu morale classique.
  • Blasphème anthropologique : Machiavel défend une conception pessimiste de la nature humaine (« les hommes sont méchants ») qui contredit à la fois le christianisme (l'homme racheté par la grâce) et l'aristotélisme (l'homme animal politique tendant vers le bien).

Chapitre II : L'enseignement de Machiavel à propos du Prince.

Strauss procède à une lecture serrée du Prince chapitre par chapitre. Quelques moments forts :

  • Chapitre 6 du Prince (« Des principautés nouvelles qu'on acquiert par ses propres armes et sa propre virtù »). Strauss souligne que Machiavel classe Moïse parmi les « princes nouveaux » (avec Cyrus, Romulus, Thésée). Cette assimilation du prophète biblique à des chefs païens fondateurs d'États est selon Strauss l'un des signes les plus clairs de l'athéisme machiavélien implicite.
  • Chapitres 15-18 du Prince. Strauss analyse en détail la rupture opérée par ces chapitres avec la tradition des « miroirs des princes » (manuels d'éducation princière médiévaux qui enseignaient les vertus chrétiennes au futur souverain). Machiavel y enseigne explicitement que le prince doit savoir être mauvais quand les circonstances l'exigent.
  • Le « principe du nouvel ordre des choses ». Pour Strauss, Machiavel se présente lui-même comme un fondateur (au chapitre 6 du Prince, dans la dédicace) : il fonde un nouvel ordre des choses intellectuel comparable à celui que les grands princes fondent politiquement. La modernité philosophique est ainsi inaugurée par un acte fondateur de Machiavel lui-même.

Chapitre III : L'enseignement de Machiavel à propos des Discours.

Strauss procède à une lecture serrée des Discours sur la première décade de Tite-Live. Il y souligne :

  • La structure tripartite des Discours (trois livres) qui n'est pas explicitée par Machiavel mais qui correspond, selon Strauss, à une organisation symbolique : fondation de Rome (livre I), expansion impériale (livre II), conservation et chute (livre III). Cette organisation est ésotériquement signifiante.
  • L'éloge machiavélien de la religion romaine païenne contre le christianisme. Pour Machiavel, la religion romaine était politiquement utile parce qu'elle inspirait la virilité guerrière et l'amour de la patrie ; le christianisme, au contraire, affaiblit les cités en valorisant l'humilité, la paix, le pardon. Cette critique de l'effet politique du christianisme est, selon Strauss, l'un des noyaux de la rupture machiavélienne.
  • La réhabilitation machiavélienne des « tumultes » romains (conflits entre patriciens et plébéiens) comme source de la liberté romaine. Cette analyse contredit toute la tradition aristotélicienne qui voyait dans la concorde civique le bien politique suprême. Machiavel défend au contraire une dialectique des conflits internes comme moteur de la liberté républicaine.

Chapitre IV : L'enseignement de Machiavel.

Synthèse de l'interprétation straussienne. Strauss y présente la doctrine machiavélienne dans son ensemble :

  • L'abaissement des standards politiques : Machiavel renonce à la « meilleure cité » platonicienne ou à la cité parfaite aristotélicienne pour viser des fins plus modestes mais plus accessibles (sécurité, prospérité, gloire militaire). Cette modération des ambitions philosophiques est paradoxalement immodérée dans ses moyens (Machiavel autorise toute violence pour atteindre ces fins limitées).
  • La conquête de la Fortune par la virtù. Machiavel transforme la conception classique de la vertu (excellence morale tendant vers le bien) en virtù (énergie efficace permettant de dominer les circonstances). L'homme machiavélien n'attend plus le bien d'une Providence transcendante ni d'une Nature bonne ; il l'arrache à une Fortune capricieuse par sa propre puissance.
  • La fondation d'une tradition. Machiavel est conscient d'inaugurer une nouvelle pensée. Il fonde la modernité philosophique, qui sera prolongée par Hobbes, Spinoza, Bacon, et culminera dans les Lumières, puis dans le nihilisme contemporain. Comprendre Machiavel, c'est comprendre l'origine de notre monde.

Thèses centrales

Machiavel comme « maître du mal ». Thèse provocante centrale. Machiavel n'est pas un technicien détaché des questions morales, ni un scientifique froid de la politique. Il est un philosophe qui enseigne consciemment et délibérément à transgresser les standards moraux classiques. Cette transgression est une doctrine cohérente, pas une simple description de la pratique politique réelle. Strauss prend ainsi position contre les lectures moralisantes (Machiavel comme satiriste ironique du pouvoir, Rousseau, Foscolo) et contre les lectures scientistes (Machiavel comme premier politologue empirique, Croce).

La rupture moderne avec la tradition classique. Thèse historico-philosophique majeure. La modernité philosophique ne commence ni avec Descartes (cogito) ni avec les Lumières, mais avec Machiavel. La rupture machiavélienne consiste à abaisser les fins philosophico-politiques (de la « meilleure cité » des Anciens aux fins limitées d'efficacité, sécurité, gloire des Modernes) tout en libérant les moyens (toute violence est autorisée pour atteindre ces fins limitées). Cette inversion caractérise toute la modernité ultérieure.

Les « trois vagues » de la modernité. Conception straussienne plus large, déjà esquissée dans Natural Right and History (1953) et systématisée ensuite. La modernité philosophique comprend trois vagues successives, chacune plus radicale que la précédente :

  • Première vague : Machiavel et Hobbes. Abaissement des fins, naturalisme politique, sécurité comme bien suprême.
  • Deuxième vague : Rousseau et Kant. Radicalisation par l'introduction de la liberté comme valeur autonome.
  • Troisième vague : Nietzsche, Heidegger. Radicalisation finale dans le nihilisme, où plus aucun fondement transcendant ou rationnel ne subsiste.

La crise contemporaine est l'aboutissement de ces trois vagues.

L'ésotérisme machiavélien. Thèse herméneutique. Machiavel, comme Maïmonide, Al-Fârâbî et d'autres grands philosophes classiques, distingue un enseignement exotérique (accessible au lecteur ordinaire) d'un enseignement ésotérique (caché derrière les apparences, réservé aux lecteurs attentifs). Cette distinction n'est pas une simple précaution contre la persécution (bien qu'elle ait aussi cette fonction) : c'est une technique philosophique délibérée pour protéger les vérités difficiles de leur réception par des esprits mal préparés. Strauss développe cette méthode dans La Persécution et l'art d'écrire (1952) et l'applique massivement à Machiavel dans Thoughts on Machiavelli.

Le caractère blasphématoire conscient. Conséquence de la précédente. Machiavel ne blasphème pas par maladresse ou par excès rhétorique : il calcule ses blasphèmes (assimilation de Moïse aux fondateurs païens, critique de l'utilité politique du christianisme, omission stratégique de toute référence à la grâce divine ou à la providence). Ces blasphèmes sont les signes par lesquels il avertit ses lecteurs attentifs que sa pensée est plus radicale qu'elle n'en a l'air.

La conquête de la Fortune par la virtù. Concept central machiavélien selon Strauss. La Fortune (chance, hasard, circonstances) avait été pensée par les Anciens comme une puissance à laquelle l'homme doit s'adapter par la sagesse (stoïcisme) ou qu'il doit transcender par la contemplation (platonisme). Machiavel propose au contraire de la dominer : la virtù est cette énergie efficace par laquelle l'homme arrache à la Fortune les biens qu'il veut. Ce volontarisme machiavélien (l'homme comme dominateur des circonstances) inaugure le projet moderne de maîtrise de la nature qui culminera chez Descartes et Bacon.

L'analyse politique sans morale transcendante. Machiavel inaugure une science politique qui se passe de fondements transcendants. Plus de référence à la loi naturelle (stoïciens, Thomas d'Aquin), plus de référence à un droit divin (théologiens politiques médiévaux), plus de référence à une vertu morale indépendante (Aristote, Cicéron). La politique se fonde sur l'analyse des forces, des intérêts, des passions humaines réelles, dans leur immanence au monde. Cette immanentisation est l'une des marques de la modernité.

La fondation philosophique consciente. Machiavel est l'un des rares philosophes à avoir eu conscience d'inaugurer une tradition nouvelle. Le chapitre 6 du Prince, où il classe les fondateurs (Moïse, Cyrus, Romulus, Thésée), est selon Strauss une autobiographie voilée : Machiavel se présente lui-même comme un fondateur d'un nouvel ordre des choses, comparable aux grands fondateurs politiques de l'histoire. Cette autoconscience fondatrice distingue Machiavel des philosophes classiques (qui se voyaient comme continuateurs d'une tradition) et préfigure les gestes fondateurs modernes (Descartes, Bacon, Hobbes).

La nécessité d'une « politologie » classique. Conséquence pratique. Pour Strauss, comprendre la rupture machiavélienne et ses conséquences modernes nous oblige à revenir à la philosophie politique classique (Platon, Aristote, Cicéron) pour y trouver les ressources d'une alternative. La renaissance straussienne de la philosophie politique classique se justifie par le diagnostic de la modernité comme crise, dont Machiavel est le point d'origine.

Postérité et influence

Influence sur l'école straussienne. Thoughts on Machiavelli est, avec Natural Right and History (1953) et La Cité et l'homme (1964), l'un des piliers de l'école straussienne. Les élèves directs de Strauss à Chicago (Allan Bloom, Joseph Cropsey, Stanley Rosen, Werner Dannhauser, Hilail Gildin, Seth Benardete) et leurs propres élèves (Harvey Mansfield à Harvard, qui consacrera Machiavelli's Virtue, 1996, prolongeant l'approche straussienne) ont diffusé l'interprétation straussienne de Machiavel dans plusieurs générations d'universitaires américains.

Harvey Mansfield. Élève principal de Strauss à Harvard, Mansfield a consacré sa carrière à prolonger l'interprétation straussienne de Machiavel. Ses ouvrages Machiavelli's New Modes and Orders (1979) et Machiavelli's Virtue (1996) sont les prolongements les plus systématiques de Thoughts on Machiavelli. La traduction anglaise du Prince par Mansfield (1985) est l'une des plus utilisées dans les universités américaines.

Influence sur la pensée néo-conservatrice. L'école straussienne a eu une influence indirecte sur le néo-conservatisme américain. Plusieurs néo-conservateurs influents (William Kristol, Paul Wolfowitz, Carnes Lord, Abram Shulsky) ont été élèves de Bloom, Mansfield ou d'autres straussiens. Cette filiation est controversée : les straussiens « classiques » défendent une lecture académique de Strauss, distincte de l'usage politique néo-conservateur ; les critiques (Shadia Drury, Anne Norton) soutiennent au contraire que la pensée straussienne contient des éléments qui ont alimenté la pensée néo-conservatrice (méfiance envers la démocratie libérale ordinaire, défense du droit naturel, appel à des « élites » philosophiques).

Influence sur la philosophie politique américaine académique. Au-delà des straussiens stricts, Thoughts on Machiavelli a marqué la philosophie politique américaine. Sheldon Wolin (Politics and Vision, 1960) discute Strauss tout en s'en distinguant. Hannah Arendt dialogue avec Strauss sur la question de la tradition. Eric Voegelin, autre exilé juif-allemand devenu américain, partage avec Strauss une partie du diagnostic sur la crise moderne tout en proposant une autre voie d'analyse.

Influence sur la philosophie politique française. La réception française a été plus tardive et plus discrète. La traduction de Pensées sur Machiavel en 1982 par Edmond et Stern chez Payot a été l'un des vecteurs. Pierre Manent (Cours familier de philosophie politique, 2001 ; Naissances de la politique moderne, 1977) a contribué à diffuser une lecture proche du straussisme en France. Heinrich Meier, philosophe allemand de l'école straussienne, a aussi été traduit en français.

Critiques de la méthode ésotérique. L'utilisation par Strauss de l'herméneutique ésotérique a été abondamment critiquée :

  • Critique méthodologique : la méthode ésotérique permet de faire dire n'importe quoi à un texte. En cherchant des signes cachés (mots répétés, omissions, numérotations symboliques), on peut projeter sur l'auteur n'importe quelle thèse. Les critiques (Robert Pippin, Myles Burnyeat) reprochent à Strauss un arbitraire interprétatif.
  • Critique historique : Quentin Skinner, J.G.A. Pocock et les historiens de l'école de Cambridge contestent la lecture straussienne en proposant une histoire contextuelle de Machiavel. Pour eux, Machiavel est un républicain héritier de l'humanisme civique florentin, pas un destructeur des fondements classiques.
  • Critique politique : pour Shadia Drury (The Political Ideas of Leo Strauss, 1988), Anne Norton (Leo Strauss and the Politics of American Empire, 2004), la pensée straussienne dissimule un élitisme dangereux qui méprise la démocratie libérale ordinaire et a alimenté les dérives néo-conservatrices.

Lectures alternatives de Machiavel. La lecture straussienne est l'une des trois grandes interprétations contemporaines de Machiavel, qui se font concurrence :

  • Lecture républicaine (Quentin Skinner, J.G.A. Pocock, Maurizio Viroli) : Machiavel est un républicain héritier de l'humanisme civique florentin. Sa pensée est tournée vers la liberté républicaine et la participation civique. Le Prince doit être lu avec les Discours, comme deux faces du même engagement républicain.
  • Lecture marxiste-gramscienne (Antonio Gramsci dans les Cahiers de prison, Louis Althusser) : Machiavel est un précurseur de la pensée politique moderne attentive aux rapports de force. Le Prince est un manifeste révolutionnaire déguisé en miroir des princes : Machiavel s'adresse en réalité au peuple italien en lui présentant la nécessité d'un « Prince moderne » (un parti politique chez Gramsci) capable d'unifier l'Italie.
  • Lecture straussienne : Machiavel est le « maître du mal » fondateur de la modernité philosophique, en rupture consciente avec la tradition classique.

Ces trois lectures continuent à se disputer la vérité de Machiavel.

Lectures contemporaines. Thoughts on Machiavelli reste lu principalement dans le cercle straussien et dans les départements de philosophie politique américaine. Il est moins étudié dans les départements d'histoire (qui préfèrent l'approche contextuelle skinnerienne) et dans les départements littéraires (qui préfèrent les lectures rhétoriques). C'est un classique de l'interprétation straussienne, à défaut d'être un classique consensuel des études machiavéliennes.

Controverses et débats

La méthode ésotérique : licite ou arbitraire ? Question méthodologique fondamentale. Strauss soutient qu'il existe une tradition classique d'écriture ésotérique que les modernes ont oubliée. Les critiques objectent que cette méthode permet de lire n'importe quoi dans n'importe quel texte. Position partagée : la méthode straussienne a des vertus (attention au texte, sensibilité aux silences et aux paradoxes) mais des risques (arbitraire interprétatif). Son usage doit être prudent.

Machiavel et la modernité. Machiavel est-il vraiment l'inaugurateur de la modernité philosophique ? Ou n'est-il qu'un moment parmi d'autres dans la lente transformation de la pensée politique européenne ? Les straussiens maintiennent la thèse de la rupture fondatrice ; les historiens (Skinner, Pocock) la relativisent en montrant les continuités avec l'humanisme civique antérieur et avec la pratique politique italienne du XVᵉ siècle.

L'athéisme implicite de Machiavel. Strauss soutient que Machiavel est un athée implicite. Les preuves sont indirectes (omissions, blasphèmes calculés, assimilation des fondateurs religieux aux fondateurs politiques) et susceptibles d'interprétations alternatives. La question reste ouverte : Machiavel est-il religieusement sceptique (lecture straussienne), machiavéliste-chrétien hétérodoxe (lecture de Sebastian de Grazia), ou conventionnellement chrétien malgré sa franchise réaliste (lecture de certains catholiques) ?

Strauss et le néo-conservatisme. La pensée straussienne porte-t-elle une responsabilité dans les dérives néo-conservatrices américaines (guerres d'Irak et d'Afghanistan, doctrine de la guerre préventive) ? Question politiquement chargée. Les straussiens classiques (Allan Bloom, Harvey Mansfield) refusent toute responsabilité directe et défendent une lecture académique de Strauss. Les critiques (Drury, Norton) soutiennent que la pensée straussienne contient des éléments qui ont alimenté intellectuellement ces dérives. Le débat est vif et politiquement sensible.

Citations clés

« Machiavel est un maître du mal. C'est précisément cela qu'il faut comprendre, et non pas escamoter par des interprétations atténuantes. »

-- Pensées sur Machiavel, paraphrase du leitmotiv de l'ouvrage

« La philosophie machiavélienne a pour racine l'abaissement délibéré des fins humaines, pour rendre les fins plus aisément atteignables. »

-- Pensées sur Machiavel, paraphrase de la thèse centrale

« Lire Machiavel, c'est apprendre à lire entre les lignes : sous l'enseignement apparent, accessible à tous, il y a un enseignement caché, réservé aux lecteurs attentifs. »

-- Pensées sur Machiavel, paraphrase de la méthode herméneutique

« Machiavel est conscient de fonder une tradition nouvelle. Comme Moïse fonda l'État hébreu, comme Cyrus fonda la Perse, Machiavel fonde la modernité philosophique. »

-- Pensées sur Machiavel, paraphrase de la lecture du chapitre 6 du Prince

Pour aller plus loin

  • Leo Strauss, Pensées sur Machiavel, traduction de Michel-Pierre Edmond et Thomas Stern, Payot, coll. « Critique de la politique », 1982 ; rééditions. Édition française de référence.
  • Leo Strauss, Thoughts on Machiavelli, The Free Press, Glencoe, 1958 ; réimpressions University of Chicago Press 1978, 1995. Édition originale anglaise.
  • Leo Strauss, Droit naturel et histoire, traduction française de Monique Nathan et Éric de Dampierre, Plon, 1954 (original Natural Right and History, 1953). Œuvre majeure complémentaire pour comprendre la conception straussienne de la modernité.
  • Leo Strauss, La Persécution et l'art d'écrire, traduction française d'Olivier Sedeyn, Presses Pocket, 1989 (original Persecution and the Art of Writing, 1952). Exposé de la méthode ésotérique.
  • Leo Strauss, La Cité et l'homme, traduction française d'Olivier Berrichon-Sedeyn, Agora-Pocket, 2005 (original The City and Man, 1964).
  • Nicolas Machiavel, Le Prince, traduction de Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, PUF, coll. « Quadrige », 2014. Édition française récente. Œuvre commentée.
  • Nicolas Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, traduction de Toussaint Guiraudet revue par Alessandro Fontana et Xavier Tabet, Berger-Levrault, 1985. Œuvre commentée par Strauss.
  • Harvey Mansfield, Machiavelli's Virtue, University of Chicago Press, 1996. Prolongement straussien direct.
  • Quentin Skinner, Machiavel, traduction française, Seuil, 1989 (original Machiavelli : A Very Short Introduction, 1981). Lecture républicaine concurrente.
  • J.G.A. Pocock, Le Moment machiavélien : la pensée politique florentine et la tradition républicaine atlantique, traduction française, PUF, 1997 (original The Machiavellian Moment, 1975). Lecture républicaine de référence.
  • Pierre Manent, Naissances de la politique moderne, Payot, 1977. Lecture française proche du straussisme.

Sources

  • « Thoughts on Machiavelli », Wikipédia (versions anglaise et française), consulté le 05/06/2026.
  • Notice « Leo Strauss » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy par Leora Batnitzky, plato.stanford.edu, consulté le 05/06/2026.
  • Notice « Niccolò Machiavelli » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy par Cary Nederman, plato.stanford.edu, consulté le 05/06/2026.
  • Site du Leo Strauss Center, University of Chicago, leostrausscenter.uchicago.edu, consulté le 05/06/2026.
  • Heinrich Meier, Leo Strauss et le problème théologico-politique, traduction française, Cerf, 2006, pour la mise en perspective philosophique.

---

```yaml oeuvre: slug: pensees-sur-machiavel titreoriginal: "Thoughts on Machiavelli" titrefrancais: "Pensées sur Machiavel" langueoriginale: anglais typeoeuvre: essai datepublication: 1958 datepublicationaffichage: "1958 (Glencoe Illinois, The Free Press)" posthume: false nombrechapitres: 4 niveaudifficulte: 5 auteurslug: leo-strauss descriptioncourte: | Ouvrage majeur de Leo Strauss publié à Glencoe (Illinois) chez The Free Press en 1958, traduit en français chez Payot en 1982 par Michel-Pierre Edmond et Thomas Stern. Plus de 350 pages consacrées à une lecture serrée du Prince (1513-1514) et des Discours sur la première décade de Tite-Live (1517-1518) de Nicolas Machiavel. Thèse audacieuse : Machiavel est le maître fondateur de la modernité philosophique, précisément un maître du mal qui opère consciemment une rupture avec la tradition philosophico-théologique classique (Platon, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin). Inauguration de la première vague de la modernité, suivie par Hobbes, puis Rousseau-Kant, puis Nietzsche. Application massive de la méthode ésotérique d'herméneutique straussienne. metatitle: "Pensées sur Machiavel (Leo Strauss, 1958) - Philotopie" metadescription: | Pensées sur Machiavel de Leo Strauss (1958) : lecture serrée du Prince et des Discours, Machiavel comme maître du mal fondateur de la modernité philosophique, herméneutique ésotérique. statut: publie philosophesassocies:

  • slug: leo-strauss

role: auteur description: | Strauss rédige Thoughts on Machiavelli à Chicago entre 1953 et 1957, à 54-58 ans, au sommet de sa carrière d'enseignant à l'Université de Chicago où il occupe la Robert Maynard Hutchins Distinguished Service Professorship depuis 1949. L'œuvre prolonge des cours donnés à la New School puis à Chicago dans les années 1940-1950.

  • slug: machiavel

role: interlocuteur description: | Machiavel est l'objet exclusif de l'étude. Strauss procède à une lecture serrée du Prince (1513-1514) et des Discours sur la première décade de Tite-Live (1517-1518), en présentant Machiavel comme l'inaugurateur conscient de la modernité philosophique. Cette lecture s'oppose aux interprétations dominantes : Machiavel républicain (Skinner, Pocock), Machiavel scientifique de la politique (Croce), Machiavel marxiste-révolutionnaire (Gramsci).

  • slug: platon

role: interlocuteur description: | Platon représente la tradition philosophico-politique classique avec laquelle Machiavel rompt selon Strauss. La République, le Politique, les Lois platoniciens incarnent l'idéal d'une cité fondée sur la justice et le bien transcendants, contre lequel Machiavel propose son anti-politique fondée sur la virtù efficace. La rupture machiavélienne est essentiellement une rupture avec le platonisme politique.

  • slug: aristote

role: interlocuteur description: | Aristote représente l'autre grand pôle de la tradition classique. La Politique aristotélicienne (vertu civique, animal politique, juste milieu, fin du bien commun) est l'arrière-plan critique direct de la rupture machiavélienne. Strauss souligne la dette implicite de Machiavel à Aristote tout en montrant comment il en inverse systématiquement les positions normatives.

  • slug: thomas-d-aquin

role: interlocuteur description: | Thomas d'Aquin représente la synthèse chrétienne-aristotélicienne médiévale (théologie politique, loi naturelle, articulation de la grâce et de la nature). Machiavel, selon Strauss, opère une rupture frontale avec cette synthèse en éliminant toute référence à une loi naturelle transcendante et en proposant une politique entièrement immanentisée.

  • slug: socrate

role: interlocuteur description: | Socrate est, dans la lecture straussienne, la figure fondatrice de la philosophie politique classique. La quête socratique de la vie bonne, le primat des questions morales, l'intellectualisme moral (savoir = vertu) sont les valeurs que Machiavel renverse. La rupture machiavélienne est ainsi essentiellement une rupture avec la position socratique-platonicienne.

  • slug: ciceron

role: interlocuteur description: | Cicéron, héritier romain de la tradition philosophico-politique grecque (Du devoir, La République, Les Lois), incarne la tradition rhétorique et morale classique avec laquelle Machiavel rompt. Strauss souligne la connaissance approfondie qu'avait Machiavel de Cicéron et la manière systématique dont il en inverse les positions sur la vertu, la loi naturelle, la concorde civique.

  • slug: schmitt

role: heritier description: | Carl Schmitt, contemporain de Strauss à Berlin au début des années 1930, partage avec lui certaines préoccupations sur le théologico-politique. Strauss avait commenté la Notion de politique de Schmitt en 1932. Les deux penseurs, bien que divergeant politiquement (Schmitt nazi, Strauss exilé juif), dialoguent à distance sur les questions de fondation politique, d'État, de souveraineté. Schmitt a lui-même écrit sur Machiavel dans une perspective différente mais croisable. ```

Synthèse pour validation

  • Niveau de difficulté proposé : 5/5
  • Justification du niveau : Œuvre majeure de l'herméneutique politique du XXᵉ siècle, supposant la maîtrise préalable de Machiavel (Prince et Discours), de la philosophie politique classique (Platon, Aristote, Cicéron, Thomas d'Aquin), de la pensée moderne (Hobbes, Rousseau, Kant, Nietzsche), et une familiarité avec la méthode straussienne d'herméneutique ésotérique. Plus de 350 pages d'une lecture lente et serrée. Prérequis lourds. Réservé aux lecteurs spécialisés.
  • Longueur : environ 3 300 mots de prose hors YAML
  • Auteur : leo-strauss (slug canonique confirmé).
  • Philosophes associés référencés : 8 (tous slugs canoniques en base) - leo-strauss (auteur), machiavel, platon, aristote, thomas-d-aquin, socrate, ciceron (interlocuteurs), schmitt (héritier).
  • Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : virtù, fortune, esoterisme, exoterisme, premiere-vague-de-la-modernite, lecture-serree, modernite-philosophique, droit-naturel.
  • Courants associés (en base seulement) : aucun. Straussisme, philosophie-politique-classique, neo-conservatisme, herméneutique-ésotérique : tous absents. Bloc YAML courants_associes: retiré (vide).
  • Citations vérifiées et sourcées : 4 citations, présentées comme paraphrases fidèles des thèses centrales de l'ouvrage.
  • Points d'incertitude :
  • Date 1958 chez The Free Press à Glencoe (Illinois) : confirmée.
  • Réédition Greenwood Press 1978 et University of Chicago Press 1995 : confirmées.
  • Traduction française Payot 1982 par Edmond et Stern : confirmée.
  • Strauss à Chicago (Robert Maynard Hutchins Distinguished Service Professorship) de 1949 à 1968 : confirmé.
  • Mort de Strauss 18 octobre 1973 à Annapolis (Maryland) : confirmée.
  • Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
  • Concepts : virtù (URGENT, concept machiavélien central), fortune (URGENT), esoterisme (URGENT, concept straussien central), exoterisme, premiere-vague-de-la-modernite, lecture-serree, modernite-philosophique, droit-naturel, theologico-politique, prince-moderne (Gramsci).
  • Courants : straussisme, philosophie-politique-classique, neo-conservatisme, herméneutique-ésotérique, républicanisme-civique, humanisme-civique, école-de-Cambridge (Skinner, Pocock).
  • Philosophes mentionnés sans fiche existante : Hermann Cohen (URGENT, néokantien, maître de Strauss à Marburg), Paul Natorp (néokantien), Ernst Cassirer déjà en base ✓, Edmund Husserl (URGENT, phénoménologue, maître de Strauss à Fribourg), Martin Heidegger (URGENT, maître de Strauss à Fribourg), Maïmonide déjà en base ✓ comme maimonide, Al-Fârâbî déjà en base ✓ comme al-farabi, Gershom Scholem (judéo-allemand, ami de Strauss), Pierre Manent (URGENT, philosophe politique français straussien), Heinrich Meier (philosophe allemand straussien), Allan Bloom (URGENT, élève principal de Strauss), Harvey Mansfield (URGENT, straussien de Harvard), Joseph Cropsey, Stanley Rosen, Werner Dannhauser, Hilail Gildin, Seth Benardete (autres straussiens), Quentin Skinner (URGENT, école de Cambridge, lecture républicaine), J.G.A. Pocock (URGENT, école de Cambridge), Maurizio Viroli (lecture républicaine), Sebastian de Grazia (biographe de Machiavel), Sheldon Wolin (politologue américain), Eric Voegelin (URGENT, philosophe politique judéo-allemand exilé), Carnes Lord, Abram Shulsky (néo-conservateurs), William Kristol, Paul Wolfowitz (néo-conservateurs politiques), Shadia Drury, Anne Norton (critiques de Strauss), Robert Pippin, Myles Burnyeat (critiques philosophiques), Ugo Foscolo, Pasquale Villari (critiques italiens), Benedetto Croce (URGENT déjà mentionné dans le lot 10 pour Gramsci), Tite-Live (historien romain, source de Machiavel), Polybe (historien grec, source de Machiavel pour la théorie des régimes mixtes).
  • Œuvres mentionnées sans fiche existante : Le Prince (Machiavel, 1513-1514, URGENT), Discours sur la première décade de Tite-Live (Machiavel, 1517-1518, URGENT), Natural Right and History (Strauss, 1953, URGENT), La Persécution et l'art d'écrire (Strauss, 1952), La Cité et l'homme (Strauss, 1964), Socrate et Aristophane (Strauss, 1966), Xénophon sur Socrate (Strauss, 1972), Machiavelli's New Modes and Orders (Mansfield, 1979), Machiavelli's Virtue (Mansfield, 1996), The Machiavellian Moment (Pocock, 1975), Cours familier de philosophie politique (Manent, 2001), Naissances de la politique moderne (Manent, 1977), La Notion de politique (Schmitt, 1932), Politics and Vision (Wolin, 1960).
  • Lieux : Chicago (URGENT, lieu d'enseignement de Strauss), Marburg (lieu de formation auprès de Cohen et Natorp), Hambourg (lieu de formation auprès de Cassirer), Fribourg (lieu de formation auprès de Husserl et Heidegger), Berlin (Akademie der Wissenschaft du Judentums), Paris (premier exil), Cambridge Angleterre (deuxième exil), New York (New School for Social Research), Annapolis Maryland (lieu de la dernière année et de la mort), Kirchhain (lieu de naissance), Florence (lieu de vie de Machiavel).
  • Sources consultées : Wikipédia EN FR, Stanford Encyclopedia of Philosophy (notices Strauss, Machiavelli), Leo Strauss Center University of Chicago, Heinrich Meier.