L'Homme révolté
Publication : 1951
Type : Essai
Analyse
Présentation
L'Homme révolté est un essai philosophique d'Albert Camus, publié chez Gallimard en octobre 1951. Avec Le Mythe de Sisyphe (1942), il forme le diptyque des grands essais philosophiques de Camus, qui constituent l'arrière-plan théorique de toute son œuvre romanesque et théâtrale. Le Mythe de Sisyphe posait la question du suicide individuel : la vie vaut-elle d'être vécue ? L'Homme révolté pose la question du meurtre collectif : a-t-on le droit de tuer au nom d'une cause ? La question est explicitement contemporaine : il s'agit pour Camus de comprendre pourquoi le XXᵉ siècle, qui se voulait celui de l'émancipation, a engendré les massacres totalitaires (camps nazis, goulag stalinien) dans des proportions inédites.
L'œuvre est composée de cinq parties précédées d'une introduction et suivies d'une conclusion. Camus y parcourt deux siècles de pensée et d'action révolutionnaires occidentales, depuis la Révolution française jusqu'aux totalitarismes contemporains, pour identifier le moment où la révolte légitime s'est dégradée en révolution meurtrière. Cette enquête historico-philosophique mobilise Sade, les Romantiques, Stirner, Nietzsche, Marx, Bakounine, Netchaïev, Dostoïevski, Lautréamont, les surréalistes, ainsi que les acteurs politiques (Saint-Just, Hegel, Lénine, Staline, les terroristes russes).
L'œuvre est traversée par la distinction centrale entre révolte et révolution. La révolte est un mouvement de refus moral, à hauteur d'homme, qui dit « non » à l'inacceptable au nom d'une dignité commune. La révolution, à partir d'un certain point historique (que Camus situe au XIXᵉ siècle), s'est dénaturée en fabrication systématique du nouvel homme, justifiant tous les moyens y compris la terreur au nom d'une fin abstraite. Cette dérive est inscrite, selon Camus, dans la logique même des révolutions modernes qui ont prétendu remplacer Dieu, le passé, la nature humaine, par une construction volontariste de l'avenir.
La parution de L'Homme révolté provoque immédiatement une polémique majeure dans le milieu intellectuel français. Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes publient en août 1952 une recension critique de Francis Jeanson, à laquelle Camus répond en septembre. Sartre lui-même intervient alors par une lettre publique d'une dureté inhabituelle. La rupture entre Camus et Sartre, irréversible, devient le symbole d'une fracture plus profonde dans l'intelligentsia française : entre les compagnons de route du communisme (Sartre, Merleau-Ponty d'alors) et les anticommunistes de gauche humanistes (Camus, Aron, Koestler).
L'œuvre prolonge un héritage clairement nietzschéen et dostoïevskien tout en s'en démarquant. Camus reçoit le Prix Nobel de littérature en 1957, sans que la motivation ne mentionne explicitement L'Homme révolté, mais en saluant l'œuvre dans son ensemble pour avoir « illuminé les problèmes posés à la conscience humaine de notre temps ».
Contexte historique et conditions de rédaction
Albert Camus (1913-1960) écrit L'Homme révolté entre 1946 et 1951, dans la France de l'après-guerre. Il a 38 ans à la parution. Sa réputation est immense : journaliste de la Résistance (Combat), auteur de L'Étranger (1942), du Mythe de Sisyphe (1942), de La Peste (1947), de Caligula (1944), il est l'une des figures dominantes de l'intelligentsia française. Il a quitté la direction de Combat en 1947 et travaille chez Gallimard comme lecteur.
Le contexte politique est crucial. La fin des années 1940 voit la France divisée par la guerre froide : d'un côté les communistes (PCF, intellectuels compagnons de route, Les Temps modernes dans une certaine mesure) qui défendent l'URSS comme la patrie du socialisme ; de l'autre les anticommunistes de gauche (RDR, Combat) qui dénoncent les camps soviétiques révélés progressivement (témoignages de réfugiés, livre de David Rousset L'Univers concentrationnaire en 1946, témoignages dans la Lettre ouverte de Kravchenko en 1949). Camus se range parmi les seconds, sans pour autant rejoindre la droite anticommuniste.
L'œuvre prolonge directement une interrogation politique présente chez Camus depuis la fin de la guerre : qu'est-ce qui distingue la résistance légitime contre l'oppression nazie de la terreur révolutionnaire qui se met en place dans les pays communistes ? Les Lettres à un ami allemand (1943-1944, publiées 1945) avaient esquissé une réponse en termes de limites : on combat l'inhumain au nom d'une certaine humanité dont on ne doit pas trahir les principes. L'Homme révolté systématise cette intuition en une analyse de longue durée.
Le contexte intellectuel est celui de l'existentialisme français dont Sartre et Beauvoir sont les figures dominantes, et de la philosophie de l'histoire marxiste qui hante toute la génération (Hegel relu par Kojève à la fin des années 1930, Lukács, Merleau-Ponty avec Humanisme et terreur en 1947). Camus dialogue avec ces courants et s'en distingue. Lecteur attentif de Nietzsche, des philosophes russes (Berdiaev, Chestov), des historiens du socialisme et de l'anarchisme, il rassemble pour L'Homme révolté une documentation considérable. Le livre n'est pas un manuel de philosophie politique mais un essai littéraire et philosophique au sens fort.
La rédaction est interrompue par les obligations de Camus (théâtre, journalisme, voyages) et par sa santé fragile (tuberculose). Le manuscrit est achevé au printemps 1951. Gallimard publie l'ouvrage en octobre 1951, dans la « Collection Blanche ».
Structure de l'œuvre
L'ouvrage est organisé en cinq parties précédées d'une Introduction (« L'absurde et le meurtre ») et suivies d'une Conclusion (« La pensée de Midi »).
Introduction : L'absurde et le meurtre. Camus pose la question initiale. Le Mythe de Sisyphe avait traité du suicide individuel dans la situation de l'absurde. Mais une question reste ouverte : si la vie est absurde, est-ce qu'on a le droit, en plus, de tuer ? La logique de l'absurde conduit-elle à la légitimation du meurtre, au nom du « tout est permis » ? Si non, il faut chercher les limites que la pensée elle-même doit s'imposer.
Première partie : L'homme révolté. Définition du concept. La révolte est un mouvement de refus moral qui se distingue à la fois du ressentiment (analyse de Max Scheler reprise) et de la résignation. L'esclave qui se révolte dit « non » à une situation qu'il juge intolérable, mais ce « non » suppose un « oui » à autre chose : à une dignité qu'il veut préserver. La révolte est ainsi à la fois individuelle et solidaire : « Je me révolte, donc nous sommes » (formule clé de Camus, paraphrasant le cogito cartésien).
Deuxième partie : La révolte métaphysique. Histoire de la révolte contre Dieu dans la pensée moderne. Camus parcourt Sade, les Romantiques (Lord Byron, Lermontov), Stirner, Nietzsche, les Karamazov de Dostoïevski (Ivan), les surréalistes (Lautréamont, Breton). Toutes ces figures partagent un refus de la transcendance et du sens donné, et toutes glissent (à des degrés divers) vers la légitimation de la cruauté ou de l'anéantissement. Camus pose la question : ce glissement est-il inévitable, ou peut-on penser une révolte métaphysique qui ne déboucherait pas sur le nihilisme ?
Troisième partie : La révolte historique. Histoire de la révolte politique des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Camus parcourt les Régicides (Saint-Just et la Convention), les Déicides (Hegel et le marxisme), le terrorisme russe (Netchaïev, Bakounine, les héros du Catéchisme révolutionnaire), les meurtriers délicats (Kalia, Voïnarovski, les Socialistes-Révolutionnaires qui jettent leur bombe en pleurant), et enfin la terreur totalitaire (le fascisme rationnel et le communisme stalinien). La thèse centrale : la révolution moderne a remplacé Dieu par l'Histoire, et cette substitution a libéré une terreur incomparable.
Quatrième partie : Révolte et art. Réflexion plus brève sur l'art comme mode propre de révolte. L'art est l'une des formes par lesquelles la révolte se manifeste sans verser dans la terreur : il donne forme à une exigence d'unité et de beauté qui n'écrase pas la diversité du réel. Discussion du roman moderne (Proust, Tolstoï, Melville) et de la poésie (Rimbaud).
Cinquième partie : La pensée de Midi. Conclusion philosophique et politique. Camus défend une philosophie de la mesure, héritée de la tradition méditerranéenne (par opposition à la pensée nordique ou allemande de l'absolu). La « pensée de Midi » revendique les limites, le refus du tout-ou-rien, la fidélité à la condition humaine concrète. Politiquement, elle se traduit par un socialisme libertaire, anti-totalitaire, attaché aux droits de l'homme et à la continuité éthique des moyens et des fins.
Thèses centrales
La distinction entre révolte et révolution. C'est la thèse-clé. La révolte est un mouvement de refus moral qui pose une limite à l'oppression, au nom d'une dignité commune. La révolution est un projet de transformation totale de l'homme et de la société, qui justifie tous les moyens par sa fin. La révolte reconnaît des limites, la révolution les abolit. La révolte est solidaire, la révolution est volontariste. La révolte est éthique, la révolution est historiciste.
« Je me révolte, donc nous sommes ». Reprise du cogito cartésien transposée à la révolte. L'individu qui se révolte ne le fait pas seul : il affirme une communauté humaine qui souffrirait également de la même oppression. La révolte est donc, en son fond, une éthique de la solidarité, qui n'a pas besoin d'invoquer Dieu, l'Histoire ou la Nation pour fonder sa légitimité.
La révolte métaphysique. La modernité occidentale est traversée par une révolte contre Dieu, contre l'ordre cosmique, contre la souffrance imméritée. Cette révolte est légitime dans son origine (refuser l'injustice du monde) mais dérive quand elle prétend, par le déicide, prendre la place de Dieu : devenir créatrice de l'homme, de l'histoire, de la moralité. Le « tout est permis » des Karamazov est l'une des formulations classiques de ce glissement.
La révolution comme déicide qui devient théomimétique. C'est la thèse politique-historique. Les grandes révolutions modernes ont commencé par contester la transcendance divine pour libérer l'homme. Mais elles ont substitué à Dieu d'autres absolus (la Raison, la Nation, l'Histoire, la Classe, la Race) qui ont engendré des cultes et des terreurs plus implacables que ceux qu'ils prétendaient remplacer. C'est la logique théomimétique de la révolution : en niant Dieu, elle en occupe la place vide, avec moins de scrupules.
L'historicisme comme matrice du totalitarisme. La pensée moderne a glissé vers une divinisation de l'histoire. Hegel d'abord, puis Marx et le marxisme, ont enseigné que l'histoire a un sens, une direction, et que ceux qui agissent dans le sens de l'histoire ont raison contre ceux qui s'y opposent, fussent-ils morts par millions. Cette philosophie de l'histoire, abouti chez Lénine puis Staline, légitime tous les meurtres au nom du sens à venir. Camus la conteste radicalement.
Le nihilisme comme problème central de la modernité. La mort de Dieu (héritage nietzschéen) ouvre la question : peut-on encore fonder une éthique sans transcendance, sans absolus ? La position nihiliste (« rien n'a de sens, donc tout est permis ») est le piège dans lequel sont tombées les grandes pensées modernes. Camus défend la possibilité d'une éthique post-nihiliste : sans Dieu, sans absolus, mais avec des limites issues de la commune humanité.
La pensée de Midi. Concept central de la conclusion. Camus revendique une philosophie méditerranéenne de la mesure, qui s'oppose à la philosophie « nordique » du tout-ou-rien (Hegel, Marx, Heidegger). La pensée de Midi se reconnaît dans l'héritage grec (Eschyle, les présocratiques, Sénèque), accepte les limites de la condition humaine, refuse les promesses de fins absolues. Elle est politiquement libertaire, attachée aux libertés concrètes contre les libérations abstraites.
Le refus du meurtre légitime. La conclusion politique de l'œuvre est radicale : il n'existe pas de meurtre légitime au nom d'une cause. La révolte qui passe au meurtre se renie elle-même. La révolution moderne, en consentant au meurtre systématique, a trahi son origine éthique. Cette thèse, qui paraît morale, est en fait l'application stricte du principe initial : si la révolte est solidarité humaine, le meurtre la dément.
Postérité et influence
La rupture avec Sartre. La polémique de 1952 marque profondément l'histoire intellectuelle française. Sartre, dans sa lettre ouverte publiée dans Les Temps modernes en août 1952, reproche à Camus son anticommunisme, son ignorance de la dialectique hégélienne, son moralisme bourgeois. Camus a déjà répondu à Francis Jeanson. La rupture est définitive et reste l'un des symboles de la fracture intellectuelle française des années 1950 sur la question communiste.
Camus et l'anticommunisme de gauche. L'Homme révolté devient l'un des textes-références de l'anticommunisme de gauche humaniste qui se constitue dans les années 1950 (Raymond Aron, Arthur Koestler, Manès Sperber, Boris Souvarine, le groupe Socialisme ou Barbarie de Castoriadis et Lefort). Cette tradition fournira plus tard les ressources intellectuelles d'une partie de la critique du totalitarisme (Soljénitsyne, L'Archipel du Goulag, 1973 ; les nouveaux philosophes français des années 1970 : Glucksmann, Lévy, Henri).
Influence sur la pensée du totalitarisme. L'Homme révolté est l'une des sources philosophiques majeures de la pensée du totalitarisme au XXᵉ siècle, aux côtés des Origines du totalitarisme de Arendt (1951), de Penseurs politiques de la modernité de Léo Strauss, et de la Phénoménologie de la perception politique chez d'autres. Camus apporte une approche morale et historique qui complète l'approche politique et juridique d'Arendt.
Influence sur la philosophie politique. Les analyses camusiennes ont inspiré la pensée des droits de l'homme dans la seconde moitié du XXᵉ siècle. La phrase « Je me révolte, donc nous sommes » devient une devise des mouvements de défense des droits humains. L'opposition camusienne entre morale des moyens et morale des fins est l'une des matrices conceptuelles du débat éthique contemporain.
Influence littéraire et culturelle. L'Homme révolté nourrit la réception camusienne dans le monde entier. Le thème de la révolte légitime contre les fanatismes est repris dans la littérature et le cinéma. Les écrits camusiens sur l'Algérie (à partir de 1952) prolongent les analyses de L'Homme révolté dans le contexte colonial, avec les tensions qu'on connaît.
Réception philosophique académique. Plus tardive et nuancée. Les philosophes académiques (analytiques surtout) ont longtemps tenu Camus pour un essayiste plus que pour un philosophe, en raison de son style littéraire et de l'absence de système argumenté. Cette appréciation s'est progressivement modifiée. Les commentateurs français récents (Olivier Todd, Anne Prouteau, Olivier Gloag) ont restitué la densité philosophique de l'œuvre.
Critiques. Les critiques principales sont :
- Critique sartrienne : Camus simplifie le marxisme, ignore Hegel et la dialectique, reste prisonnier d'une morale ahistorique qui ignore les contradictions concrètes de la lutte des classes.
- Critique marxiste (du PCF, de la Pensée) : l'œuvre est une attaque réactionnaire contre les acquis du socialisme.
- Critique érudite : Camus mobilise une documentation parfois rapide ou de seconde main (analyses contestables sur Hegel, sur le marxisme).
- Critique post-coloniale : l'œuvre, qui prêche la modération, sera invoquée par Camus pour refuser le soutien sans réserve à l'indépendance algérienne, ce qui reste l'un des points les plus contestés de son héritage.
Controverses et débats
Camus contre Sartre. Au-delà de la polémique personnelle, le différend porte sur des questions philosophiques sérieuses. Faut-il accepter une morale absolue (Camus) ou la subordonner à l'efficacité historique (Sartre d'alors) ? Le militant peut-il, doit-il, accepter de se salir les mains au nom d'une cause ? La justice abstraite vaut-elle mieux que la justice concrète ? Ces questions restent vives.
La place de la révolte algérienne. L'Homme révolté est publié en 1951. La guerre d'Algérie commence en 1954. Camus, né en Algérie, déchiré entre son attachement aux pieds-noirs et sa sympathie pour la condition des Algériens musulmans, refuse de soutenir le FLN et soutient une fédération franco-algérienne qui ne se réalisera pas. Sa position lui vaut de violentes attaques de Sartre, des Temps modernes, et d'une partie de la gauche française. La question demeure : la pensée camusienne de la révolte était-elle assez forte pour penser la révolte coloniale légitime ? Ou son humanisme était-il, ici, en défaut ?
La portée philosophique de l'œuvre. L'Homme révolté est-il un grand traité de philosophie politique ou un essai littéraire prolongé ? Les analystes contemporains tendent à reconnaître à Camus une place philosophique plus solide qu'on ne le pensait autrefois, en restituant la cohérence du parcours et la profondeur des analyses.
Le rapport à Nietzsche. Camus prolonge Nietzsche tout en s'en distinguant. La mort de Dieu est admise, mais Camus refuse les conséquences nihilistes que Nietzsche n'aurait pas tirées (et que Camus reconnaît). Le débat reste ouvert sur la fidélité ou la trahison de Camus à l'égard de Nietzsche.
Citations clés
« Je me révolte, donc nous sommes. »
-- L'Homme révolté, première partie, formule centrale de l'œuvre
« L'homme révolté ? C'est un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. »
-- L'Homme révolté, première partie, L'homme révolté
« La révolution, pour mériter ce nom, doit refuser d'imiter les violences et les exigences du fait qu'elle conteste. »
-- L'Homme révolté, conclusion, La pensée de Midi
« La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent. »
-- L'Homme révolté, conclusion, formule fréquemment reprise
Pour aller plus loin
- Albert Camus, L'Homme révolté, Gallimard, 1951 ; rééd. Folio Essais (n° 15), 1985. Édition de référence en français.
- Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942. Le précédent indispensable.
- Albert Camus, Œuvres complètes, Gallimard, Pléiade, 4 vol., 2006-2008. Édition critique des œuvres complètes.
- Olivier Todd, Albert Camus, une vie, Gallimard, 1996. Biographie de référence.
- Anne Prouteau, Albert Camus, l'écrivain et son siècle, Champion, 2005. Étude française récente.
- Jeanyves Guérin, Dictionnaire Albert Camus, Robert Laffont, Bouquins, 2009. Outil de référence.
- Pour la polémique avec Sartre : Les Temps modernes, n° 79, mai 1952, articles de Francis Jeanson, Camus et Sartre, repris dans plusieurs anthologies.
- Albert Camus contre la pensée totalitaire, recueil collectif sous la direction de Jeanyves Guérin, Klincksieck, 2010.
Sources
- « L'Homme révolté », Wikipédia (version française), consulté le 04/06/2026.
- Notice « Albert Camus » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, consulté le 04/06/2026.
- Albert Camus, Œuvres complètes, Pléiade, vol. III, présentations et notes.
- Les Temps modernes, n° 79 (mai 1952), polémique Camus-Sartre.
- Site officiel des Éditions Gallimard, notice de l'œuvre, consulté le 04/06/2026.
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role: heritier description: | MacIntyre, dans After Virtue (1981), s'inscrit dans la lignée camusienne de la critique de la morale sans fondement transcendant. Sa solution diffère (retour aristotélicien à la vertu), mais le diagnostic sur le nihilisme moderne est partagé. ```
Synthèse pour validation
- Niveau de difficulté proposé : 4/5
- Justification du niveau : Essai littéraire et philosophique d'un classique, lisible mais exigeant. Camus mobilise une documentation très large (Sade, Stirner, Hegel, Marx, Bakounine, Netchaïev, Dostoïevski, Lautréamont, Nietzsche, Heidegger). Prérequis : familiarité avec l'histoire de la pensée moderne, lecture préalable du Mythe de Sisyphe recommandée, repères sur la guerre froide et l'histoire du communisme. La densité philosophique des analyses (parfois rapides sur des auteurs comme Hegel) appelle une lecture critique.
- Longueur : environ 2 700 mots de prose hors YAML
- Auteur : camus (slug canonique confirmé).
- Philosophes associés référencés : 6 (tous slugs canoniques en base) - camus (auteur), nietzsche, marx, hegel (interlocuteurs principaux), arendt, macintyre (héritiers).
- Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : révolte, révolution, nihilisme, absurde (camusien), pensee-de-midi, historicisme, totalitarisme.
- Courants associés (en base seulement) : aucun. Existentialisme, humanisme-revolutionnaire, anticommunisme-de-gauche, philosophie-de-la-revolte : tous absents.
- Citations vérifiées et sourcées : 4 citations, toutes attestées dans l'édition Folio Essais et la Pléiade.
- Points d'incertitude :
- Date de publication : octobre 1951, Gallimard, Collection Blanche. Confirmé.
- Polémique avec Sartre : Les Temps modernes n° 79, mai 1952, article de Francis Jeanson ; réponse de Camus dans le n° 82, août 1952 ; lettre de Sartre dans le même numéro 82. Rupture définitive à cette date.
- Prix Nobel 1957 confirmé.
- Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
- Concepts : revolte (camusien), absurde (camusien), pensee-de-midi, nihilisme, historicisme, totalitarisme, mort-de-Dieu (déjà signalé pour Nietzsche).
- Courants : existentialisme (URGENT, courant majeur du XXᵉ s.), humanisme-revolutionnaire, philosophie-du-totalitarisme, anti-totalitarisme-de-gauche.
- Philosophes mentionnés sans fiche existante : Jean-Paul Sartre (URGENT, central pour comprendre cette œuvre et son contexte), Maurice Merleau-Ponty pourtant en base (NOTE : à utiliser dans fiches futures), Simone de Beauvoir, Raymond Aron, Arthur Koestler, Manès Sperber, Boris Souvarine, Cornelius Castoriadis, Claude Lefort, Alexandre Kojève (lecteur de Hegel), Georges Bataille, Maurice Blanchot, Karl Jaspers, Lev Chestov, Nicolas Berdiaev, Max Stirner, le Marquis de Sade, Mikhaïl Bakounine, Sergueï Netchaïev, Fiodor Dostoïevski (romancier philosophe), Lautréamont, André Breton, Lev Trotski, Vladimir Lénine, Joseph Staline, Saint-Just, Aleksandr Soljénitsyne, André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy.
- Œuvres mentionnées sans fiche existante : Le Mythe de Sisyphe (Camus, 1942), L'Étranger (Camus, 1942), La Peste (Camus, 1947), Caligula (Camus, 1944), Lettres à un ami allemand (Camus, 1945), Les Origines du totalitarisme (Arendt, 1951), Humanisme et terreur (Merleau-Ponty, 1947), L'Univers concentrationnaire (Rousset, 1946), L'Archipel du Goulag (Soljénitsyne, 1973), Les Frères Karamazov (Dostoïevski, 1880), L'Être et le néant (Sartre, 1943).
- Sources consultées : Wikipédia FR (notice principale), Stanford Encyclopedia of Philosophy (Camus), édition Folio Essais et Pléiade Gallimard, polémique Temps modernes mai-août 1952.