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Maurice Merleau-Ponty - Philotopie

Maurice Merleau-Ponty

14 mars 1908 - 3 mai 1961 17 min de lecture

Difficulté : 4/5

Biographie

Maurice Merleau-Ponty naît le 14 mars 1908 à Rochefort-sur-Mer, en Charente-Maritime, dans une famille de la bourgeoisie catholique. Son père meurt en 1913, alors qu'il a cinq ans. Il est élevé par sa mère, qu'il évoquera comme une figure profondément aimée.

Formation

Élève brillant, Merleau-Ponty entre à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1926, où il appartient à une promotion exceptionnelle qui compte aussi Jean-Paul Sartre, Paul Nizan, Raymond Aron, Simone de Beauvoir (qui sera l'amie de toute la vie). Il y reçoit l'enseignement de Léon Brunschvicg. Il est reçu à l'agrégation en 1930.

C'est durant ses études qu'il découvre la phénoménologie d'Edmund Husserl, dont il sera l'un des plus grands lecteurs français. La phénoménologie devient le cadre dans lequel il pense, qu'il prolonge et qu'il transforme.

Enseignement et résistance

Merleau-Ponty enseigne d'abord dans plusieurs lycées (Beauvais, Chartres, Paris), puis devient maître-assistant à l'ENS en 1935. Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la Résistance dans le réseau « Socialisme et liberté » fondé par Sartre. Cette expérience commune marquera leur amitié et leur collaboration intellectuelle.

Les œuvres de la maturité

En 1942 paraît son premier livre, La Structure du comportement, aux PUF. Merleau-Ponty y critique le béhaviorisme et la psychologie de la forme, et amorce sa propre pensée du corps et du sens. En 1945 paraît son œuvre majeure, Phénoménologie de la perception, chez Gallimard, qui le consacre comme l'un des grands phénoménologues européens.

La même année, avec Sartre, Beauvoir, Raymond Aron et d'autres, il cofonde la revue Les Temps modernes, dont il sera longtemps l'un des principaux animateurs. Il y exerce une rôle décisif sur les éditoriaux politiques, particulièrement quand Sartre est absent.

Le Collège de France

Merleau-Ponty est professeur à l'université de Lyon (1945-1949), puis chargé de la chaire de psychologie de l'enfant à la Sorbonne (1949-1952). En 1952, il est élu à la chaire de philosophie du Collège de France, où il succède à Louis Lavelle. Il y enseignera jusqu'à sa mort, donnant des cours qui prolongent son œuvre publiée et qui ont fait l'objet d'éditions posthumes.

La rupture avec Sartre

L'amitié et la collaboration avec Sartre se rompent en 1953 autour de la question communiste. Merleau-Ponty, qui avait soutenu, dans Humanisme et terreur (1947), une attitude « attentiste » face à l'URSS, prend ses distances avec le marxisme après les révélations sur les camps soviétiques et la guerre de Corée. Dans Les Aventures de la dialectique (1955), il critique l'« ultra-bolchévisme » sartrien. Sartre lui répondra avec sévérité. Les deux philosophes se réconcilieront plus tard, sans renouer pleinement.

Les derniers travaux

Dans les années 1950, Merleau-Ponty s'ouvre à de nouvelles interrogations : la peinture (notamment Cézanne, qu'il avait déjà commenté en 1945), le langage (en dialogue avec Saussure), la politique, et surtout une ontologie nouvelle dont Le Visible et l'Invisible sera l'esquisse. Il prend ses distances avec certaines positions de la Phénoménologie de la perception, qu'il juge trop dépendantes de la « conscience » et du « sujet ». Sa pensée tardive cherche une autre voie, plus proche de l'expression artistique et d'une ontologie de la « chair ».

Sa mort interrompt brutalement ce travail. Maurice Merleau-Ponty meurt à Paris le 3 mai 1961, d'une crise cardiaque, à 53 ans, sur sa table de travail, en train de lire Descartes. Ses textes inachevés, Le Visible et l'Invisible (édité par Claude Lefort, 1964) et La Prose du monde (édité par Claude Lefort, 1969), seront publiés à titre posthume.

Pensée principale

L'œuvre de Merleau-Ponty est traversée par une intuition centrale : notre rapport au monde n'est pas d'abord celui d'une conscience désincarnée face à des objets extérieurs, mais celui d'un corps vivant pris dans un monde qu'il habite avant de le penser. Cette intuition simple, qu'il prolonge contre toute la tradition dualiste héritée de Descartes, conduit à refonder la philosophie de la perception, de l'intersubjectivité, du langage, et finalement, dans son œuvre tardive, l'ontologie elle-même.

Contre le dualisme cartésien

Le point de départ critique de Merleau-Ponty est le dualisme cartésien (l'âme pensante face au corps étendu) et ses prolongements modernes : le positivisme scientifique qui réduit l'expérience à des processus objectifs, et l'intellectualisme qui la reconduit à des opérations de la conscience. Ces deux positions, en apparence opposées, partagent un même présupposé : il y aurait un je qui survole le monde et un monde qui lui fait face. Merleau-Ponty entreprend de défaire ce présupposé.

La primauté de la perception

Phénoménologie de la perception (1945) place au cœur de la philosophie ce que la tradition avait reléguée à la marge : la perception ordinaire, ce que je vois, ce que je touche, ce que je sens, avant tout effort réflexif. La perception n'est ni une simple réception passive de sensations (comme dans l'empirisme), ni une construction de la conscience à partir de jugements (comme dans l'intellectualisme kantien ou husserlien). Elle est un dialogue muet du corps avec le monde, où je saisis d'emblée les choses comme significatives, comme à portée, comme inscrites dans un horizon.

L'analyse phénoménologique de la perception révèle qu'elle est toujours située : je perçois d'ici, depuis mon corps, avec un certain arrière-plan, dans un certain horizon. La chose perçue n'est jamais donnée sous tous ses aspects à la fois : un cube n'est jamais vu sous ses six faces, mais il n'en est pas moins perçu comme cube. Cette perception est un acte de mon corps en prise sur le monde.

Le corps propre

Le concept central de la phénoménologie merleau-pontyenne est celui de corps propre (parfois traduit par « corps vécu »). Le corps propre n'est ni un objet parmi d'autres objets (comme le corps étudié par la science), ni un pur instrument au service d'une âme. Il est le sujet même de l'expérience, ce par quoi je suis au monde. Mon corps n'est pas un objet pour moi : il est ce avec quoi je perçois, ce avec quoi j'habite l'espace, ce avec quoi je rencontre les autres.

Merleau-Ponty mobilise des exemples cliniques (à partir des travaux du neurologue Kurt Goldstein, notamment le cas du patient Schneider, blessé de guerre) pour montrer comment l'intentionnalité corporelle structure le monde perçu et l'action. Il invente la notion de schéma corporel pour désigner ce savoir implicite que le corps a de lui-même, et qui rend possibles ses opérations dans le monde sans qu'il ait besoin de se représenter explicitement.

L'être-au-monde

Reprenant et transformant le concept heideggérien d'être-au-monde, Merleau-Ponty montre que je suis au monde avant de penser le monde. Cette antériorité n'est pas chronologique mais structurelle : il y a toujours déjà un monde pour moi, et je suis toujours déjà en lui, comme corps. Cet être-au-monde précède la distinction sujet/objet et la fonde, plutôt qu'il n'en dérive.

L'intersubjectivité

Comment je rencontre autrui ? Pas par analogie (je vois un corps qui ressemble au mien, donc je suppose une conscience analogue à la mienne), comme le supposait une tradition longue. Pour Merleau-Ponty, autrui me touche directement, dans le geste, dans le regard, dans la parole. Le sourire d'autrui me fait sourire ; sa colère me trouble. Cette communication primordiale est plus originaire que le raisonnement par analogie. Le corps propre est ouvert sur d'autres corps, dans une intercorporéité.

Langage et expression

Merleau-Ponty consacre des analyses importantes au langage et à l'expression. Il dialogue avec la linguistique de Saussure : le sens ne vient pas de chaque mot pris isolément, mais des écarts différentiels entre mots, dans un système. Mais Merleau-Ponty refuse de réduire l'expression à un système : la parole vivante invente toujours du sens nouveau, déborde toujours l'institué. Le langage est créateur, comme la peinture est créatrice : il « fait être » ce qu'il dit. Ses analyses de la peinture, notamment de [Cézanne](peintre:cezanne) (Le doute de Cézanne, 1945) et plus tard dans L'Œil et l'Esprit (1961), prolongent cette pensée du sens en train de naître.

Politique

Merleau-Ponty fut un philosophe politique engagé. Il chercha longtemps une voie entre le communisme orthodoxe et le libéralisme bourgeois. Dans Humanisme et terreur (1947), il défend une attitude « attentiste » à l'égard de l'URSS, qu'il abandonne après les révélations sur les camps. Les Aventures de la dialectique (1955) propose une critique du marxisme dogmatique et de l'« ultra-bolchévisme » sartrien, et plaide pour un « nouveau libéralisme » à hauteur du présent.

Sa pensée politique reste marquée par la phénoménologie : la politique se fait dans l'ambiguïté, dans l'incertitude, dans des situations historiques concrètes qu'aucune dialectique ne peut totalement maîtriser. Il insiste sur la responsabilité historique sans absolutisme moral.

Le tournant ontologique : Le Visible et l'Invisible

Dans les dernières années de sa vie, Merleau-Ponty entreprend une refonte de sa propre pensée. Il juge que la Phénoménologie de la perception restait prisonnière du langage de la conscience, du sujet, de l'objet. Il cherche une voie plus profonde, qu'il nomme « ontologie de la chair ».

La notion de chair (la chair du monde) n'est ni la matière, ni l'esprit, ni le corps individuel. C'est l'élément commun par lequel je suis sensible et par lequel le monde se laisse sentir : un tissu unique où voyant et visible se croisent. Quand ma main droite touche ma main gauche, je suis à la fois touchant et touché : cette réversibilité (chiasme) est la structure même de la chair. Le voyant est toujours déjà visible ; le sentant est toujours déjà sensible. Cette ontologie, esquissée dans des notes et dans des chapitres rédigés de Le Visible et l'Invisible, reste inachevée, mais elle a eu une influence considérable.

Une pensée de l'ambiguïté

Toute la philosophie de Merleau-Ponty se tient dans une attention à l'ambiguïté du réel et de notre expérience. Le corps n'est ni objet ni sujet ; la perception n'est ni passive ni active ; le langage n'est ni pure expression ni pur système ; l'histoire n'est ni totalement libre ni totalement déterminée. Cette « philosophie de l'ambiguïté », expression d'Alphonse de Waelhens, n'est pas un compromis paresseux mais une exigence : refuser les fausses oppositions pour rejoindre le tissu même de l'expérience.

Œuvres majeures

L'œuvre de Merleau-Ponty se compose de quelques livres majeurs publiés de son vivant, complétés par d'importants textes posthumes issus de ses cours et de manuscrits inachevés.

La Structure du comportement (1942)

Premier livre, publié aux PUF. Merleau-Ponty y critique le béhaviorisme et la réflexologie en mobilisant la psychologie de la forme et la neurologie de Goldstein. Il amorce une pensée du « sens » au cœur même du comportement, ouvrant la voie à sa phénoménologie de la perception. Texte précieux pour qui veut comprendre la genèse de sa pensée.

Phénoménologie de la perception (1945)

Œuvre majeure, publiée chez Gallimard, qui consacre Merleau-Ponty. Vaste ouvrage qui développe une phénoménologie du corps propre, de l'espace, de la temporalité, de la chose perçue, de la liberté. Reste l'un des grands livres du XXe siècle philosophique.

Humanisme et terreur (1947)

Essai politique sur la question du communisme et de la violence. Merleau-Ponty y soutient une attitude « attentiste » face à l'URSS, qu'il abandonnera plus tard. Texte aujourd'hui contesté mais important pour comprendre la trajectoire intellectuelle de l'auteur et le climat de l'après-guerre.

Sens et non-sens (1948)

Recueil d'articles parus dans Les Temps modernes. Contient notamment « Le doute de Cézanne » (1945), texte fondateur de la philosophie merleau-pontyenne de la peinture, et plusieurs essais politiques.

Les Aventures de la dialectique (1955)

Essai politique majeur, où Merleau-Ponty critique le marxisme dogmatique et notamment l'« ultra-bolchévisme » sartrien. Le livre déclenche la rupture avec Sartre.

Signes (1960)

Recueil d'articles et d'essais (linguistique, anthropologie, politique, philosophie), précédé d'une préface importante qui esquisse les nouvelles orientations de la pensée de Merleau-Ponty.

L'Œil et l'Esprit (1961)

Court essai, l'un des plus beaux et des plus accessibles de Merleau-Ponty, sur la peinture comme accès au visible. Texte testamentaire en quelque sorte, paru peu avant sa mort.

Le Visible et l'Invisible (posthume, 1964)

Œuvre majeure inachevée, éditée par Claude Lefort à partir des manuscrits laissés par Merleau-Ponty. Esquisse de l'ontologie de la chair. Trois chapitres rédigés et de nombreuses notes de travail. Texte exigeant mais central dans la philosophie contemporaine.

La Prose du monde (posthume, 1969)

Manuscrit inachevé sur le langage et l'expression, rédigé vers 1950-1952, abandonné par l'auteur, édité par Claude Lefort.

Cours du Collège de France

Plusieurs cours donnés au Collège de France ont fait l'objet d'éditions posthumes : Résumés de cours, Collège de France 1952-1960 (1968), La Nature (cours 1956-1960, publié 1995), L'Institution. La passivité (cours 1954-1955, publié 2003), Recherches sur l'usage littéraire du langage (cours 1952-1953, publié 2013), parmi d'autres. Ces cours éclairent la maturation de la pensée tardive.

Édition

L'édition française des œuvres de Merleau-Ponty est dispersée entre Gallimard, PUF et Verdier. Une Œuvre en édition critique (Gallimard, collection « Quarto », 2010) regroupe les écrits philosophiques majeurs en un volume accessible.

Postérité et influence

L'influence de Merleau-Ponty, longtemps éclipsée par celle de Sartre puis par le structuralisme et le poststructuralisme, a connu un renouveau important à partir des années 1980, et plus encore au tournant du XXIe siècle. Il apparaît aujourd'hui comme l'un des philosophes français les plus féconds du XXe siècle, et son influence traverse des disciplines très diverses.

L'héritage phénoménologique

Merleau-Ponty est l'héritier de Husserl autant qu'un transformateur radical de la phénoménologie. Sa pensée du corps propre, de l'intersubjectivité, de la chair, a profondément marqué la phénoménologie française : Michel Henry, Henry Maldiney, Renaud Barbaras, mais aussi, plus tard, Jean-Luc Marion, héritent à divers degrés de cet apport. Hors de France, sa réception est immense aux États-Unis (Hubert Dreyfus, Taylor Carman, Sean Kelly) et en Italie (Carlo Sini, Mauro Carbone).

Levinas, Derrida

Levinas entretient avec Merleau-Ponty un dialogue à la fois proche et critique : tous deux héritiers de Husserl, ils s'opposent sur la place de l'éthique. Derrida, dans plusieurs textes (notamment Le toucher, Jean-Luc Nancy, 2000), prolonge et déplace les analyses merleau-pontyennes du toucher et de la chair.

Sciences cognitives et de l'esprit

L'un des héritages les plus inattendus est l'influence de Merleau-Ponty sur les sciences cognitives contemporaines. Francisco Varela, neurobiologiste et fondateur du paradigme « énactionniste », a explicitement revendiqué Merleau-Ponty comme inspiration majeure, dans L'Inscription corporelle de l'esprit (avec Evan Thompson et Eleanor Rosch, 1991). L'idée d'une cognition « incarnée » et « située », qui ne se réduit pas à des calculs symboliques internes mais s'effectue dans le corps en interaction avec l'environnement, doit beaucoup à la phénoménologie merleau-pontyenne. Alva Noë, Shaun Gallagher, Daniel Hutto prolongent ce sillage.

Esthétique et théorie de l'art

L'écriture de Merleau-Ponty sur la peinture, et notamment sur Cézanne, est devenue un texte de référence en esthétique. Hubert Damisch, Georges Didi-Huberman, Carlo Sini, Galen Johnson en ont prolongé l'inspiration. Sa pensée du visible et de l'invisible a marqué la théorie de l'image, le cinéma (notamment chez Vivian Sobchack pour qui le film est une « expérience perceptive ») et la danse.

Anthropologie, sociologie, psychologie

Pierre Bourdieu reconnaît, notamment dans Le Sens pratique (1980), une dette envers Merleau-Ponty pour sa pensée de l'habitus comme savoir corporel implicite. La psychologie clinique, la psychiatrie phénoménologique (Henry Maldiney, Eugène Minkowski, Jean Oury) ont nourri leur pratique d'une lecture serrée de la Phénoménologie de la perception.

Pensée féministe

Plusieurs philosophes féministes (Iris Marion Young, Throwing like a girl, 1980 ; Elizabeth Grosz ; Sara Ahmed) ont mobilisé Merleau-Ponty pour penser le corps comme situation, le corps sexué, l'expérience vécue de la corporéité féminine. La lecture critique discute également les angles morts de sa pensée du corps (sa relative neutralité de genre, parfois critiquée).

Pensée écologique et phénoménologie de la nature

Les Cours sur la Nature au Collège de France, publiés en 1995, ont inspiré une lecture écologique de Merleau-Ponty : son ontologie de la chair, qui inclut les vivants non humains et le milieu, fournit des ressources pour penser un rapport non instrumental au vivant. David Abram, The Spell of the Sensuous (1996), en a fait un usage remarqué.

Une présence renouvelée

Si Merleau-Ponty fut un temps perçu comme un philosophe « du milieu », ni assez radical politiquement à la suite des querelles avec Sartre, ni assez structuraliste pour le tournant des années 1960, son œuvre apparaît aujourd'hui comme l'une des plus riches et des plus actuelles. Sa résistance au dualisme, son attention au corps, à l'art, à la nature, sa pensée de l'ambiguïté, sont des ressources précieuses pour des sciences humaines et une philosophie qui cherchent à dépasser les clivages hérités.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Pascal Dupond, Le Vocabulaire de Merleau-Ponty, Ellipses, 2001. Dictionnaire conceptuel utile pour s'orienter.
  • Stéphanie Ménasé, Maurice Merleau-Ponty, Belin, 2010.
  • Alphonse de Waelhens, Une philosophie de l'ambiguïté. L'existentialisme de Maurice Merleau-Ponty, Nauwelaerts, 1951. Lecture classique, ancienne mais toujours pertinente.
  • Sara Heinämaa, Toward a Phenomenology of Sexual Difference, Rowman, 2003 (en anglais), pour une lecture féministe.

Études approfondies

  • Renaud Barbaras, De l'être du phénomène. Sur l'ontologie de Merleau-Ponty, Millon, 1991. Étude majeure sur le dernier Merleau-Ponty.
  • Étienne Bimbenet, L'animal que je ne suis plus, Gallimard, 2011, et Nature humaine ou science de l'esprit ? Merleau-Ponty entre phénoménologie et sciences humaines, Vrin, 2004.
  • Marc Richir, Phénomènes, temps et êtres. Ontologie et phénoménologie, Millon, 1987.
  • Galen A. Johnson (éd.), The Merleau-Ponty Aesthetics Reader, Northwestern UP, 1993.

Œuvres de Merleau-Ponty : par où commencer

  • L'Œil et l'Esprit (1961) : texte court (une centaine de pages), magnifique, accessible. Probablement la meilleure entrée dans la philosophie merleau-pontyenne.
  • Le doute de Cézanne (dans Sens et non-sens, 1948) : essai court sur la peinture, à lire avec L'Œil et l'Esprit.
  • Éloge de la philosophie (leçon inaugurale au Collège de France, 1953) : court et programmatique.
  • Phénoménologie de la perception (1945) : œuvre majeure. Long, exigeant, mais lisible. Les premières parties (sur le corps, l'espace) sont fondatrices.
  • Le Visible et l'Invisible (1964) : pour la pensée tardive. Texte inachevé, plus difficile, mais riche pour qui veut explorer l'ontologie de la chair.

Sur le débat avec Sartre

  • Humanisme et terreur (1947) et Les Aventures de la dialectique (1955), de Merleau-Ponty.
  • Jean-Paul Sartre, « Merleau-Ponty vivant », Les Temps modernes, 1961 (hommage après sa mort, particulièrement émouvant).

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Maurice Merleau-Ponty » par Donald Landes : synthèse en anglais détaillée.
  • Chiasmi International. Trilingual Studies Concerning Merleau-Ponty's Thought, revue spécialisée trilingue (français, italien, anglais).
  • Le site Merleau-Ponty.fr propose ressources et bibliographies.

Merleau-Ponty est l'un des grands philosophes du XXe siècle accessibles à un lecteur cultivé sans préparation lourde, à condition de commencer par les bons textes. L'Œil et l'Esprit est une porte d'entrée souvent enchanteresse.

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