Lettre sur la tolérance

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Titre original : Epistola de tolerantia / A Letter Concerning Toleration

Publication : 1689 (édition latine à Gouda, traduction anglaise

Type : Essai

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Analyse

Présentation

A Letter concerning Toleration (en français : Lettre sur la tolérance) est un essai politique et théologique de John Locke, publié anonymement en 1689. Le texte est d'abord composé en latin sous le titre Epistola de tolerantia, rédigé pendant l'exil hollandais de Locke (1683-1689) et imprimé à Gouda chez l'éditeur Justus Hoeve à l'automne 1689. Une traduction anglaise par William Popple paraît la même année à Londres chez Awnsham Churchill, sans le consentement de Locke. C'est cette traduction anglaise qui rendra le texte largement accessible et qui en assurera la postérité.

L'ouvrage est court (une cinquantaine de pages dans les éditions modernes) et prend la forme d'une lettre adressée par un ami à un autre ami sur la question de la tolérance religieuse. La forme épistolaire est en partie une convention rhétorique, mais elle correspond aussi à une destination réelle : le destinataire est Philipp van Limborch, théologien remonstrant néerlandais ami de Locke pendant son exil. La Lettre est suivie de trois autres lettres polémiques (A Second Letter Concerning Toleration, 1690 ; A Third Letter for Toleration, 1692 ; A Fourth Letter for Toleration, posthume) en réponse aux attaques du clergyman anglican Jonas Proast.

La thèse centrale de la Lettre est que l'autorité civile ne doit pas se mêler des affaires religieuses, et inversement que les Églises ne doivent pas exercer de coercition civile. Cette séparation entre société politique et société religieuse repose sur trois arguments principaux : (a) la raison épistémologique (la foi sincère ne peut être imposée par la force) ; (b) la raison politique (la fonction de l'État est la protection des biens civils : vie, liberté, propriété, santé) ; (c) la raison théologique (la conscience individuelle est le lieu propre du rapport à Dieu, et nul ne peut s'en remettre à un autre).

L'œuvre est l'un des textes fondateurs de la pensée moderne de la tolérance religieuse et de la laïcité. Elle prolonge des œuvres antérieures (Castellion au XVIᵉ siècle, Spinoza dans le Traité théologico-politique de 1670, Pierre Bayle dans le Commentaire philosophique de 1686) et constitue, avec ces textes, la matrice philosophique des conceptions modernes de la liberté de conscience, telles qu'elles seront consacrées par la Déclaration des droits de l'homme de 1789, la Constitution américaine et plus tard par les déclarations internationales du XXᵉ siècle.

La traduction française de référence est aujourd'hui celle de Jean Le Clerc, contemporain de Locke (parue en 1710), modernisée et accompagnée d'un apparat critique par Jean Fabien Spitz dans son édition de la Lettre sur la tolérance (PUF, 1992 puis GF Flammarion 1992 et 2006). D'autres traductions modernes existent (Raymond Polin, Pierre Coste reprise par Charlélie Couret).

Contexte historique et conditions de rédaction

John Locke (1632-1704) est, en 1689, l'un des intellectuels anglais les plus en vue, malgré une discrétion volontaire dans ses publications. Médecin de formation, il a été le secrétaire et conseiller d'Anthony Ashley-Cooper, futur comte de Shaftesbury, l'un des chefs de l'opposition whig à Charles II. Compromis dans les complots whigs, Locke a dû s'exiler aux Provinces-Unies en 1683, où il vit successivement à Amsterdam, Utrecht, puis Rotterdam, sous des pseudonymes (Lamy, van der Linden), avec une certaine inquiétude pour sa sécurité.

L'exil hollandais (1683-1689) est philosophiquement décisif pour Locke. Il y achève la rédaction de l'Essai sur l'entendement humain (commencé vers 1671, publié en 1690), des Deux Traités du gouvernement civil (publiés en 1690), et de la Lettre sur la tolérance. C'est aussi durant cet exil qu'il découvre la richesse de la vie intellectuelle hollandaise : tolérance religieuse pratique (la République est une des sociétés les plus pluralistes d'Europe), milieu intellectuel cosmopolite (réfugiés huguenots, mennonites, remonstrants, juifs séfarades), libraires et imprimeurs libres.

Le contexte religieux européen est marqué par plusieurs événements récents :

  • La révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV (octobre 1685), qui prive les protestants français de leurs droits et provoque l'exil de 200 000 huguenots à travers l'Europe, dont une partie aux Provinces-Unies.
  • Les persécutions en Angleterre : restoration de l'Église anglicane d'État sous Charles II et Jacques II, lois pénales contre les dissidents (presbytériens, baptistes, quakers, catholiques selon les périodes).
  • Les dragonnades et autres violences religieuses qui marquent l'Europe depuis les guerres de religion.

C'est dans ce contexte que Locke écrit la Lettre sur la tolérance, vraisemblablement entre novembre 1685 et l'hiver 1685-1686 (juste après la révocation de l'édit de Nantes). Le manuscrit est partagé avec ses amis hollandais, notamment Philipp van Limborch (théologien remonstrant) et Jean Le Clerc (philosophe et historien remonstrant). La publication latine intervient à l'automne 1689, après la Glorieuse Révolution de novembre 1688 qui a chassé Jacques II d'Angleterre et installé Guillaume d'Orange sur le trône. Locke est rentré en Angleterre en février 1689. La publication de la Lettre peu après son retour intervient à un moment de réorganisation politique et religieuse anglaise, où la question de la tolérance des dissidents protestants est à l'agenda parlementaire.

La traduction anglaise par William Popple paraît en automne 1689 chez Awnsham Churchill, sans préface, sans nom d'auteur. Locke en sera mécontent (il aurait préféré rester anonyme plus longtemps, et la traduction prend certaines libertés avec l'original latin). Mais la diffusion anglaise se fait massivement.

Le Toleration Act est adopté par le Parlement anglais en mai 1689, accordant la tolérance aux protestants dissidents (mais pas aux catholiques ni aux unitariens). La Lettre paraît dans ce contexte précis : elle prolonge théoriquement l'avancée pratique du Toleration Act tout en allant au-delà (l'extension aux catholiques et aux juifs est implicitement défendue par Locke, avec quelques exceptions qu'on examinera).

Structure de l'œuvre

La Lettre n'est pas un traité systématique mais une argumentation linéaire structurée par les questions successives. On peut distinguer plusieurs grands moments.

Introduction : Locke pose la question. La tolérance est, selon lui, « la marque principale de la véritable Église ». L'amour de la vérité est inséparable de la mansuétude.

Premier moment : la nature de l'Église et celle de l'État. Locke distingue avec rigueur les deux sociétés auxquelles l'homme appartient :

  • L'État (civil society) est une société instituée par les hommes en vue de la protection des biens civils : la vie, la liberté, la santé corporelle, la propriété (« the civil interests »). Sa juridiction est entièrement terrestre et concerne le forum externe.
  • L'Église est une « société volontaire de personnes qui se rassemblent d'elles-mêmes pour rendre à Dieu un culte public de la manière qu'elles jugent agréer à la divinité, pour le salut de leurs âmes ». Sa juridiction est entièrement spirituelle et concerne le forum interne.

Cette distinction des deux sphères, avec leurs objets, leurs moyens et leurs sanctions propres, est la clef de voûte de toute l'argumentation. Mélanger les deux est la source historique de la persécution religieuse.

Deuxième moment : les arguments contre la persécution religieuse. Locke déploie plusieurs arguments convergents.

  • Argument épistémologique : la foi ne peut être imposée par la force. Le but de la religion est le salut de l'âme, qui dépend d'une adhésion intérieure sincère à des vérités. Or l'adhésion intérieure ne se commande pas : on ne croit pas sur ordre. La persécution ne produit donc, au mieux, que des conversions extérieures (donc hypocrites, donc spirituellement nulles) et au pire des dommages corporels qui n'avancent en rien le salut.
  • Argument politique : la fonction de l'État étant la protection des biens civils, l'État n'a pas compétence dans les affaires religieuses. Un magistrat civil qui se mêle de religion sort de sa fonction et abuse de son pouvoir.
  • Argument théologique : Dieu n'a confié à aucun homme l'autorité de juger les âmes d'autrui. Le for intérieur est le lieu propre du rapport à Dieu. Toute prétention d'un homme à juger la foi d'un autre est usurpation.
  • Argument de l'incertitude : aucun magistrat civil ne peut savoir avec certitude quelle est la vraie religion. Si l'on accorde à l'État le pouvoir d'imposer la religion qu'il juge vraie, on légitime par avance la persécution des vrais croyants par les faux croyants. La logique de la tolérance est donc, en outre, la seule logique réciproque.

Troisième moment : les limites de la tolérance. Locke admet certaines exceptions à la tolérance, qui ont fait l'objet de nombreuses discussions :

  • Les athées sont exclus de la tolérance. Pour Locke, l'athée ne peut prêter serment de manière fiable (puisqu'il ne croit pas à un Dieu qui le punirait pour parjure). Or les serments sont au fondement des engagements civils. Cette exclusion est une limite historique de Locke, contestée par toute la tradition tolérantiste ultérieure.
  • Les catholiques sont exclus, mais pour des raisons politiques plutôt que religieuses : ils relèvent d'une autorité étrangère (le Pape de Rome) et ne peuvent donc être pleinement loyaux à la République. Cette exclusion reflète l'antipapisme anglais de l'époque.
  • Les opinions opposées à la société civile ne sont pas tolérables : un groupe religieux qui prêcherait que les serments faits aux hérétiques ne lient pas, ou que les rois excommuniés peuvent être tués, n'a pas droit à la tolérance.

Quatrième moment : l'organisation interne des Églises. Une Église, comme société volontaire, a le droit de définir ses propres règles, d'admettre et d'exclure ses membres, de fixer ses doctrines. Mais elle n'a aucune juridiction civile : l'exclusion d'une Église ne doit pas entraîner de conséquence civile pour l'exclu. Cette thèse, qui reformule la séparation entre les deux sphères du côté ecclésial, est tout aussi importante que la première.

Thèses centrales

La séparation des Églises et de l'État. Thèse de fond. La société politique et la société religieuse sont deux sociétés distinctes, aux objets différents (biens civils vs salut), aux moyens différents (coercition légitime vs persuasion), aux sanctions différentes (sanctions civiles vs excommunication). La confusion entre les deux est la matrice de la persécution.

La liberté de conscience. La conscience individuelle est le lieu propre du rapport à Dieu, et personne ne peut s'y substituer. Cette thèse, qui sera reprise par toute la tradition libérale et qui constituera le fondement de la liberté religieuse moderne, est l'apport principal de la Lettre.

L'épistémologie de la croyance. Une croyance sincère ne peut être imposée par la force : on ne croit pas sur ordre. Cette thèse, qui repose sur une psychologie de la croyance héritée de l'empirisme lockéen (la croyance dépend des preuves examinées par l'entendement), donne sa portée philosophique à l'argument contre la persécution.

Les biens civils comme objet propre de l'État. La fonction de l'État est de protéger les biens civils : la vie, la liberté, la santé corporelle, la propriété (« les avantages qui appartiennent à la vie présente »). Cette délimitation fonctionnelle de l'État est révolutionnaire : elle exclut explicitement les biens spirituels (le salut) de la juridiction étatique. Elle prépare la conception lockéenne de l'État dans les Deux Traités du gouvernement civil (1690).

La réciprocité de la tolérance. Si chaque magistrat avait le droit d'imposer la religion qu'il juge vraie, on légitimerait par avance la persécution des vrais croyants par des faux croyants. Cette logique de la réciprocité est une raison prudentielle majeure en faveur de la tolérance : seule une règle générale de tolérance protège tous les croyants, indépendamment de la qualité de leur croyance.

La tolérance comme pratique chrétienne. Argument théologique. Le christianisme authentique, selon Locke, est une religion de la mansuétude et de l'amour, hostile aux persécutions. Une Église qui persécute ne peut être la véritable Église du Christ. La tolérance n'est donc pas une concession par rapport à la vérité religieuse : c'est la conséquence intérieure de la véritable religion chrétienne.

Les limites de la tolérance. Locke admet que la tolérance a des limites. Sont exclus : (a) ceux qui défendent des doctrines incompatibles avec la société civile ; (b) ceux qui sont sujets d'une puissance étrangère (catholiques au sens où ils dépendent de Rome) ; (c) les athées (qui ne peuvent prêter serment de manière fiable). Ces exclusions, datées et discutables, ne remettent pas en cause la structure générale de l'argument tolérantiste.

Postérité et influence

Réception immédiate. La Lettre paraît dans le contexte anglais favorable de l'après-Glorieuse Révolution. Le Toleration Act de 1689 lui ouvre un terrain politique favorable. Plusieurs lettres de réplique (Jonas Proast, 1690, 1691, 1704) défendent l'intervention de l'État dans les affaires religieuses. Locke réplique par trois lettres successives (1690, 1692, posthume), qui prolongent et précisent les arguments de 1689.

Influence sur les Lumières. La Lettre est l'une des sources directes de la pensée tolérantiste des Lumières françaises. Voltaire, dans le Traité sur la tolérance (1763), reprend et popularise les arguments lockéens. Le Dictionnaire philosophique (1764) prolonge la veine tolérantiste. La pensée tolérantiste sera consacrée par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789), article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Influence sur la pensée américaine. Les Pères fondateurs américains (Madison, Jefferson, Franklin) lisent Locke comme l'une de leurs sources philosophiques principales. Le Premier Amendement de la Constitution américaine (1791), qui pose la séparation de l'Église et de l'État et la liberté religieuse, est l'héritier direct de la Lettre. Le Virginia Statute for Religious Freedom de Jefferson (1786) reprend des arguments lockéens.

Influence sur la laïcité française. Plus tardive et indirecte, mais réelle. La loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 en France est l'aboutissement d'une tradition philosophique tolérantiste qui descend de Locke (via Voltaire, les révolutionnaires de 1789, les républicains du XIXᵉ siècle). La conception française de la laïcité diffère de la tolérance lockéenne sur plusieurs points (neutralité de l'État vs simple non-intervention), mais elle en hérite la structure fondamentale.

Influence sur les déclarations internationales. La Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), article 18 (« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion »), prolonge la tradition lockéenne dans le contexte de l'après-guerre. La Convention européenne des droits de l'homme (1950), article 9, fait de même.

Influence philosophique sur la pensée libérale. La Lettre est l'un des textes fondateurs du libéralisme politique moderne. La pensée de Mill (De la liberté, 1859) prolonge la pensée lockéenne en élargissant la liberté individuelle au-delà de la seule question religieuse. La pensée de Rawls (Théorie de la justice, 1971 ; Libéralisme politique, 1993) renoue avec la Lettre sur la question de la neutralité de l'État dans les sociétés pluralistes.

Réception philosophique contemporaine. La Lettre fait l'objet d'un renouveau d'études depuis les années 1980 (Jeremy Waldron, John Marshall, Susan Mendus, Cécile Laborde). Les questions qu'elle pose (limites de la tolérance, statut des opinions intolérables, rapport entre tolérance et laïcité) restent actuelles dans les débats contemporains sur le multiculturalisme, l'islam politique, les minorités religieuses.

Critiques contemporaines. Plusieurs critiques importantes de la Lettre ont été formulées :

  • L'exclusion des athées : aujourd'hui inacceptable, elle révèle les limites historiques de la tolérance lockéenne.
  • L'exclusion des catholiques : ambivalente, elle a permis aux antipapistes anglais de prolonger leur discrimination pendant un siècle (les Test Acts sont abolis seulement en 1828-1829).
  • L'argument épistémologique : Jeremy Waldron a montré que l'argument lockéen selon lequel « la croyance ne peut être imposée » est faible : on peut bien modifier les croyances par des incitations indirectes (éducation, pression sociale, environnement matériel). Si l'argument est faible, il faut renforcer les arguments en faveur de la tolérance par d'autres voies (égalité de respect, autonomie).
  • Le périmètre étroit : la Lettre concerne la tolérance religieuse au sens strict (entre confessions chrétiennes principalement). Elle laisse hors champ la tolérance philosophique, politique, sexuelle, culturelle qui occupera le libéralisme ultérieur.

Controverses et débats

L'extension de la tolérance. La Lettre propose une tolérance large (entre confessions chrétiennes) mais admet des exclusions (athées, catholiques, certaines opinions). Faut-il étendre la logique lockéenne au-delà de ces exclusions ? La tradition libérale ultérieure (Bayle, Voltaire, Mill, Rawls) répond positivement : la logique de Locke conduit à une tolérance universelle, et les exclusions de 1689 sont des résidus historiques.

Tolérance, neutralité, laïcité. La position lockéenne (l'État ne se mêle pas des affaires religieuses) est-elle suffisante pour les sociétés pluralistes contemporaines, ou faut-il aller plus loin vers une neutralité active (l'État garantit positivement l'égalité de tous les cultes) ou une laïcité (l'État exclut le religieux de la sphère publique) ? Le débat oppose les héritiers de Locke entre eux.

La nature de l'Église selon Locke. Locke définit l'Église comme une société volontaire. Cette définition est-elle pertinente pour toutes les religions ? Les religions où l'appartenance est héritée (judaïsme, islam selon certaines lectures), où elle est institutionnelle (catholicisme), peuvent-elles être pensées dans le cadre lockéen ? Les commentateurs contemporains nuancent.

L'unité avec les autres œuvres de Locke. Comment la Lettre s'articule-t-elle avec l'Essai sur l'entendement humain (1690) et les Deux Traités du gouvernement civil (1690) ? Position majoritaire : les trois œuvres forment un système cohérent, avec l'empirisme épistémologique fondant la psychologie de la croyance, la philosophie politique fondant la limitation de l'État, et la pensée de la tolérance reliant les deux.

Citations clés

« La tolérance des gens qui diffèrent entre eux sur le fait de la religion s'accorde si bien avec l'Évangile et avec la raison, qu'il semble étrange que des hommes puissent être assez aveugles pour ne pas voir clairement leur nécessité dans une lumière si frappante. »

-- Lettre sur la tolérance, ouverture

« La République est, selon moi, une société d'hommes instituée à seule fin d'établir, de conserver et d'avancer leurs propres intérêts civils. J'appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps, la possession des biens extérieurs, tels que sont l'argent, les terres, les maisons, les meubles, et d'autres choses de cette nature. »

-- Lettre sur la tolérance, définition de l'État

« Personne, fût-il homme privé ou magistrat, n'a le droit d'imposer ses opinions ou son interprétation de la foi à un autre par la force. »

-- Lettre sur la tolérance, esprit de l'argumentation centrale

« Une Église est, à mon avis, une société volontaire d'hommes qui s'assemblent d'eux-mêmes, pour servir Dieu en public de la manière qu'ils croient qui lui est agréable, et propre à leur procurer le salut de leurs âmes. »

-- Lettre sur la tolérance, définition de l'Église

Pour aller plus loin

  • John Locke, Lettre sur la tolérance, traduction de Jean Le Clerc (1710) modernisée et présentée par Jean Fabien Spitz, GF Flammarion, 1992 ; rééditions. Édition française de référence.
  • John Locke, A Letter Concerning Toleration, édition critique de J.W. Gough, Oxford University Press, 1968 ; édition Mark Goldie, Liberty Fund, 2010. Éditions critiques anglophones.
  • John Locke, Epistola de tolerantia / A Letter on Toleration, édition bilingue latin-anglais de Raymond Klibansky et J.W. Gough, Oxford University Press, 1968. Pour le texte latin original.
  • John Locke, Essai sur l'entendement humain, et Deux Traités du gouvernement civil. Œuvres complémentaires indispensables.
  • Jeremy Waldron, God, Locke, and Equality : Christian Foundations in Locke's Political Thought, Cambridge University Press, 2002. Étude philosophique majeure.
  • John Marshall, John Locke, Toleration and Early Enlightenment Culture, Cambridge University Press, 2006. Étude historique de référence.
  • Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme, Calmann-Lévy, 1987 ; rééd. Pluriel. Réception française de Locke.
  • Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763. Suite naturelle, à lire en regard.

Sources

  • « A Letter Concerning Toleration », Wikipédia (version anglaise), consulté le 04/06/2026.
  • « Lettre sur la tolérance », Wikipédia (version française), consulté le 04/06/2026.
  • Notice « John Locke » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy par William Uzgalis, plato.stanford.edu, consulté le 04/06/2026.
  • Notice « Toleration » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, consulté le 04/06/2026.
  • Édition GF Flammarion de Jean Fabien Spitz, présentation et notes.