Friedrich August von Hayek

8 mai 1899 - 23 mars 1992 austro-britannique 16 min de lecture

Difficulté : 3/5

Économiste et philosophe austro-britannique, Hayek a renouvelé le libéralisme classique en le fondant sur une théorie de la connaissance dispersée et de l'ordre spontané. Sa critique de la planification centrale a profondément marqué la philosophie politique du XXᵉ siècle.

Biographie

Friedrich August von Hayek naît le 8 mai 1899 à Vienne, alors capitale de l'Empire austro-hongrois. Il est l'aîné de trois fils dans une famille viennoise distinguée d'intellectuels et de scientifiques. Son père August von Hayek est médecin puis professeur honoraire de botanique à l'université de Vienne ; sa mère Felicitas von Juraschek est fille d'un économiste devenu haut fonctionnaire impérial. Par sa mère, le jeune Friedrich est cousin germain au second degré de Ludwig Wittgenstein - parenté qui lui donnera un accès précoce aux écrits du philosophe et nourrira son intérêt pour les questions de connaissance et de langage.

Pendant la Première Guerre mondiale, à dix-huit ans, Hayek sert comme officier d'artillerie subalterne sur le front italien (1917-1918) dans l'armée austro-hongroise. Il dira plus tard que l'expérience d'une armée multiethnique, avec ses problèmes complexes de coordination, a inspiré son intérêt pour l'économie comme problème de coordination sociale.

Huit jours après la fin de la guerre, en novembre 1918, Hayek entre à l'université de Vienne où il étudie philosophie, droit et économie. La Vienne d'après-guerre est l'un des trois grands foyers économiques mondiaux (avec Stockholm et Cambridge). Hayek obtient un doctorat en droit en 1921 puis un doctorat en sciences politiques (économie) en 1923, sous l'influence des grands économistes de l'école autrichienne : Friedrich von Wieser, puis surtout Ludwig von Mises, dont il fréquente le célèbre séminaire privé.

La rencontre avec Mises est décisive. La lecture de son ouvrage Die Gemeinwirtschaft (Socialisme, 1922), critique radicale du calcul économique en régime socialiste, convertit le jeune Hayek d'une sympathie initiale pour le socialisme à un libéralisme classique qu'il défendra toute sa vie.

En 1931, l'économiste britannique Lionel Robbins invite Hayek à donner une série de conférences à la London School of Economics. Ces conférences font une telle impression qu'il se voit offrir la chaire de Tooke Professor of Economic Science and Statistics la même année. Il devient sujet britannique en 1938. À la LSE, il développe sa théorie autrichienne des cycles économiques en débat constant avec John Maynard Keynes, alors à Cambridge. Le débat Hayek-Keynes des années 1930 est l'un des plus fameux de l'histoire de la pensée économique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en partie évacué à Cambridge où il côtoie Keynes, Hayek élabore ce qui deviendra son livre le plus célèbre : The Road to Serfdom (La Route de la servitude, 1944). Ce pamphlet contre la planification centralisée connaît un succès immédiat, particulièrement aux États-Unis où Reader's Digest en publie une version condensée. Il transforme Hayek en figure intellectuelle internationale.

En 1947, Hayek convoque à Mont-Pèlerin (Suisse) un groupe d'économistes, philosophes et historiens libéraux pour fonder la Société du Mont-Pèlerin. Parmi les membres fondateurs : Mises, Karl Popper, Milton Friedman, George Stigler, Frank Knight. La société organise des rencontres bisannuelles pour soutenir le libéralisme classique dans une période dominée par l'État-providence et la planification. Hayek en est président jusqu'en 1961.

En 1950, Hayek quitte la LSE pour l'université de Chicago où il est nommé professeur des sciences sociales et morales (et non du département d'économie, qui refuse de l'accueillir). Il y reste jusqu'en 1962 et travaille sur la méthodologie des sciences sociales, la psychologie, la théorie politique - publiant notamment The Counter-Revolution of Science (1952) et The Constitution of Liberty (1960).

En 1962, Hayek retourne en Europe et devient professeur de politique économique à l'université de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), puis à partir de 1968 professeur honoraire à l'université de Salzbourg (jusqu'en 1977).

En 1974, Hayek reçoit le prix Nobel d'économie, partagé avec Gunnar Myrdal - dont les positions politiques et économiques sont pourtant largement opposées aux siennes. Le Nobel revigore Hayek qui, malgré sa santé déclinante, entreprend la rédaction de son ouvrage tardif majeur, la trilogie Law, Legislation and Liberty (1973-1979). Il publie encore The Fatal Conceit (1988) à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.

Marié en 1926 à Helen Berta Maria von Fritsch (dont il divorce en 1950), Hayek se remarie en 1950 avec Helene Bitterlich - sa cousine, avec laquelle il avait eu une relation antérieure. Il a trois enfants. Il reçoit en 1984 du Royaume-Uni la dignité de Companion of Honour et en 1991 des États-Unis la Presidential Medal of Freedom.

Hayek meurt le 23 mars 1992 à Fribourg-en-Brisgau, à l'âge de quatre-vingt-douze ans. Sa pensée, longtemps marginalisée pendant l'apogée keynésienne, connaît un retour considérable à partir des années 1980 avec l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui le citent abondamment. Ce regain est ambigu : Hayek lui-même refusait l'étiquette « conservateur » et se définissait comme libéral classique au sens européen du terme.

Pensée principale

Un libéralisme épistémique

L'originalité d'Hayek dans le paysage du libéralisme du XXᵉ siècle est de fonder sa défense du marché et de la liberté individuelle non pas sur des arguments moraux abstraits (les droits naturels, l'utilité sociale) mais sur une théorie de la connaissance. Pour Hayek, le libéralisme est d'abord une réponse à un problème épistémique : comment coordonner les actions de millions d'agents dans une société complexe alors qu'aucun esprit central ne peut posséder l'information nécessaire à cette coordination ?

Cette approche, qu'on appelle parfois le libéralisme épistémique ou libéralisme évolutionniste, distingue Hayek à la fois des libertariens des droits naturels (à la Nozick), des utilitaristes classiques (à la Mill) et des libéraux égalitaires (à la Rawls). C'est dans cette position philosophique distinctive que se trouve l'apport le plus original d'Hayek à la philosophie politique.

L'argument de la connaissance dispersée

L'article fondateur d'Hayek est « The Use of Knowledge in Society » (L'Utilisation de la connaissance dans la société, 1945). Sa thèse est devenue classique : le problème économique d'une société n'est pas un problème de calcul (comment allouer optimalement des ressources connues à des fins connues), mais un problème d'utilisation d'une connaissance qui n'existe nulle part de façon centralisée.

La connaissance pertinente pour l'action économique est par nature dispersée entre des millions d'individus :

  • La connaissance des conditions locales (un commerçant sait quels produits se vendent dans son quartier).
  • La connaissance des opportunités fugaces (un transporteur sait qu'un bateau part demain matin avec une cargaison à compléter).
  • La connaissance pratique non formalisable (un artisan sait comment travailler ce bois particulier).
  • La connaissance des préférences personnelles que chacun a sur soi-même.

Aucun planificateur central ne peut rassembler cette connaissance : elle est par nature locale, contextuelle, parfois implicite, et change constamment. Le système des prix est la solution évolutionniste à ce problème : il transmet l'information pertinente à chacun sous une forme condensée (un prix qui monte signale une rareté relative sans qu'il soit besoin de connaître les causes spécifiques de cette rareté).

Cette analyse fonde la critique hayékienne de la planification centralisée : non pas qu'elle soit moralement mauvaise, mais qu'elle est épistémiquement impossible. Aucune institution ne peut faire ce que le marché fait spontanément - rassembler et utiliser la connaissance dispersée.

L'ordre spontané

Le concept central d'Hayek est l'ordre spontané (spontaneous order) : ces ordres complexes qui résultent de l'action humaine sans résulter d'un dessein humain (formule de Ferguson qu'Hayek reprend constamment).

Hayek distingue deux types d'ordre :

  • L'organisation (taxis en grec) : ordre voulu, conçu par un esprit, hiérarchique, servant un but explicite. Une armée, une entreprise, un gouvernement sont des organisations.
  • L'ordre spontané (kosmos en grec) : ordre émergent, non voulu, résultat de l'interaction d'agents qui ne le poursuivent pas comme tel. Le langage, le marché, le droit coutumier, les mœurs sont des ordres spontanés.

Les ordres spontanés sont en général plus complexes que ce qu'un esprit pourrait concevoir et mieux adaptés aux conditions locales que ce qu'une planification centrale pourrait produire. Ils ne sont pas parfaits, mais ils sont le résultat d'une évolution sélective qui élimine les pratiques inefficaces sans qu'on ait à savoir pourquoi.

Cette idée d'ordre spontané vient en partie des Lumières écossaises (Adam Smith, David Hume, Adam Ferguson). Hayek se rattache explicitement à cette tradition contre le rationalisme constructiviste qu'il associe à Descartes, Rousseau et leur postérité française.

La critique du constructivisme

Hayek nomme constructivisme ou rationalisme constructiviste l'illusion selon laquelle la raison humaine pourrait délibérément concevoir et imposer un ordre social complet et meilleur que celui qui résulte de l'évolution sociale. C'est selon lui l'erreur fondamentale partagée par la planification soviétique, le keynésianisme techniciste, l'urbanisme moderniste, et beaucoup d'utopies politiques.

Cette illusion repose sur trois confusions :

  • Confondre les règles abstraites de juste conduite (qu'on peut connaître et améliorer prudemment) avec les ordres concrets de la société (qu'on ne peut pas planifier sans détruire leur complexité émergente).
  • Confondre l'organisation (où un but commun guide les actions) avec l'ordre spontané (où chacun poursuit ses fins propres dans un cadre commun de règles).
  • Surestimer ce que la raison consciente peut produire et sous-estimer l'intelligence accumulée dans les traditions et institutions évoluées.

La Route de la servitude

L'argument politique majeur de Hayek se trouve dans La Route de la servitude (1944). Sa thèse : la planification centralisée de l'économie conduit inexorablement à la disparition des libertés politiques, indépendamment des intentions des planificateurs.

L'argument se déroule ainsi :

  • La planification suppose qu'on choisisse une hiérarchie unique de fins sociales.
  • Or les citoyens d'une société libre ont des fins divergentes.
  • Imposer une hiérarchie unique exige soit le consentement (impossible sur des questions aussi détaillées) soit la coercition.
  • Une fois la coercition économique installée, elle s'étend nécessairement à toutes les sphères de la vie : choix professionnels, lieu de résidence, opinions admissibles.
  • La planification économique totale est donc inséparable du totalitarisme politique.

Hayek refuse l'idée que le nazisme et le communisme seraient des opposés : ils sont deux variantes du même rationalisme constructiviste appliqué à l'économie, avec des résultats convergents en matière de libertés politiques. Cette thèse a été abondamment discutée, parfois caricaturée. Hayek lui-même la défendra toute sa vie tout en précisant qu'il ne soutenait pas un déterminisme strict (la planification peut conduire à la servitude, elle n'y conduit pas mécaniquement).

L'État de droit et la justice formelle

Hayek est libéral classique, pas anarchiste. Il défend un rôle substantiel de l'État, mais limité à certaines fonctions :

  • Faire respecter les règles générales de juste conduite (droit civil et pénal).
  • Fournir certains biens publics que le marché ne peut produire seul (défense, monnaie stable, infrastructures de base).
  • Garantir un filet de sécurité minimal pour ceux qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins.

Ce que l'État ne doit pas faire : poursuivre des fins distributives spécifiques. Hayek critique la notion de « justice sociale » comme une confusion conceptuelle : la justice ne peut s'appliquer qu'à des actions humaines délibérées, pas à des résultats d'un ordre spontané. Dire que le marché est « injuste » est aussi absurde, selon lui, que dire que la pluie est injuste.

Cette position le distingue de Rawls et le rapproche de Nozick, mais Hayek ne fonde pas son argument sur des droits naturels (comme Nozick) mais sur une analyse épistémique : on ne peut pas savoir avec assez de précision ce que serait une distribution « juste » dans un ordre complexe.

La théorie évolutionniste des institutions

Dans ses œuvres tardives (Law, Legislation and Liberty, 1973-1979, et The Fatal Conceit, 1988), Hayek développe une théorie évolutionniste des institutions sociales. Les règles morales, juridiques, religieuses, économiques d'une société sont le résultat d'une sélection culturelle : les sociétés qui adoptent certaines règles prospèrent et se reproduisent, celles qui en adoptent d'autres déclinent et disparaissent.

Cette sélection ne porte pas sur les individus (Hayek refuse le darwinisme social brutal) mais sur les règles elles-mêmes : sont sélectionnées les règles qui permettent à un groupe plus nombreux de coopérer pacifiquement et productivement. Les règles de propriété, de contrat, de respect des engagements ont été sélectionnées de cette manière, bien avant que des théoriciens ne tentent de les justifier rationnellement.

Cette analyse a des conséquences importantes : on ne peut pas réformer une société par décret sans risquer de détruire ce qui faisait sa cohésion. Le réformateur prudent doit améliorer les règles à la marge, sans prétendre les refonder depuis une raison souveraine.

Le tournant cognitif

Un aspect moins connu mais important d'Hayek est son intérêt pour la psychologie cognitive. Dans The Sensory Order (1952), il propose une théorie des processus mentaux comme classification émergente - thèse étonnamment proche des connexionnismes contemporains. Cette dimension cognitive nourrit son analyse de la connaissance dispersée : l'esprit humain lui-même fonctionne par règles implicites évoluées qu'il ne peut pas entièrement expliciter.

Œuvres majeures

Prices and Production (Prix et production, 1931)

Conférences à la LSE qui exposent la théorie autrichienne des cycles économiques. Texte d'économie technique au cœur du débat avec Keynes des années 1930. Traduction française : Prix et production, Agora Pocket, 1985.

The Pure Theory of Capital (1941)

Œuvre majeure d'économie théorique sur la nature du capital. Texte exigeant, peu lu hors des spécialistes. Marque la fin de la période strictement économique d'Hayek.

The Road to Serfdom (La Route de la servitude, 1944)

Le livre le plus célèbre d'Hayek. Pamphlet contre la planification centralisée écrit en pleine guerre. Plus de deux millions d'exemplaires vendus dans le monde. Reader's Digest en publie une version condensée qui le fait connaître au grand public américain. Traduction française : La Route de la servitude, PUF, 1985 (rééditions Quadrige).

Individualism and Economic Order (1948)

Recueil d'articles cruciaux, dont « The Use of Knowledge in Society » (1945) et « Individualism : True and False » (1946). Textes fondateurs de la philosophie hayékienne.

The Counter-Revolution of Science (Scientisme et sciences sociales, 1952)

Critique du « scientisme » : l'application abusive aux sciences sociales des méthodes des sciences physiques. Traduction française : Scientisme et sciences sociales, Plon, 1953.

The Sensory Order (1952)

Ouvrage de psychologie théorique. Théorie des processus mentaux comme classification émergente. Étonnamment proche des approches connexionnistes contemporaines.

The Constitution of Liberty (La Constitution de la liberté, 1960)

Grande synthèse de philosophie politique. Plus de 500 pages exposant systématiquement la théorie hayékienne de la liberté, de l'État de droit, et des institutions libérales. Traduction française : La Constitution de la liberté, Litec, 1994.

Law, Legislation and Liberty (Droit, législation et liberté, 1973-1979)

Trilogie tardive : volume 1 Rules and Order (1973), volume 2 The Mirage of Social Justice (1976), volume 3 The Political Order of a Free People (1979). Approfondit la distinction entre droit (émergent) et législation (volontaire), et critique la « justice sociale ». Traduction française : Droit, législation et liberté, PUF, trois volumes (rééditions Quadrige).

The Fatal Conceit : The Errors of Socialism (La Présomption fatale, 1988)

Dernier livre, publié à quatre-vingt-neuf ans. Synthèse polémique de la critique hayékienne du socialisme comme illusion rationaliste. Traduction française : La Présomption fatale. Les erreurs du socialisme, PUF, 1993.

Postérité et influence

L'École autrichienne et son rayonnement

Hayek est, avec Mises, le principal représentant de l'École autrichienne d'économie au XXᵉ siècle. Cette école, marginalisée pendant l'apogée keynésienne, connaît un regain considérable à partir des années 1970-1980 avec le retour des problématiques d'information, de coordination et d'innovation au centre de l'économie contemporaine.

Le débat avec Keynes

Le débat Hayek-Keynes des années 1930 est l'un des plus fameux de l'histoire de la pensée économique. Sur la cause des dépressions, sur le rôle du gouvernement, sur la nature du capital, sur les politiques de plein-emploi : les deux hommes incarnent deux visions opposées qui structureront la politique économique du XXᵉ siècle. Keynes l'emporte intellectuellement et politiquement pour quatre décennies (années 1940-1970) ; Hayek reprend l'avantage à partir des années 1980 et nourrit la révolution néolibérale.

Le renouveau libéral des années 1980

Hayek est, avec Milton Friedman, le théoricien intellectuel le plus cité par les artisans politiques de la révolution libérale des années 1980 : Margaret Thatcher et Ronald Reagan se réclament explicitement de lui. La Route de la servitude devient un texte de référence pour les conservateurs anglo-saxons. Ce rayonnement politique est ambigu : Hayek lui-même refusait l'étiquette « conservateur » et critiquait certains aspects de cette appropriation, mais il ne s'est jamais distancié des leaders qui l'invoquaient.

L'influence sur la philosophie politique

L'apport épistémique d'Hayek a profondément influencé la philosophie politique contemporaine. Robert Nozick (Anarchy, State, and Utopia, 1974) reprend certains arguments hayékiens dans son cadre libertarien des droits naturels. James Buchanan, Gordon Tullock et l'École du Public Choice prolongent l'analyse hayékienne de l'État. À gauche, des penseurs aussi divers que Jürgen Habermas ou Charles Taylor ont engagé un dialogue critique avec Hayek.

La théorie des ordres émergents

Au-delà du libéralisme strict, le concept hayékien d'ordre spontané a essaimé dans des disciplines très diverses : théorie des systèmes complexes (Santa Fe Institute), théorie de l'évolution culturelle, théorie des réseaux, économie comportementale. Beaucoup de chercheurs en sciences cognitives et en biologie évolutionniste reconnaissent une dette envers Hayek.

Les critiques

Les critiques les plus systématiques d'Hayek sont venues de John Rawls et des libéraux égalitaires (critique de la justice formelle hayékienne), de Hilary Putnam et des philosophes des sciences sociales (sur le statut des explications par invisible hand), de Brian Barry et d'autres sur la cohérence du concept de justice sociale. Le débat reste ouvert.

Pour aller plus loin

  • Friedrich Hayek, La Route de la servitude, PUF Quadrige, 2010 (1944). La meilleure entrée polémique dans sa pensée politique.
  • Friedrich Hayek, La Constitution de la liberté, Litec, 1994 (1960). La grande synthèse philosophique, ample et accessible.
  • Friedrich Hayek, L'Utilisation de la connaissance dans la société (article de 1945), repris dans Essais de philosophie, de science politique et d'économie, Les Belles Lettres, 2007. L'article fondateur, indispensable.
  • Philippe Nemo, La Société de droit selon F. A. Hayek, PUF, 1988. Synthèse en français par un connaisseur sérieux.
  • Bruce Caldwell, Hayek's Challenge : An Intellectual Biography of F. A. Hayek, University of Chicago Press, 2004. Biographie intellectuelle de référence.
  • Notice « Friedrich Hayek » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy (plato.stanford.edu).
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