Franz Clemens Honoratus Hermann Joseph Brentano

16 janvier 1838 - 17 mars 1917 allemande 16 min de lecture

Difficulté : 4/5

Philosophe allemand néo-aristotélicien, Brentano est l'inventeur du concept moderne d'intentionnalité comme critère du psychique. Sa Psychologie du point de vue empirique (1874) est l'une des matrices de la phénoménologie husserlienne et de la philosophie analytique de l'esprit.

Biographie

Franz Clemens Honoratus Hermann Joseph Brentano naît le 16 janvier 1838 à Marienberg-sur-le-Rhin, près de Boppard (Rhénanie, Allemagne), dans une famille catholique de tradition intellectuelle. Son frère cadet Lujo Brentano deviendra un économiste et réformateur social réputé. Il est aussi neveu du poète romantique Clemens Brentano et de l'écrivaine Bettina von Arnim - inscription familiale dans la culture intellectuelle allemande du XIXᵉ siècle.

Brentano fait des études de philosophie et de théologie dans plusieurs universités allemandes : Munich, Würzburg, Berlin (où il suit les cours de Trendelenburg, un grand spécialiste d'Aristote), puis Münster. Il soutient en 1862 une thèse de doctorat à l'université de Tübingen sur la philosophie d'Aristote (Von der mannigfachen Bedeutung des Seienden nach Aristoteles, Sur les multiples sens de l'étant selon Aristote), travail qui influencera profondément le jeune Martin Heidegger cinquante ans plus tard.

Brentano est ordonné prêtre catholique le 6 août 1864. Sa double formation philosophique et théologique l'oriente vers une carrière universitaire où il entend articuler rigueur scientifique et tradition aristotélico-scolastique. Il obtient son habilitation à Würzburg en 1866 avec un mémoire sur la psychologie d'Aristote, et y enseigne comme Privatdozent puis comme professeur extraordinaire à partir de 1873.

Une crise majeure survient à la fin des années 1860 et au début des années 1870. Brentano s'oppose intellectuellement au dogme de l'infaillibilité pontificale proclamé par le concile Vatican I en 1870. Son désaccord avec cette nouvelle orthodoxie le conduit à quitter le sacerdoce en 1873, puis l'Église catholique entièrement. Il publie en 1869 un texte critique sur la situation philosophique en Allemagne et continue à travailler dans cet esprit critique.

En 1874, Brentano est nommé professeur ordinaire à l'université de Vienne, où il publie la même année son œuvre maîtresse : Psychologie vom empirischen Standpunkt (Psychologie du point de vue empirique). Le livre fait sensation. Brentano y propose une psychologie scientifique fondée sur la méthode de la perception intérieure, et y introduit dans la philosophie contemporaine le concept aristotélico-scolastique d'intentionnalité - geste philosophique qui aura une postérité considérable.

À Vienne, Brentano est un enseignant charismatique qui exerce une influence exceptionnelle sur toute une génération d'étudiants. Edmund Husserl, qui suit ses cours en 1884-1886, est converti par lui de la mathématique à la philosophie ; il restera profondément marqué par Brentano toute sa vie. Parmi les autres étudiants notables : Alexius Meinong (fondateur de l'école de Graz), Christian von Ehrenfels (théoricien de la Gestalt), Kasimir Twardowski (fondateur de l'école de Lvov-Varsovie), Carl Stumpf (psychologue et phénoménologue), Anton Marty (théoricien du langage), Tomáš Masaryk (philosophe et futur président de la Tchécoslovaquie). Plus surprenant : Sigmund Freud suit aussi les cours de Brentano à Vienne (1874-1876) et lui voue une admiration durable - influence souvent sous-estimée sur la formation intellectuelle du jeune Freud.

Un nouveau drame personnel survient en 1880. Brentano veut épouser Ida von Lieben, mais en tant qu'ancien prêtre catholique, le mariage lui est impossible dans l'Empire austro-hongrois. Pour pouvoir se marier, il doit renoncer à sa citoyenneté autrichienne et donc à sa chaire à Vienne. Il prend la nationalité saxonne, se marie, puis revient à Vienne où il ne peut désormais enseigner qu'en tant que Privatdozent, malgré ses demandes répétées de réintégration. Cette dégradation institutionnelle est l'une des grandes amertumes de sa vie.

Ida von Lieben meurt prématurément en 1894. Brentano abandonne sa position à Vienne en 1895 et se retire à Florence (Italie) où il continue à travailler et à correspondre intensément avec ses anciens élèves. Sa vue se détériore considérablement à partir des années 1900 : il devient presque aveugle et doit dicter ses textes à des secrétaires.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, Brentano, italien d'adoption et autrichien d'origine, ne peut rester à Florence devenue territoire ennemi. Il s'installe à Zürich (Suisse), où il meurt le 17 mars 1917, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Sa dépouille est inhumée au cimetière de Florence.

Brentano a publié relativement peu de son vivant - quelques livres et de nombreux articles - mais a laissé une immense masse de manuscrits et de correspondance. Ses anciens élèves, particulièrement Oskar Kraus et Alfred Kastil, entreprennent à partir des années 1920 un travail d'édition posthume considérable qui révèle progressivement l'ampleur de l'œuvre.

Pensée principale

Le projet : refonder la philosophie comme science rigoureuse

Brentano hérite d'une double tradition : la philosophie aristotélico-scolastique qu'il a étudiée pendant sa formation théologique, et la philosophie allemande post-kantienne dominée par Hegel, Schelling et leurs successeurs. Il rejette les spéculations idéalistes allemandes, qu'il juge trop spéculatives et coupées de la rigueur scientifique. Mais il refuse aussi le psychologisme empiriste qui ramènerait la philosophie à une science expérimentale.

Sa devise philosophique, formulée dans son habilitation de 1866, est restée célèbre : « vera philosophiae methodus nulla alia nisi scientiae naturalis est » - « la véritable méthode de la philosophie n'est autre que celle des sciences naturelles ». Mais cette méthode doit être adaptée à l'objet propre de la philosophie : les phénomènes psychiques accessibles par la perception intérieure.

Cette ambition de fonder une philosophie scientifique fait de Brentano l'une des sources principales de deux mouvements opposés mais complémentaires : la phénoménologie husserlienne et la philosophie analytique naissante.

La distinction entre phénomènes psychiques et phénomènes physiques

L'œuvre maîtresse de Brentano, Psychologie du point de vue empirique (1874), commence par poser une distinction fondamentale entre deux classes de phénomènes :

  • Les phénomènes physiques : couleurs, sons, formes, paysages - tout ce qui apparaît dans la perception extérieure ou dans l'imagination comme un contenu sensible.
  • Les phénomènes psychiques : voir une couleur, entendre un son, penser à quelque chose, désirer un objet, juger qu'une proposition est vraie - tout ce qui est un acte de l'esprit dirigé vers un contenu.

La question centrale : qu'est-ce qui distingue spécifiquement les phénomènes psychiques ? La réponse de Brentano, devenue célèbre, est la thèse de l'intentionnalité.

La thèse de l'intentionnalité

Brentano reformule un concept aristotélico-scolastique (en latin médiéval, intentio, qui désigne la « tension » de la pensée vers un objet) pour le proposer comme critère du psychique. Voici la formulation devenue canonique :

« Tout phénomène psychique est caractérisé par ce que les scolastiques du Moyen Âge nommaient l'inexistence intentionnelle (et aussi sans doute mentale) d'un objet, et que nous pourrions appeler, encore que ce ne soit pas en termes tout à fait univoques, la relation à un contenu, la direction vers un objet (par quoi il ne faut pas entendre une réalité), ou l'objectivité immanente. Chaque phénomène psychique contient en soi quelque chose comme son objet, sans en contenir cependant chacun de la même manière. Dans la représentation, quelque chose est représenté ; dans le jugement, quelque chose est admis ou rejeté ; dans l'amour, quelque chose est aimé ; dans la haine, haï ; dans le désir, désiré ; et ainsi de suite. »

Cette thèse a plusieurs dimensions :

Dimension descriptive : tout acte mental est de quelque chose. Je ne vois pas simplement, je vois quelque chose ; je ne désire pas simplement, je désire quelque chose ; je ne juge pas simplement, je juge que quelque chose est le cas. L'intentionnalité - cette « visée d'objet » - est le caractère distinctif des phénomènes psychiques.

Dimension catégorielle : l'intentionnalité distingue les phénomènes psychiques des phénomènes physiques. Un objet physique (une pierre) n'est pas dirigé vers autre chose ; un état psychique l'est toujours.

Dimension ontologique : l'objet intentionnel a un statut particulier. Quand je pense à un cheval ailé, mon acte mental est réel, et il vise un objet (le cheval ailé) ; mais cet objet n'existe pas dans le monde extérieur. L'intentionnalité concerne donc une relation singulière entre l'esprit et son contenu, qui peut être ou ne pas être réel.

La perception intérieure et la classification des phénomènes psychiques

Pour Brentano, les phénomènes psychiques sont accessibles par la perception intérieure (innere Wahrnehmung), à distinguer de l'introspection ordinaire. La perception intérieure ne consiste pas à faire de soi-même un objet observé (ce qui serait impossible : on ne peut pas être en même temps observant et observé), mais à saisir réflexivement les actes psychiques en cours dans leur conscience-de-soi immanente.

Brentano classe les phénomènes psychiques en trois grandes catégories :

  • Les représentations (Vorstellungen) : actes par lesquels un contenu est présenté à l'esprit (perception, imagination, conception). Ce sont les actes fondamentaux, qui rendent possible toute autre activité mentale.
  • Les jugements (Urteile) : actes par lesquels un contenu représenté est admis ou rejeté (croire, douter, nier).
  • Les phénomènes d'amour et de haine ou actes affectifs (Gemütsbewegungen) : actes par lesquels un contenu représenté est valorisé positivement ou négativement (aimer, vouloir, désirer, préférer, haïr).

Cette tripartition a une signification éthique : elle fonde la théorie brentanienne du bien et du mal comme propriétés des actes d'amour et de haine corrects.

L'ontologie réiste et le « réisme » tardif

Dans sa période tardive (à partir des années 1900), Brentano développe une position ontologique appelée réisme : il n'existe que des choses concrètes (res), c'est-à-dire des substances individuelles. Les universaux, les états de choses, les nombres, les valeurs, les vérités n'ont pas d'existence propre ; ce sont des façons de parler qu'on peut reformuler en termes de choses concrètes.

Cette position l'éloigne progressivement du « platonisme » modéré qu'on peut lire dans la Psychologie de 1874. Elle anticipe certaines positions de la philosophie analytique contemporaine et marque une rupture avec son ancien élève Meinong, qui avait développé une ontologie des « objets sans existence ».

La théorie de l'évidence et du jugement correct

Brentano développe aussi une théorie originale de la vérité comme évidence. La vérité n'est pas une propriété correspondantielle qui relie une proposition à un fait extérieur (théorie traditionnelle de l'adéquation). La vérité est une propriété intrinsèque de certains jugements évidents.

Un jugement est évident quand il s'impose à l'esprit avec une force qui exclut toute possibilité d'erreur :

  • Les jugements de perception intérieure (« je vois une couleur ») sont évidents.
  • Les jugements analytiques (« A = A », principes logiques) sont évidents.
  • Les jugements perceptifs ordinaires (« ceci est rouge ») ne sont pas évidents en ce sens strict : ils sont seulement aveugles ou présomptifs.

Cette théorie de l'évidence aura un impact considérable sur Husserl et l'épistémologie phénoménologique.

L'éthique de la préférence correcte

L'éthique brentanienne, exposée dans Vom Ursprung sittlicher Erkenntnis (L'Origine de la connaissance morale, 1889), conférence donnée à Vienne et largement diffusée, prolonge l'analyse des phénomènes psychiques. Pour Brentano, le bien et le mal ne sont pas des qualités intrinsèques des choses, ni des conventions sociales, mais des propriétés des actes d'amour et de haine corrects (richtige Liebe und Hass).

Un acte d'amour est correct quand son objet mérite vraiment d'être aimé ; un acte de haine est correct quand son objet mérite vraiment d'être haï. Cette correction se manifeste par une évidence affective comparable à l'évidence logique : certains objets exigent universellement l'amour (la connaissance, la beauté, la vertu), certains exigent universellement la haine (l'ignorance, la souffrance évitable, le vice).

Cette éthique de l'évidence affective influencera fortement Max Scheler, Nicolaï Hartmann et toute la phénoménologie axiologique du XXᵉ siècle.

Œuvres majeures

Von der mannigfachen Bedeutung des Seienden nach Aristoteles (Sur les multiples sens de l'étant selon Aristote, 1862)

Thèse de doctorat, publiée à Tübingen. Étude philologique et philosophique sur la pluralité des sens de l'être chez Aristote. Texte qui marquera profondément le jeune Heidegger en 1907, comme il le rappelle lui-même : c'est par ce livre qu'il découvre la question de l'être.

Die Psychologie des Aristoteles, insbesondere seine Lehre vom νοῦς ποιητικός (La Psychologie d'Aristote, particulièrement sa doctrine du noûs poiètikos, 1867)

Mémoire d'habilitation. Étude approfondie de la psychologie aristotélicienne, notamment de la doctrine de l'intellect agent. Œuvre fondatrice du néo-aristotélisme brentanien.

Psychologie vom empirischen Standpunkt (Psychologie du point de vue empirique, 1874)

Œuvre maîtresse. Publication en deux tomes prévus, dont seul le premier paraît du vivant de Brentano (les autres seront édités posthumément à partir de ses manuscrits). Pose la thèse de l'intentionnalité comme critère du psychique, distingue représentations, jugements et actes affectifs, expose la méthode de la perception intérieure. Traduction française : Psychologie du point de vue empirique, trad. M. de Gandillac, Vrin, 2008 (rééd. de 1944).

Vom Ursprung sittlicher Erkenntnis (L'Origine de la connaissance morale, 1889)

Conférence donnée à la Société de droit de Vienne en 1889, publiée la même année. Exposé condensé de l'éthique brentanienne : le bien et le mal comme propriétés des actes d'amour et de haine corrects. Texte court et accessible. Traduction française : L'Origine de la connaissance morale, trad. M. de Launay et J.-C. Gens, Gallimard, 2003.

Über die Zukunft der Philosophie (Sur l'avenir de la philosophie, 1893)

Discours rectoral pour l'inauguration du recteur de l'université de Vienne. Plaidoyer pour une refondation scientifique de la philosophie. Texte programmatique.

Aristoteles und seine Weltanschauung (Aristote et sa vision du monde, 1911)

Étude tardive sur la cosmologie et la métaphysique aristotéliciennes. Témoigne de la permanence de l'aristotélisme dans la pensée brentanienne.

Œuvres posthumes

L'essentiel de l'œuvre de Brentano paraît posthumément. Ses anciens élèves Oskar Kraus et Alfred Kastil éditent à partir des années 1920 des dizaines de volumes : Wahrheit und Evidenz (Vérité et évidence, 1930), Kategorienlehre (Doctrine des catégories, 1933), Religion und Philosophie (Religion et philosophie, 1954), Grundlegung und Aufbau der Ethik (Fondement et construction de l'éthique, 1952), volumes de correspondance, manuscrits sur la psychologie descriptive, etc.

Postérité et influence

La phénoménologie husserlienne

Edmund Husserl est le plus illustre élève de Brentano. Il suit ses cours à Vienne entre 1884 et 1886, ce qui le convertit de la mathématique à la philosophie. Husserl dira toujours qu'il doit à Brentano sa vocation philosophique. Le concept d'intentionnalité, repris et profondément refondu par Husserl, devient le concept central de la phénoménologie. Husserl s'écarte progressivement de Brentano sur plusieurs points (statut de l'objet intentionnel, méthode phénoménologique), mais reconnaît toujours sa dette principale.

L'École de Brentano

Une véritable « École de Brentano » s'est constituée autour de ses anciens élèves :

  • Alexius Meinong (1853-1920) fonde l'École de Graz et développe une théorie des objets (Gegenstandstheorie) qui prolonge et radicalise l'analyse brentanienne de l'objet intentionnel. Meinong soutiendra l'existence d'objets « inexistants » comme objets propres de pensées sur ce qui n'existe pas.
  • Christian von Ehrenfels (1859-1932) théorise les Gestaltqualitäten (qualités de forme) qui préparent la psychologie de la Gestalt.
  • Kasimir Twardowski (1866-1938) emporte la pensée brentanienne en Pologne et fonde l'École de Lvov-Varsovie, matrice de la grande tradition de logique polonaise du XXᵉ siècle (Łukasiewicz, Leśniewski, Tarski).
  • Carl Stumpf (1848-1936) développe la psychologie expérimentale à Berlin et forme à son tour les psychologues de la Gestalt (Wertheimer, Köhler, Koffka).
  • Anton Marty (1847-1914) prolonge la philosophie du langage brentanienne et préfigure certaines analyses de la philosophie analytique du langage.

Cette descendance multiple fait de Brentano l'une des figures matricielles de la philosophie du XXᵉ siècle, particulièrement en Europe centrale.

L'influence sur Heidegger

Martin Heidegger raconte dans plusieurs textes autobiographiques que sa découverte de la philosophie commence par la lecture, à dix-sept ans (1907), de la thèse de Brentano Sur les multiples sens de l'étant selon Aristote. Cette lecture lui ouvre la question de l'être qui structurera toute son œuvre. Le concept heideggerien d'intentionnalité (dans Sein und Zeit, 1927) garde quelque chose du concept brentanien, médiatisé par Husserl.

L'influence sur Freud

Sigmund Freud suit les cours de Brentano à Vienne pendant trois semestres (1874-1876), dans une période décisive de sa formation intellectuelle. Plusieurs lettres de Freud à des camarades attestent son admiration pour Brentano. Le concept psychanalytique d'investissement libidinal sur un objet, et plus largement la conception freudienne de la « représentation » et de l'« affect », porte des traces brentaniennes que l'historiographie freudienne récente met de plus en plus en lumière.

La philosophie analytique de l'esprit

Au XXᵉ siècle tardif, le concept brentanien d'intentionnalité a été repris et discuté par la philosophie analytique de l'esprit. Roderick Chisholm (élève de Russell et de Brentano par la médiation de Marty) a profondément renouvelé la pensée brentanienne. La question « Y a-t-il quelque chose de spécifique au mental que ne capture pas la description physique ? » est encore aujourd'hui posée en termes brentaniens (Searle, Dennett, Jaegwon Kim).

Le réisme et la philosophie analytique

L'ontologie tardive de Brentano (réisme) a inspiré la position de Tadeusz Kotarbiński en Pologne et trouve des échos dans certaines positions analytiques contemporaines (Peter van Inwagen, par exemple, sur l'inexistence des objets composés).

La redécouverte récente

Longtemps connu surtout par la médiation de ses élèves, Brentano fait l'objet depuis les années 1990 d'une redécouverte philosophique propre, particulièrement en Italie, en Pologne et dans le monde anglo-saxon. La Stanford Encyclopedia of Philosophy lui consacre une notice abondante. Plusieurs colloques internationaux ont été organisés pour étudier sa pensée pour elle-même et non plus seulement comme antécédent.

Pour aller plus loin

  • Franz Brentano, Psychologie du point de vue empirique, Vrin, 2008. L'œuvre maîtresse, exigeante mais essentielle.
  • Franz Brentano, L'Origine de la connaissance morale, Gallimard, 2003. Court (60 pages), accessible, l'éthique brentanienne en condensé.
  • Jean-François Courtine, La Cause de la phénoménologie, PUF, 2007. Étude française qui restitue le rôle matriciel de Brentano.
  • Denis Fisette et Guillaume Fréchette, À l'école de Brentano, Vrin, 2007. Recueil collectif sur la diversité de l'École brentanienne.
  • Roderick Chisholm, Brentano and Intrinsic Value, Cambridge University Press, 1986. Étude analytique sur l'éthique de Brentano.
  • Notice « Franz Brentano » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy (plato.stanford.edu/entries/brentano/), par Wolfgang Huemer.
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