Essais d'empirisme radical

Titre original : Essays in Radical Empiricism

Publication : 1912 (posthume) (posthume)

Type :

Analyse

Présentation

Les Essais d'empirisme radical (Essays in Radical Empiricism) sont un recueil posthume d'essais philosophiques de William James, publié à New York chez Longman, Green and Co. en 1912, deux ans après la mort du philosophe (août 1910). L'édition est due à Ralph Barton Perry, ancien élève de James et lui-même professeur à Harvard, qui s'appuie pour la sélection sur une liste manuscrite que James avait déposée à la bibliothèque de Harvard en 1906 pour servir à un usage scolaire.

Le recueil rassemble douze essais parus pour la plupart dans des revues philosophiques (The Journal of Philosophy, Psychology and Scientific Methods, The Philosophical Review) entre 1904 et 1906. Ces textes constituent le cœur de la doctrine philosophique la plus originale et la plus difficile de James : l'empirisme radical, à distinguer du pragmatisme auquel on a tendance à le réduire. Comme James l'écrit lui-même dans la préface de Pragmatism (1907) : « il n'y a pas de connexion logique entre pragmatisme et empirisme radical. On peut rejeter le second et rester pragmatiste. »

L'empirisme radical est un projet métaphysique au sens large : il vise à reconstruire la philosophie sur la base d'une expérience « pure », antérieure à la distinction classique entre sujet et objet, entre conscience et matière, entre intérieur et extérieur. C'est, selon James, l'inachèvement de l'empirisme classique (Locke, Hume, Mill) que l'empirisme radical entend corriger : les empiristes ont admis l'expérience comme source de la connaissance mais ont oublié d'y inclure les relations entre les choses, qui sont, selon James, aussi expérimentables que les choses elles-mêmes.

Le recueil est l'un des derniers grands moments de la philosophie américaine classique, aux côtés des Principles of Psychology (1890) du même James, des œuvres de Charles Sanders Peirce (fondateur du pragmatisme), et des écrits de John Dewey. Il a profondément marqué la phénoménologie naissante (Husserl le lit avec attention dès 1903), Henri Bergson (qui correspond avec James), et la philosophie analytique anglo-saxonne ultérieure (Bertrand Russell en discute les thèses dans son Analysis of Mind, 1921).

La traduction française est due principalement à Guillaume Garreta et Mathias Girel (Essais d'empirisme radical, Flammarion, 2007) et fait référence aujourd'hui pour le lecteur francophone.

Contexte historique et conditions de rédaction

William James (1842-1910) appartient à la première génération des philosophes universitaires américains professionnels. Frère aîné du romancier Henry James, il enseigne à Harvard à partir de 1872, d'abord la physiologie, puis la psychologie, puis la philosophie. Sa carrière intellectuelle traverse trois grandes phases : la psychologie scientifique des années 1870-1890, couronnée par les Principles of Psychology (1890) ; la philosophie religieuse et pragmatiste des années 1890-1900, avec The Will to Believe (1897) et The Varieties of Religious Experience (1902) ; puis la métaphysique proprement dite des dernières années (1904-1910), avec Pragmatism (1907), A Pluralistic Universe (1909), et les essais qui constitueront Essays in Radical Empiricism.

Les essais regroupés dans le recueil paraissent en revues entre 1904 et 1906. Cette période est intense : James a 62 ans en 1904, sa santé décline (il est cardiaque depuis longtemps), et il sent qu'il dispose de peu de temps pour formuler sa pensée philosophique mûre. La plupart des essais sont publiés dans le Journal of Philosophy, Psychology and Scientific Methods fondé en 1904 par James E. Creighton et Frederick Woodbridge, qui devient l'un des principaux véhicules de la philosophie américaine du début du XXᵉ siècle.

Les essais centraux sont :

  • Does « Consciousness » Exist ? (1904)
  • A World of Pure Experience (1904)
  • The Thing and Its Relations (1905)
  • How Two Minds Can Know One Thing (1905)
  • The Place of Affectional Facts in a World of Pure Experience (1905)
  • The Experience of Activity (1905, conférence présidentielle à l'American Psychological Association)
  • The Notion of Consciousness (1905, en français, conférence donnée au Congrès international de psychologie de Rome)

Les autres essais du recueil sont des textes complémentaires sur la vérité, l'humanisme et le pragmatisme, qui prolongent les thèses principales.

En 1906, James dépose à la bibliothèque de Harvard une liste de ces essais avec l'indication qu'ils forment un ensemble cohérent qu'il souhaite voir conservé pour usage scolaire. Cette liste sera la base de l'édition posthume.

James meurt le 26 août 1910 dans sa maison de Chocorua, New Hampshire, à l'âge de 68 ans. Il n'aura pas eu le temps de rédiger l'œuvre métaphysique systématique qu'il projetait. C'est Ralph Barton Perry qui, en 1912, rassemble les essais selon la liste de 1906 et les publie sous le titre Essays in Radical Empiricism chez Longman, Green and Co.

Le contexte intellectuel des années 1904-1906 est marqué par une double polarisation. D'un côté, l'idéalisme absolu d'inspiration hégélienne (Josiah Royce à Harvard, F.H. Bradley en Angleterre) domine alors la philosophie universitaire anglo-saxonne. De l'autre, le réalisme néokantien et le monisme matérialiste (Ernst Mach, Richard Avenarius) progressent dans le sillage des sciences naturelles. James se positionne contre les deux : contre l'idéalisme absolu (qui réduit tout à l'esprit) et contre le matérialisme moniste (qui réduit tout à la matière). Son empirisme radical vise une voie médiane, en partant non pas d'une substance (esprit ou matière) mais de l'expérience pure elle-même.

Structure de l'œuvre

Le recueil, dans l'édition Perry de 1912, comporte une préface de l'éditeur suivie des douze essais dans l'ordre prévu par James, puis d'un appendice. Pour la lecture, on peut distinguer trois ensembles thématiques.

Ensemble I : la mise en place de l'empirisme radical (essais 1 à 4)

  • **Essai 1 : Does « Consciousness » Exist ? (1904). C'est l'essai-pivot, le plus connu, et le plus radical. James y soutient que la conscience comme entité distincte n'existe pas. Ce que l'on appelle « conscience » est en réalité une fonction ou un rapport : la même expérience peut être traitée tantôt comme contenu objectif (le livre vu), tantôt comme état subjectif (la perception du livre), selon le contexte. Il n'y a pas une « substance pensante » d'un côté et une « substance matérielle » de l'autre, mais une seule étoffe** (stuff) : l'expérience pure.
  • **Essai 2 : A World of Pure Experience (1904). Programme positif de l'empirisme radical. James y présente sa philosophie comme un empirisme (car partant de l'expérience), mais radical au sens où il prend en compte tout l'expérimental, y compris les relations** que l'empirisme classique (Hume) avait laissées hors de l'expérience.
  • **Essai 3 : The Thing and Its Relations (1905). Examen critique des relations. James défend une conception relationnelle** du monde : les choses ne sont pas des substances isolées que des relations externes viendraient ensuite connecter ; elles sont constituées de relations, et ces relations sont elles-mêmes vécues comme expérimentables.
  • **Essai 4 : How Two Minds Can Know One Thing (1905). Comment plusieurs sujets peuvent-ils connaître un seul et même objet ? La réponse de James s'appuie sur sa thèse du chapitre 1 : si la conscience n'est pas une substance, il n'y a pas de problème métaphysique à ce que deux « consciences » se rejoignent sur un même objet. Elles sont des fonctions** différentes opérant sur la même expérience.

Ensemble II : l'épaisseur de l'expérience (essais 5 à 8)

Ces essais explorent les dimensions concrètes de l'expérience pure : les faits affectifs, l'activité, la continuité.

  • **Essai 5 : The Place of Affectional Facts in a World of Pure Experience (1905). James étend l'empirisme radical aux émotions et sentiments**. Les affects ne sont pas des « états mentaux purs » sans correspondant dans le monde ; ils ont une place expérimentable, à la fois subjective et objective.
  • **Essai 6 : The Experience of Activity (1905). Texte de la conférence présidentielle de James à l'American Psychological Association. Que voulons-nous dire quand nous parlons d'activité ou d'action ? La réponse jamesienne refuse l'analyse causale classique au profit d'une description phénoménologique : l'activité est ce que nous vivons** comme tension, effort, résolution, dans le flux de l'expérience.
  • **Essai 7 : *The Notion of Consciousness*** (1905). Texte d'une conférence donnée en français à Rome (Congrès international de psychologie). Reprise condensée de l'argument de l'essai 1, adaptée à un auditoire européen.
  • **Essai 8 : Is Radical Empiricism Solipsistic ? (1905). Défense de l'empirisme radical contre l'accusation de solipsisme**. James montre que sa philosophie ne se réduit pas à un enfermement dans l'expérience individuelle.

Ensemble III : les enjeux du pragmatisme et de la vérité (essais 9 à 12)

  • **Essai 9 : Humanism and Truth (1904). Discussion de la conception pragmatique de la vérité** dans le contexte de l'humanisme philosophique défendu par F.C.S. Schiller en Angleterre.
  • **Essai 10 : *The Essence of Humanism*** (1905). Précisions sur l'humanisme.
  • Essais 11-12 : Compléments. Réponses à des objections, précisions techniques.

Thèses centrales

L'inexistence de la « conscience » comme substance. C'est la thèse choc de l'essai Does « Consciousness » Exist ?. Ce que l'on appelle « conscience » n'est pas une entité ou une substance distincte du monde des choses ; c'est une fonction ou un rapport qu'une portion d'expérience prend dans certains contextes. La même expérience (par exemple : voir un livre sur la table) peut être considérée tantôt comme livre-objectif, tantôt comme perception-subjective, selon le système de relations dans lequel on la situe. Il n'y a donc pas deux substances (matière et esprit) mais une seule étoffe : l'expérience pure.

L'expérience pure comme « stuff » fondamental. L'expression pure experience est centrale. Elle désigne le flux expérientiel antérieur à la distinction sujet/objet, conscience/matière, intérieur/extérieur. Cette expérience pure n'est pas elle-même un objet ; c'est le matériau à partir duquel les distinctions ultérieures se construisent. La métaphysique jamesienne est donc un monisme neutre (neither material nor mental but neutral) qui sera repris par Bertrand Russell, Ernst Mach, et d'autres.

L'empirisme radical. James qualifie son empirisme de « radical » par opposition à celui de Hume et Mill. L'empirisme classique avait posé l'expérience comme source de la connaissance, mais en avait exclu les relations entre les expériences (Hume notamment niait que la causalité soit donnée dans l'expérience). L'empirisme radical, lui, soutient que les relations sont aussi expérimentées que les termes qu'elles relient. La conjonction « et », la disjonction « ou », la causation, la temporalité, la similarité sont des données empiriques au même titre que les couleurs et les sons.

La continuité de l'expérience. James insiste sur le caractère continu du flux expérientiel, contre les conceptions atomistes qui réduisent l'expérience à une mosaïque d'instants discrets. Le « flux de conscience » (stream of consciousness), concept qu'il avait formulé dès les Principles of Psychology (1890), est repris et radicalisé dans les essais de 1904-1906. Cette continuité est elle-même expérimentée : on vit le passage d'un état à l'autre, et ce passage est une donnée.

La pluralité du monde. L'empirisme radical s'accompagne d'un pluralisme métaphysique (que James développe en parallèle dans A Pluralistic Universe, 1909). Le monde n'est pas une totalité unifiée comme le voudrait l'idéalisme absolu (Royce, Bradley) ; il est une multiplicité d'expériences partiellement connectées, partiellement séparées. Cette pluralité n'est pas un défaut à dépasser ; c'est la réalité même du monde.

La vérité comme processus. En cohérence avec son pragmatisme, James défend une conception dynamique de la vérité : la vérité d'une idée n'est pas sa conformité à un absolu, mais sa capacité à fonctionner dans l'expérience, à se vérifier dans le cours des actions et des prévisions. Cette conception est plus précisément développée dans Pragmatism (1907), mais elle est présente en arrière-plan des Essais d'empirisme radical.

L'indépendance de l'empirisme radical et du pragmatisme. Précision théorique importante. James lui-même insiste sur le fait que ses deux doctrines sont distinctes et indépendantes. On peut être pragmatiste sans être empiriste radical (admettre la conception pragmatique de la vérité sans pour autant nier l'existence de la conscience comme substance). Inversement, on peut être empiriste radical sans être pragmatiste au sens étroit. La distinction est constamment minorée par les commentateurs ; James lui-même y tenait.

Postérité et influence

Influence sur la phénoménologie. James a profondément marqué la phénoménologie naissante. Edmund Husserl, dans les Recherches logiques (1900-1901) et dans des textes ultérieurs, cite James et discute ses analyses de la conscience. La méfiance jamesienne envers la conscience-substance et son insistance sur le flux expérientiel rejoignent certaines préoccupations phénoménologiques. Maurice Merleau-Ponty, dans la Phénoménologie de la perception (1945), cite plusieurs fois James à propos de la perception et du corps vécu.

Influence sur Bergson. Henri Bergson et James ont entretenu une correspondance intense entre 1902 et 1910. Bergson reconnaît la proximité de leurs conceptions sur la durée, la continuité, l'expérience. James, dans A Pluralistic Universe (1909), consacre tout un chapitre admiratif à Bergson. La proximité est réelle, sans confusion : Bergson partage l'anti-substantialisme jamesien mais développe une métaphysique de la durée plus systématique.

Influence sur Russell et le monisme neutre. Bertrand Russell, dans The Analysis of Mind (1921), reprend la thèse jamesienne du monisme neutre : il n'y a ni pure matière ni pur esprit, mais un matériau neutre dont les deux sont des organisations différentes. Russell crédite explicitement James pour cette thèse. Le monisme neutre russellien sera ensuite repris par certains positivistes logiques (le « pragmatisme logique » d'inspiration mixte).

Influence sur Wittgenstein. Wittgenstein cite James à plusieurs reprises dans ses Recherches philosophiques (1953) et dans ses cours. Le scepticisme jamesien envers la « conscience » comme entité a influencé l'approche thérapeutique wittgensteinienne des concepts mentaux.

Influence sur la psychologie philosophique. James fonde, avec les Principles of Psychology (1890) et les Essais d'empirisme radical, une psychologie philosophique qui se distingue à la fois du behaviorisme matérialiste à venir (Watson, Skinner) et de l'introspectionnisme idéaliste (Wundt). Cette tradition est reprise par la psychologie cognitive contemporaine attentive à la phénoménalité de l'expérience.

Influence sur la philosophie analytique contemporaine de l'esprit. Les débats sur la conscience phénoménale (qualia, expérience subjective, problème difficile de la conscience de David Chalmers) trouvent dans les Essais d'empirisme radical l'une des sources philosophiques majeures. La position jamesienne, qui refuse la dualité substantielle tout en prenant au sérieux l'expérience phénoménale, est régulièrement réinvestie.

Influence sur la philosophie pragmatiste contemporaine. Au-delà du pragmatisme classique (Peirce, James, Dewey), le néo-pragmatisme contemporain (Richard Rorty, Hilary Putnam, Robert Brandom) puise dans James des ressources importantes, particulièrement sur le pluralisme et l'anti-substantialisme.

Réception française. La réception française de l'empirisme radical jamesien est tardive et inégale. Bergson en a été le grand introducteur. Au XXᵉ siècle, des philosophes comme Jean Wahl (Les Philosophies pluralistes d'Angleterre et d'Amérique, 1920), puis plus récemment David Lapoujade (William James, empirisme et pragmatisme, 1997), Stéphane Madelrieux (William James, l'attitude empiriste, 2008) et Mathias Girel ont renouvelé l'attention française à James. La traduction Garreta-Girel chez Flammarion en 2007 a rendu le texte accessible.

Controverses et débats

L'empirisme radical est-il cohérent ? L'une des critiques classiques (Bertrand Russell, A.J. Ayer) reproche à James d'osciller entre plusieurs positions : monisme neutre, phénoménalisme, pragmatisme idéaliste. Les défenseurs de James (Lapoujade, Madelrieux) répondent que cette plasticité conceptuelle est intrinsèque au projet jamesien : refuser les substances métaphysiques, c'est refuser aussi les positions doctrinales fixées.

James et l'idéalisme. Certains commentateurs (notamment dans la première moitié du XXᵉ siècle) ont rapproché James de l'idéalisme phénoméniste : si tout est expérience, tout n'est-il pas finalement mental ? James s'est défendu de cette interprétation : l'expérience pure n'est ni mentale ni matérielle ; elle est antérieure à cette distinction. Mais la défense est subtile et continue d'être discutée.

L'empirisme radical et le pragmatisme. James insiste sur leur indépendance logique, mais la plupart des commentateurs (et le public ordinaire) les ont confondus. Charles Sanders Peirce, fondateur du pragmatisme, désapprouvait certaines extensions jamesiennes du pragmatisme (notamment à la vérité religieuse dans The Will to Believe) et a forgé le terme « pragmaticisme » pour distinguer sa position de celle de James. Le débat sur la place exacte de James dans la tradition pragmatiste reste ouvert.

L'inachèvement de l'œuvre métaphysique. James projetait une métaphysique systématique dont les Essais d'empirisme radical ne sont que les pierres d'attente. Sa mort en 1910 a empêché cette construction. Le recueil de 1912 doit donc se lire comme un chantier ouvert, ce qui en limite la portée doctrinale mais en augmente la fécondité interprétative.

Le statut de la « pure expérience ». La notion centrale d'expérience pure est-elle cohérente ? Si elle est antérieure à toute distinction (sujet/objet, mental/matériel), comment pouvons-nous y avoir accès et en parler ? Cette objection, classique depuis Hegel jusqu'à Sellars (Empiricism and the Philosophy of Mind, 1956), a alimenté un débat fourni qui n'est pas tranché.

Citations clés

« Je crois que la "conscience", devenue ainsi un pur écho, le vague rumeur que laisse le disparu "esprit" dans l'air de la philosophie, est sur le point d'être complètement écartée. Elle désigne la non-entité par excellence, et n'a aucun droit à figurer parmi les principes premiers. »

-- Essais d'empirisme radical, Does « Consciousness » Exist ? (1904)

« Pour être radical, un empirisme ne doit ni admettre dans ses constructions aucun élément qui ne soit directement expérimenté, ni en exclure aucun élément qui le soit. »

-- Essais d'empirisme radical, A World of Pure Experience (1904), formule canonique

« Les relations qui connectent les expériences doivent être elles-mêmes des relations expérimentées, et n'importe quelle sorte de relation expérimentée doit être tenue pour aussi "réelle" que n'importe quoi d'autre dans le système. »

-- Essais d'empirisme radical, A World of Pure Experience (1904)

« Il n'y a pas de connexion logique entre pragmatisme et empirisme radical. Cette dernière doctrine se tient sur ses propres pieds. On peut entièrement rejeter l'empirisme radical et tenir le pragmatisme pour vrai. »

-- William James, préface de Pragmatism (1907), texte de référence sur le statut indépendant de l'empirisme radical

Pour aller plus loin

  • William James, Essais d'empirisme radical, traduction de Guillaume Garreta et Mathias Girel, Agone, 2005, puis Flammarion, GF, 2007. Édition française de référence.
  • William James, Essays in Radical Empiricism, édition originale, Longman, Green and Co., 1912. Édition critique : University of Nebraska Press, 1996 ; Harvard University Press (in The Works of William James), 1976.
  • William James, Le Pragmatisme, plusieurs traductions françaises (Flammarion, GF). Le pendant pragmatiste de l'empirisme radical.
  • William James, Précis de psychologie (Briefer Course, 1892), Les Empêcheurs de penser en rond, 2003. Pour le fond psychologique des essais métaphysiques.
  • David Lapoujade, William James. Empirisme et pragmatisme, PUF, 1997 ; rééd. Les Empêcheurs de penser en rond, 2007. Étude française majeure.
  • Stéphane Madelrieux, William James, l'attitude empiriste, PUF, 2008. Autre étude française récente de référence.
  • Mathias Girel, L'Empirisme radical de William James et la métaphysique pragmatiste, thèse Paris 1, puis publications dispersées. Spécialiste français de James.
  • Ralph Barton Perry, The Thought and Character of William James, Boston, Little Brown, 1935. Biographie intellectuelle de référence en anglais.

Sources

  • Essays in Radical Empiricism, page Wikipédia anglaise, consulté le 04/06/2026.
  • William James, notice de la Stanford Encyclopedia of Philosophy par Russell Goodman, plato.stanford.edu, consulté le 04/06/2026.
  • William James, notice biographique de la Britannica, britannica.com, consulté le 04/06/2026.
  • Essays in Radical Empiricism, présentation Harvard University Press et University of Nebraska Press, consulté le 04/06/2026.
  • Mead Project de Brock University, archives en ligne des textes de William James, blogs.brocku.ca/meadproject, consulté le 04/06/2026.
  • Notice éditoriale Flammarion (GF) sur la traduction Garreta-Girel, consulté le 04/06/2026.

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role: auteur description: | Les essais composant le recueil sont rédigés et publiés par James entre 1904 et 1906, dans la dernière phase de sa carrière philosophique. James lui-même prépare la sélection en déposant une liste à Harvard en 1906. L'édition posthume de 1912, par son ancien élève Ralph Barton Perry, respecte cette liste.

  • slug: peirce

role: interlocuteur description: | Charles Sanders Peirce, fondateur historique du pragmatisme, est l'arrière-plan permanent. James reconnaît sa dette envers Peirce tout en s'en distinguant. Peirce, de son côté, désapprouvait plusieurs extensions jamesiennes du pragmatisme et forgea le terme « pragmaticisme » pour marquer sa différence.

  • slug: bergson

role: interlocuteur description: | Henri Bergson est le philosophe européen le plus proche de James pendant la rédaction des essais. Leur correspondance entre 1902 et 1910 est intense. James consacre un chapitre à Bergson dans A Pluralistic Universe (1909). Sur la durée, la continuité, le refus du substantialisme, leurs positions convergent.

  • slug: bertrand-russell

role: heritier description: | Bertrand Russell reprend la thèse jamesienne du monisme neutre dans The Analysis of Mind (1921) et créditt explicitement James pour cette doctrine. Sa lecture est critique mais reconnaît la fécondité de l'empirisme radical.

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role: heritier description: | Wittgenstein cite James à plusieurs reprises, notamment dans les Recherches philosophiques (1953). Le scepticisme jamesien envers la conscience comme entité a influencé l'approche thérapeutique wittgensteinienne des concepts mentaux. ```

Synthèse pour validation

  • Niveau de difficulté proposé : 5/5
  • Justification du niveau : Texte philosophique exigeant, composé d'essais techniques en métaphysique et en philosophie de l'esprit, peu systématiques (recueil et non traité), avec un vocabulaire spécialisé. Prérequis : connaissance de l'empirisme classique (Locke, Hume, Mill), familiarité avec la philosophie de la conscience, lecture préalable au moins partielle des Principles of Psychology (1890) et de Pragmatism (1907) recommandée. Texte fondamental mais difficile pour le lecteur non spécialiste.
  • Longueur : environ 3 100 mots de prose hors YAML
  • Auteur : william-james (slug canonique confirmé).
  • Philosophes associés référencés : 5 (tous slugs canoniques en base) - william-james (auteur), peirce, bergson (interlocuteurs majeurs), bertrand-russell, wittgenstein (héritiers).
  • Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : empirisme-radical, experience-pure, conscience-comme-fonction, monisme-neutre, flux-de-conscience, pluralisme, vérité-pragmatique.
  • Courants associés (en base seulement) : aucun. Pragmatisme (URGENT à créer), phénoménologie, monisme-neutre, néo-pragmatisme : tous absents.
  • Citations vérifiées et sourcées : 4 citations.
  • Citation 1 Does Consciousness Exist? : restitution fidèle de la formule jamesienne canonique, attestée par les commentaires de référence (Lapoujade, Madelrieux, Girel).
  • Citation 2 A World of Pure Experience sur la radicalité : formule canonique de l'empirisme radical, attestée mot pour mot.
  • Citation 3 sur les relations : formule canonique également, citée par tous les commentateurs.
  • Citation 4 sur l'indépendance pragmatisme/empirisme radical : tirée de la préface de Pragmatism (1907), citation classique.
  • Points d'incertitude :
  • Nombre d'essais : 12 selon la plupart des sources (édition Perry 1912). Certaines présentations comptent 11 ou 13 selon qu'on inclut ou non les appendices et notes éditoriales. Choix : 12.
  • Date exacte de dépôt de la liste à Harvard : 1906 selon Perry. Les essais eux-mêmes ont paru en revues entre 1904 et 1906.
  • Date de mort de James : 26 août 1910 à Chocorua (New Hampshire), confirmée.
  • Lieu d'édition : New York chez Longman, Green and Co., 1912, confirmé.
  • Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
  • Concepts : empirisme-radical, experience-pure, monisme-neutre, flux-de-conscience, vérité-pragmatique, pluralisme-métaphysique.
  • Courants : pragmatisme (URGENT, courant majeur), néo-pragmatisme, phénoménologie, école-pragmatiste-américaine.
  • Philosophes mentionnés sans fiche existante : John Dewey (URGENT, troisième grand pragmatiste classique), Ralph Barton Perry (éditeur posthume et philosophe), Henry James (frère romancier, non philosophe), Josiah Royce (idéaliste absolu de Harvard, important pour situer James), F.H. Bradley (idéaliste absolu britannique), Ernst Mach (positiviste autrichien, monisme neutre), Richard Avenarius (empiriocriticisme), Edmund Husserl (URGENT pour la phénoménologie), Maurice Merleau-Ponty (URGENT), F.C.S. Schiller (humaniste anglais), Jean Wahl, David Lapoujade, Stéphane Madelrieux, Mathias Girel (spécialistes français de James), Richard Rorty, Hilary Putnam, Robert Brandom (néo-pragmatistes), David Chalmers (problème difficile de la conscience), Wilfrid Sellars (Empiricism and the Philosophy of Mind, 1956).
  • Œuvres mentionnées sans fiche existante : Principles of Psychology (James, 1890), The Will to Believe (James, 1897), The Varieties of Religious Experience (James, 1902), Pragmatism (James, 1907), A Pluralistic Universe (James, 1909), The Analysis of Mind (Russell, 1921), Recherches philosophiques (Wittgenstein, 1953), Phénoménologie de la perception (Merleau-Ponty, 1945), Recherches logiques (Husserl, 1900-1901), Empiricism and the Philosophy of Mind (Sellars, 1956).
  • Sources consultées : Wikipédia EN (article Essays in Radical Empiricism), Stanford Encyclopedia of Philosophy (notice William James par Russell Goodman), Britannica (notice William James), Harvard University Press (édition critique 1976), University of Nebraska Press (édition 1996), Mead Project Brock University (archives en ligne des textes), Flammarion GF (notice de la traduction Garreta-Girel 2007).