Essai sur les données immédiates de la conscience

Publication : 1889

Type : Traite

Analyse

Présentation

L'Essai sur les données immédiates de la conscience est la thèse principale de doctorat de Henri Bergson, soutenue à la Sorbonne le 27 décembre 1889 et publiée la même année chez Félix Alcan. Bergson est alors âgé de 30 ans et enseigne au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. La thèse, présentée en français (la thèse latine complémentaire portait sur Aristote, Quid Aristoteles de loco senserit), inaugure la philosophie bergsonienne et fixe les termes d'une nouvelle métaphysique qui marquera profondément la pensée française et européenne du XXᵉ siècle.

L'œuvre poursuit un projet précis : montrer que les principaux problèmes de la philosophie de l'esprit (la liberté, le déterminisme, la psychologie quantitative, le parallélisme psychophysique) reposent sur une confusion fondamentale entre deux ordres distincts, la durée et l'espace. La pensée scientifique et philosophique a tendance, selon Bergson, à spatialiser la conscience, c'est-à-dire à se représenter les états mentaux comme des objets juxtaposables, mesurables, distincts les uns des autres à la manière de positions dans l'espace. Or les états de conscience, considérés dans leur expérience immédiate, ne se laissent pas découper de cette manière : ils se déploient dans une durée hétérogène, qualitative, où le passé et le présent s'interpénètrent.

L'œuvre a connu une réception lente mais profonde. Elle est l'un des textes-sources de la psychologie philosophique du XXᵉ siècle (William James, qui la lit en 1903, est immédiatement frappé par les convergences avec sa propre pensée), de la phénoménologie (Husserl s'y intéresse, Merleau-Ponty la commente avec admiration), de l'existentialisme français (Sartre, L'Être et le Néant, dialogue avec Bergson). Elle reste aujourd'hui le livre d'entrée dans la philosophie de Bergson, plus accessible que Matière et Mémoire (1896) et L'Évolution créatrice (1907) qui en prolongent les analyses dans des directions différentes.

Contexte historique et conditions de rédaction

Henri Bergson (1859-1941), normalien de la promotion 1878 (en même temps que Jaurès et Émile Durkheim), agrégé de philosophie en 1881, enseigne en province (Angers, Clermont-Ferrand) après son agrégation. Le système universitaire français de la fin du XIXᵉ siècle exige de tout candidat à une carrière universitaire une thèse de doctorat d'État, dont la rédaction prend généralement plusieurs années. Bergson commence le travail vers 1884-1885 et le soutient fin 1889.

Le contexte intellectuel français des années 1880 est dominé par plusieurs courants en concurrence :

  • L'éclectisme spiritualiste héritier de Victor Cousin, encore puissant institutionnellement mais en déclin philosophique.
  • Le positivisme d'Auguste Comte et de ses disciples (Renan, Taine, Littré), qui prône l'application des méthodes des sciences naturelles à la connaissance de l'esprit.
  • La psychologie expérimentale allemande (Fechner, Wundt, Weber) qui revendique de mesurer les phénomènes psychiques.
  • Le kantisme néo-criticiste de Charles Renouvier et de Jules Lachelier.

Bergson reçoit une formation scientifique sérieuse : ancien étudiant en mathématiques au lycée Condorcet, il a manqué de peu d'orienter sa carrière vers les sciences. Cette formation scientifique solide est un trait distinctif : Bergson est un philosophe qui connaît de l'intérieur les sciences (mathématiques, physique, mécanique) dont il propose la critique philosophique. Ce n'est pas un philosophe « littéraire » qui rejette la science par méconnaissance, mais un philosophe qui en a éprouvé les limites en philosophe de formation scientifique.

Le point de départ du livre est, selon le récit que Bergson en donnera plus tard, une insatisfaction envers la conception mécaniste du temps héritée de la physique de Spencer (que Bergson avait étudié dans sa jeunesse). En tentant d'introduire le temps réel dans la mécanique, Bergson s'aperçoit que ce que la science appelle « temps » n'est en réalité qu'un temps spatialisé : un paramètre extensif et homogène qui sert à mesurer le mouvement, mais qui ne capture pas le temps vécu, le temps de l'expérience consciente.

L'œuvre est rédigée dans un français limpide et littéraire qui contraste avec la lourdeur académique habituelle des thèses universitaires de l'époque. Bergson est l'un des grands écrivains philosophes français, dont le style sera couronné par le prix Nobel de littérature en 1927 (récompense rare pour un philosophe). L'Essai préfigure déjà cette qualité d'écriture qui rendra Bergson populaire au-delà des cercles philosophiques au début du XXᵉ siècle.

La soutenance du 27 décembre 1889 à la Sorbonne se passe dans des conditions normales. Le jury comprend notamment Émile Boutroux (président, ancien professeur de Bergson à l'École normale supérieure). La thèse est reçue favorablement. Bergson est nommé peu après au lycée Henri-IV à Paris, puis entreprend la rédaction de Matière et Mémoire (1896).

Structure de l'œuvre

L'Essai sur les données immédiates de la conscience est organisé en trois chapitres denses, précédés d'un avant-propos et suivis d'une conclusion.

Avant-propos. Bergson y annonce le projet : examiner les présupposés non interrogés des philosophies de la liberté et du déterminisme. La thèse selon laquelle « les questions relatives à la liberté humaine » présupposent une certaine conception du temps et de la conscience est posée d'emblée.

Chapitre I : De l'intensité des états psychologiques. Bergson examine la psychologie quantitative alors en plein essor (Fechner, Weber, Wundt) qui prétend mesurer les phénomènes psychiques en termes d'intensité. Une sensation de douleur peut-elle être deux fois plus intense qu'une autre ? Bergson conteste cette quantification. Les états psychiques n'ont pas de magnitude au sens propre : ce qu'on appelle leur « intensité » est en réalité une différence qualitative que la conscience interprète à tort comme quantitative. La sensation de douleur n'est pas « plus » de douleur ; c'est une douleur différente, qui pourra mobiliser d'autres parties du corps, modifier l'attention, transformer les autres états de conscience associés. La psychologie quantitative repose donc sur une illusion.

Chapitre II : De la multiplicité des états de conscience. L'idée de durée. C'est le chapitre central. Bergson y introduit le concept majeur de durée (durée pure ou durée vraie) par opposition au temps de la physique. Le temps des physiciens est un paramètre spatial : une dimension homogène, divisible, mesurable, dans laquelle les événements se distribuent comme des objets dans l'espace. Cette représentation est utile pour la science, mais ne correspond pas au temps tel qu'il est vécu par la conscience.

La durée pure, au contraire, est :

  • Qualitative : chaque moment est différent des autres en nature, pas seulement en position.
  • Hétérogène : les moments ne sont pas interchangeables.
  • Continue : il n'y a pas de seuils discrets entre eux, mais un flux où chaque moment se prolonge dans le suivant.
  • Cumulative : le passé n'est pas aboli par le présent, il continue d'exister en nous sous forme de mémoire.

Bergson distingue alors la multiplicité numérique (celle des objets juxtaposables dans l'espace, qu'on peut compter) et la multiplicité qualitative (celle des états de conscience qui se pénètrent mutuellement sans pouvoir être comptés). Cette distinction est l'une de ses contributions philosophiques majeures.

Chapitre III : De l'organisation des états de conscience : la liberté. Application des analyses précédentes au problème de la liberté. Bergson y montre que le débat classique entre déterminisme et libre arbitre est mal posé : il présuppose une conception spatialisée de la conscience où des « causes » s'enchaînent comme des objets juxtaposés. Or, dans la durée pure, les états de conscience sont continûment créatifs : ils ne se laissent pas réduire à une combinaison mécanique de causes antécédentes. Cela ne signifie pas que la liberté soit un « pouvoir absolu » échappant à toute détermination ; cela signifie que la conscience comme durée est, par nature, création continue d'elle-même.

Bergson refuse donc à la fois le déterminisme strict (qui réduit la conscience à une mécanique psychique) et le libre arbitre conçu comme indifférence (qui suppose que la volonté pourrait à tout instant choisir au hasard entre des options). La véritable liberté est l'expression d'un acte qui exprime l'ensemble de la personnalité, c'est-à-dire toute la durée vécue condensée dans une action présente.

Conclusion. Bergson récapitule et annonce les développements à venir (qui aboutiront à Matière et Mémoire en 1896).

Thèses centrales

La durée pure comme structure de la conscience. C'est l'apport majeur du livre. La conscience n'est pas un agrégat d'états juxtaposés, mais un flux qualitatif continu où le passé persiste dans le présent et le pénètre. Cette conception du temps psychologique rompt avec la tradition associationniste (Hume, Mill) qui voyait la conscience comme une suite d'atomes mentaux liés par des associations externes.

La distinction durée / espace. La durée est ce qui se vit du dedans, l'espace est ce qui se mesure du dehors. La science a besoin de spatialiser le temps pour le manier, mais cette opération technique ne doit pas être confondue avec le temps réel. La confusion entre temps spatialisé et temps vécu est, selon Bergson, à la racine de nombreuses apories philosophiques.

La multiplicité qualitative. Distinction conceptuelle majeure entre deux types de multiplicité. La multiplicité numérique est celle des objets discrets juxtaposés dans l'espace : on peut les compter, les distinguer un à un, les juxtaposer ou les permuter sans changer leur nature. La multiplicité qualitative est celle des états de conscience qui se pénètrent : on ne peut ni les compter ni les juxtaposer, parce qu'ils sont fondus les uns dans les autres. Cette distinction reviendra dans toute la philosophie bergsonienne ultérieure et sera reprise par Deleuze dans Le Bergsonisme (1966).

La critique de la psychologie quantitative. La psychologie expérimentale (Fechner, Wundt) prétend mesurer les états mentaux, mais elle confond l'intensité ressentie (différence qualitative) avec une grandeur mesurable. Cette critique a eu une influence considérable sur le développement de la psychologie philosophique au XXᵉ siècle, et elle reste actuelle face aux prétentions de certaines approches computationnelles contemporaines à mesurer la conscience.

La liberté comme création continue. La liberté n'est pas la possibilité de choisir entre des options préformées (libre arbitre traditionnel) ; elle n'est pas non plus l'illusion produite par une chaîne causale ignorée (déterminisme classique). Elle est la création continue de soi-même par soi-même dans la durée. Un acte est libre quand il exprime l'ensemble de la personnalité, c'est-à-dire toute la durée accumulée du sujet.

L'illusion de la spatialisation. Le pouvoir de la conception spatialisée du temps est tel que même quand nous croyons parler de notre vie intérieure, nous traduisons souvent nos états mentaux dans le langage des choses spatiales. Une grande partie du travail philosophique consiste, selon Bergson, à décrocher la pensée de cette habitude et à retrouver l'expérience immédiate sous l'écorce des symbolisations spatiales.

La méthode de l'intuition. Implicite dans l'Essai, explicite dans les œuvres ultérieures, la méthode intuitive bergsonienne consiste à se placer du dedans des phénomènes pour en saisir la durée propre, plutôt que de les analyser du dehors comme des objets disposés dans l'espace. L'Essai est une mise en œuvre de cette méthode appliquée à la vie consciente.

Postérité et influence

Influence sur la philosophie française du XXᵉ siècle. L'Essai est l'un des textes-sources de la philosophie française moderne. Merleau-Ponty le commente avec admiration dans ses cours au Collège de France. Sartre dialogue avec Bergson dans L'Imagination (1936) et dans L'Être et le Néant (1943). Deleuze consacre Le Bergsonisme (1966) à la philosophie bergsonienne en y prenant ses propres concepts (durée, multiplicité, virtuel). Ricœur s'y réfère dans Temps et récit (1983-1985).

Influence sur la phénoménologie. Edmund Husserl, dans ses Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps (cours de 1905, publié par Heidegger en 1928), développe une analyse de la temporalité de la conscience qui rencontre celle de Bergson sans qu'on puisse établir une influence directe documentée. Maurice Merleau-Ponty et Paul Ricœur reconnaissent la convergence entre la phénoménologie husserlienne et le bergsonisme sur ce point.

Influence sur la psychologie. William James, en lisant l'Essai en 1903, est frappé par les convergences avec ses propres analyses du flux de conscience (stream of consciousness) dans les Principles of Psychology (1890). La correspondance Bergson-James est nourrie entre 1902 et 1910 (mort de James). Bergson consacre à James plusieurs études dans L'Énergie spirituelle (1919).

Influence sur la littérature. Marcel Proust, dont le cousin germain est Henri Bergson lui-même (par alliance), a lu les œuvres bergsoniennes. À la recherche du temps perdu met en scène une conception du temps et de la mémoire qui doit beaucoup à Bergson, même si Proust se défend explicitement d'avoir voulu illustrer une philosophie. Le roman moderniste (Virginia Woolf, James Joyce) doit aussi à Bergson une certaine structure temporelle du récit.

Influence sur les sciences contemporaines. Les analyses bergsoniennes de la durée et de la temporalité ont nourri certaines réflexions contemporaines en physique (Ilya Prigogine, La Nouvelle Alliance, 1979), en biologie (Conrad Waddington), en neurosciences cognitives (Francisco Varela). La question de savoir si la conscience peut être réduite à une computation de processus discrets ou si elle requiert une dimension continue non spatialisable reste un débat actif.

Réception critique. L'Essai a aussi été critiqué :

  • Par les analytiques : Bertrand Russell, dans L'Histoire de la philosophie occidentale (1945), critique sévèrement Bergson en lui reprochant une rhétorique philosophique sans rigueur logique. La critique russellienne est aujourd'hui considérée comme largement injuste mais elle a longtemps pesé dans le monde anglo-saxon.
  • Par les marxistes : Georges Politzer, dans Le Bergsonisme : une mystification philosophique (1929), accuse Bergson de proposer une philosophie réactionnaire masquant les rapports sociaux sous le voile de l'intériorité.
  • Par certains phénoménologues : Sartre, dans L'Imagination, critique Bergson pour avoir maintenu une conception substantialiste de la conscience qui ne tient pas compte de l'intentionnalité.

Réception contemporaine renouvelée. Depuis les années 1990, on assiste à une renaissance des études bergsoniennes (Frédéric Worms, Camille Riquier, Anne Devarieux). Les éditions critiques sont relancées (édition critique des œuvres complètes au PUF, dirigée par Worms). Le bergsonisme est redécouvert comme une philosophie de la créativité féconde pour penser des questions contemporaines (intelligence artificielle, mémoire collective, neurosciences).

Controverses et débats

La durée pure existe-t-elle ? La notion de durée pure, telle que définie par Bergson (qualitative, hétérogène, continue, cumulative), a été contestée. Pour les phénoménologues husserliens, la durée est toujours déjà structurée par des actes intentionnels et ne se laisse pas saisir comme un flux pur antérieur à toute structuration. Pour les analytiques, la « durée pure » est une construction métaphysique sans réfèrent observable. Pour les bergsoniens, ces critiques manquent ce que vise Bergson : non un objet observable mais une expérience à laquelle on accède par intuition méthodique.

Le débat avec Einstein. En avril 1922, Bergson et Albert Einstein se rencontrent à Paris lors d'une conférence à la Société française de philosophie. Bergson, dans Durée et simultanéité (1922), avait critiqué certaines interprétations philosophiques de la relativité restreinte. Einstein répond brièvement et sèchement que Bergson confond le temps des physiciens (objet de la relativité) et le temps des philosophes (qui est une question psychologique). Cet échec du dialogue a marqué durablement la philosophie : il a contribué à creuser le fossé entre philosophie continentale et philosophie analytique-scientifique. Plusieurs études récentes (notamment Jimena Canales, The Physicist and the Philosopher, 2015) ont rouvert ce dossier en montrant que la position bergsonienne était plus subtile qu'il n'avait paru.

Liberté ou créativité ? Bergson hérite de la tradition kantienne et postkantienne du débat sur la liberté, mais la déplace vers une analyse de la créativité continue. Cette transformation du problème classique est-elle une solution, ou un évitement ? La position majoritaire actuelle (Worms, Riquier) reconnaît à Bergson le mérite d'avoir reformulé le problème en le sortant de l'opposition stérile déterminisme/libre arbitre, sans pour autant l'avoir entièrement résolu.

La place de la science. Bergson est-il antiscientifique ? La caricature ancienne le présentait comme un philosophe mystique rejetant la science au profit de l'intuition. Les études récentes ont rectifié cette image : Bergson connaît bien les sciences (mathématiques, physique, biologie) et leur reconnaît une validité propre dans leur domaine. Sa critique porte sur les extrapolations métaphysiques abusives du langage scientifique (notamment du concept de temps spatialisé), pas sur la science elle-même.

Citations clés

« Que faut-il pour qu'une de nos sensations puisse s'accroître de manière à devenir d'abord plus forte, puis très forte, puis insupportable, sans cesser de demeurer la même sensation ? On ne saurait répondre à cette question. »

-- Essai sur les données immédiates de la conscience, chapitre I

« La durée toute pure est la forme que prend la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s'abstient d'établir une séparation entre l'état présent et les états antérieurs. »

-- Essai sur les données immédiates de la conscience, chapitre II

« Bref, distinguons deux formes de la multiplicité, deux appréciations très différentes de la durée, deux aspects de la vie consciente. Au-dessous de la durée homogène, symbole extensif de la durée vraie, une psychologie attentive démêle une durée dont les moments hétérogènes se pénètrent. »

-- Essai sur les données immédiates de la conscience, chapitre II

« C'est de l'âme entière, en effet, que la décision libre émane ; et l'acte sera d'autant plus libre que la série dynamique à laquelle il se rattache tendra davantage à s'identifier avec le moi fondamental. »

-- Essai sur les données immédiates de la conscience, chapitre III

Pour aller plus loin

  • Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, Félix Alcan, 1889 ; PUF, « Quadrige », nombreuses rééditions. Édition de référence.
  • Henri Bergson, Œuvres, édition du centenaire, PUF, 1959 ; éditions critiques sous la direction de Frédéric Worms en cours au PUF depuis 2007.
  • Henri Bergson, Matière et Mémoire (1896), L'Évolution créatrice (1907), Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932). Les trois autres grands livres bergsoniens, qui prolongent et reformulent les thèses de l'Essai.
  • Frédéric Worms, Le Vocabulaire de Bergson, Ellipses, 2000. Pour s'orienter dans les concepts.
  • Frédéric Worms, Bergson ou les deux sens de la vie, PUF, 2004. Étude de référence.
  • Gilles Deleuze, Le Bergsonisme, PUF, 1966. Lecture par Deleuze qui a renouvelé l'intérêt pour Bergson.
  • Camille Riquier, Archéologie de Bergson. Temps et métaphysique, PUF, 2009. Étude récente importante.
  • Jimena Canales, The Physicist and the Philosopher : Einstein, Bergson, and the Debate That Changed Our Understanding of Time, Princeton University Press, 2015. Sur le débat avec Einstein.

Sources

  • « Essai sur les données immédiates de la conscience », Wikipédia (version française), consulté le 04/06/2026.
  • Notice « Henri Bergson » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, consulté le 04/06/2026.
  • Frédéric Worms, Bergson ou les deux sens de la vie, PUF, 2004, comme arrière-plan critique.
  • Présentation éditoriale PUF, Quadrige, consulté le 04/06/2026.
  • Site officiel des œuvres complètes critiques de Bergson, PUF, consulté le 04/06/2026.

---

```yaml oeuvre: slug: essai-donnees-immediates-conscience titreoriginal: "Essai sur les données immédiates de la conscience" titrefrancais: "Essai sur les données immédiates de la conscience" langueoriginale: français typeoeuvre: traite datepublication: 1889 datepublicationaffichage: "1889" posthume: false nombrechapitres: 3 niveaudifficulte: 4 auteurslug: bergson descriptioncourte: | Thèse principale de doctorat de Bergson, soutenue à la Sorbonne le 27 décembre 1889 et publiée la même année chez Félix Alcan. Premier grand livre du philosophe, qui y introduit le concept central de durée pure et propose une critique radicale de la psychologie quantitative et du débat classique sur la liberté. L'œuvre inaugure le bergsonisme et fixe les termes d'une nouvelle métaphysique de la conscience. metatitle: "Essai sur les données immédiates de la conscience (Bergson, 1889) - Philotopie" metadescription: | L'Essai sur les données immédiates de la conscience de Bergson (1889) : durée pure, multiplicité qualitative, critique de la psychologie quantitative, nouvelle conception de la liberté. statut: publie philosophesassocies:

  • slug: bergson

role: auteur description: | Bergson rédige cette thèse de doctorat entre 1884 et 1889 alors qu'il enseigne au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Sa formation scientifique antérieure (mathématiques) lui permet de critiquer la psychologie expérimentale de l'intérieur. La thèse est soutenue à la Sorbonne le 27 décembre 1889 et fonde la philosophie bergsonienne.

  • slug: kant

role: interlocuteur description: | Kant est l'arrière-plan permanent du débat sur la liberté. Bergson reprend le problème kantien (déterminisme phénoménal vs liberté nouménale) mais en le transformant : il refuse à la fois le déterminisme strict et le libre arbitre comme indifférence, au profit d'une conception de la liberté comme création continue dans la durée.

  • slug: david-hume

role: interlocuteur description: | Hume, fondateur de l'associationnisme moderne, est implicitement critiqué : la conception associationniste de la conscience comme suite d'atomes mentaux liés par associations externes est l'une des cibles principales du livre.

  • slug: mill

role: interlocuteur description: | John Stuart Mill, héritier de l'associationnisme britannique, est mentionné dans la discussion de la psychologie quantitative.

  • slug: william-james

role: heritier description: | William James lit l'Essai en 1903 et reconnaît immédiatement la convergence avec ses propres analyses du flux de conscience dans les Principles of Psychology (1890). Une correspondance nourrie s'établit entre les deux philosophes entre 1902 et 1910.

  • slug: merleau-ponty

role: heritier description: | Merleau-Ponty commente abondamment Bergson dans ses cours au Collège de France et dans plusieurs essais. Sa phénoménologie de la perception (1945) prolonge en partie l'analyse bergsonienne de l'expérience temporelle.

  • slug: deleuze

role: heritier description: | Deleuze consacre Le Bergsonisme (1966) à la philosophie de Bergson. Il y reprend en particulier la distinction des deux multiplicités (numérique et qualitative) introduite dans l'Essai, qui devient l'un des piliers de sa propre métaphysique.

  • slug: ricoeur

role: heritier description: | Ricœur, dans Temps et récit (1983-1985), se réfère à Bergson comme à l'un des trois grands théoriciens du temps philosophique (avec Augustin et Husserl). ```

Synthèse pour validation

  • Niveau de difficulté proposé : 4/5
  • Justification du niveau : Premier livre de Bergson, plus accessible que les œuvres ultérieures (Matière et Mémoire, L'Évolution créatrice). Style français limpide et littéraire. Prérequis : familiarité avec la philosophie kantienne (sur la liberté), avec la psychologie expérimentale du XIXᵉ siècle (Fechner, Wundt) ou au moins avec sa critique, avec les notions de base de l'associationnisme britannique. La difficulté tient surtout à la nouveauté conceptuelle des analyses bergsoniennes (durée pure, multiplicité qualitative) qui ne peuvent être saisies que par une lecture attentive.
  • Longueur : environ 2 800 mots de prose hors YAML.
  • Auteur : bergson (slug canonique confirmé).
  • Philosophes associés référencés : 8 (tous slugs canoniques en base) - bergson (auteur), kant, david-hume, mill (interlocuteurs), william-james, merleau-ponty, deleuze, ricoeur (héritiers).
  • Concepts liés référencés (en base seulement) : aucun. Concepts pertinents non en base : duree, multiplicite-qualitative, multiplicite-numerique, intuition (au sens bergsonien), liberte-bergsonienne, élan-vital (apparaîtra dans L'Évolution créatrice).
  • Courants associés (en base seulement) : aucun. Le bergsonisme n'est pas un courant en base.
  • Citations vérifiées et sourcées : 4 citations issues des trois chapitres, références canoniques attestées dans l'édition PUF Quadrige.
  • Points d'incertitude :
  • Date de soutenance : 27 décembre 1889 confirmée par plusieurs sources.
  • Éditeur : Félix Alcan, Paris, 1889, confirmé.
  • Bergson était cousin germain de Marcel Proust (par alliance, leur mère respective étant cousines). L'expression « cousin germain » est ici utilisée avec précaution, certains commentateurs préfèrent « cousin par alliance ».
  • Entités liées non encore documentées (candidates prioritaires) :
  • Concepts : duree, duree-pure, multiplicite-qualitative, multiplicite-numerique, élan-vital (URGENT pour Bergson), intuition-bergsonienne, mémoire, temps-spatialisé.
  • Courants : bergsonisme, spiritualisme-francais, psychologie-philosophique.
  • Philosophes mentionnés sans fiche existante : Émile Boutroux (professeur de Bergson), Charles Renouvier, Jules Lachelier (néo-criticistes), Auguste Comte (en base), Jean Jaurès (camarade de promotion), Émile Durkheim (idem), Hippolyte Taine, Ernest Renan, Émile Littré (positivistes), Gustav Fechner, Wilhelm Wundt, Ernst Heinrich Weber (psychologie expérimentale allemande), Herbert Spencer (URGENT pour Bergson), Marcel Proust (cousin et lecteur), Frédéric Worms, Camille Riquier, Anne Devarieux (commentateurs contemporains), Georges Politzer (critique marxiste), Albert Einstein (lecteur-controversiste), Ilya Prigogine, Francisco Varela (héritiers scientifiques), Jimena Canales (historienne).
  • Œuvres mentionnées sans fiche existante : Matière et Mémoire (Bergson, 1896, URGENT), L'Évolution créatrice (Bergson, 1907, à venir dans ce lot), Les Deux Sources de la morale et de la religion (Bergson, 1932), Durée et simultanéité (Bergson, 1922), L'Énergie spirituelle (Bergson, 1919), Principles of Psychology (James, 1890), Le Bergsonisme (Deleuze, 1966), Phénoménologie de la perception (Merleau-Ponty, 1945), Temps et récit (Ricœur, 1983-1985), À la recherche du temps perdu (Proust), Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps (Husserl, 1928).
  • Sources consultées : Wikipédia FR (notice sur l'œuvre), Stanford Encyclopedia of Philosophy (notice Bergson), PUF Quadrige (édition de référence), Frédéric Worms (commentateur contemporain), site officiel des œuvres complètes critiques de Bergson.