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Arthur Schopenhauer - Philotopie

Arthur Schopenhauer

22 février 1788 - 21 septembre 1860 17 min de lecture

Difficulté : 4/5

Biographie

Arthur Schopenhauer naît le 22 février 1788 à Dantzig (Danzig, aujourd'hui Gdańsk en Pologne), dans une famille de marchands prospères. Son père, Heinrich Floris Schopenhauer, négociant hanséatique attaché aux libertés républicaines de Dantzig, le prénomme « Arthur » justement parce que ce prénom se prononce à peu près de la même manière dans toutes les grandes langues européennes : il le destine à une carrière commerciale internationale. Sa mère, Johanna Schopenhauer, deviendra plus tard une romancière à succès.

Une jeunesse cosmopolite

En 1793, lorsque Dantzig est annexée par la Prusse, la famille s'installe à Hambourg, ville libre. Arthur reçoit une éducation soignée et voyage en Europe (France, Angleterre, Suisse, Autriche). À quinze ans, il fait un long voyage de formation avec ses parents, qui le destine au commerce.

Le suicide de son père en 1805 transforme sa vie. Arthur, encore engagé dans une formation commerciale qui lui pèse, peut, à dix-neuf ans, rompre avec ce destin et reprendre des études secondaires sérieuses. Sa mère s'installe à Weimar et y tient un salon littéraire où elle reçoit notamment Goethe, que le jeune Arthur rencontre à plusieurs reprises.

Études et thèse

Schopenhauer étudie à Göttingen à partir de 1809, d'abord la médecine, puis la philosophie sous l'influence du néokantien Gottlob Ernst Schulze. Il découvre Platon et Kant, qui resteront ses deux grandes références philosophiques. À Berlin (1811-1813), il suit les cours de Fichte mais le juge sévèrement.

Il soutient en 1813 sa thèse de doctorat à Iéna : De la quadruple racine du principe de raison suffisante. C'est dans ces années qu'il découvre aussi, par les traductions latines d'Anquetil-Duperron, les Oupnek'hat (Upanishads) : les textes de la philosophie indienne deviennent pour lui une révélation et une troisième source majeure de sa pensée, à côté de Kant et de Platon.

L'œuvre majeure de jeunesse

De 1814 à 1818, Schopenhauer rédige son grand œuvre : Le Monde comme volonté et comme représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung), qu'il confie à l'éditeur Brockhaus de Leipzig à l'automne 1818. Le livre paraît avec la date de 1819. Schopenhauer a tout juste trente ans et croit avoir donné au monde une œuvre décisive. La réception est catastrophique : l'édition se vend très mal, l'ouvrage passe largement inaperçu.

L'échec berlinois et la rancœur contre Hegel

En 1820, Schopenhauer obtient un poste de privat-docent à l'université de Berlin. Par défi, il fait coïncider ses propres cours avec ceux de Hegel, alors au sommet de sa gloire. Sa salle reste presque vide ; il abandonne l'enseignement universitaire. Cette humiliation alimentera une rancœur durable contre Hegel et contre la philosophie universitaire allemande, dont il fera la cible de polémiques féroces tout au long de sa vie, leur reprochant d'avoir trahi la véritable philosophie au profit d'une rhétorique creuse au service de l'État.

Francfort et la reconnaissance tardive

Schopenhauer s'installe en 1833 à Francfort-sur-le-Main, où il passera le reste de sa vie dans une retraite studieuse, en compagnie de son caniche. Il continue de travailler à son œuvre, publie en 1844 une seconde édition du Monde comme volonté et comme représentation, considérablement augmentée d'un second volume de Suppléments, puis une troisième édition en 1859.

En 1851 paraissent les Parerga und Paralipomena, recueil d'essais et de fragments qui, contre toute attente, rencontrent un succès considérable et font enfin de Schopenhauer une figure célèbre. À partir des années 1850, il connaît la gloire qu'il avait attendue toute sa vie : visiteurs, articles, traductions. Une nouvelle génération, désenchantée par l'idéalisme hégélien et par l'échec des révolutions de 1848, trouve dans son pessimisme et dans sa critique de la modernité une voix qui lui parle.

Arthur Schopenhauer meurt à Francfort-sur-le-Main le 21 septembre 1860, à 72 ans, d'une insuffisance respiratoire.

Pensée principale

Toute la philosophie de Schopenhauer tient dans une seule idée fondamentale, qu'il expose dès Le Monde comme volonté et comme représentation et qu'il ne cessera de développer : le monde a deux faces, la représentation et la volonté. La représentation est le monde tel qu'il nous apparaît, ordonné par nos formes de connaissance. La volonté est ce qu'il est en lui-même, force aveugle et insatiable qui constitue l'essence de toutes choses, et dont notre propre désir n'est qu'une manifestation parmi d'autres. De cette intuition découle un diagnostic implacable sur la condition humaine, et une voie de délivrance.

Le monde comme représentation : l'héritage kantien

Schopenhauer revendique Kant comme son maître. La distinction entre le phénomène (ce qui nous apparaît) et la chose en soi (ce qu'elle est indépendamment de nous) lui paraît la grande découverte de la philosophie. Il en simplifie l'usage : il ramène les douze catégories kantiennes à une seule, la causalité, et tient l'espace, le temps et la causalité pour les formes a priori de toute représentation. « Le monde est ma représentation » : telle est la première phrase, célèbre, de son grand œuvre. Tout objet n'existe pour nous qu'en rapport à un sujet qui le perçoit, dans des cadres formels qui ne sont pas dans les choses mais en nous.

Schopenhauer reformule ainsi le principe de raison suffisante, qu'il analyse en quatre racines (objets physiques, vérités logiques, êtres mathématiques, motifs de l'action). Ce principe, qui régit nos liaisons entre représentations, ne s'applique qu'à l'intérieur du monde phénoménal et ne nous dit rien de la chose en soi.

La percée : la volonté comme chose en soi

Là où Kant déclarait la chose en soi inconnaissable, Schopenhauer prétend, par une voie singulière, en livrer le nom. Cette voie passe par le corps. Chacun de nous a un accès double à son propre corps : d'un côté, il est pour nous un objet parmi d'autres, soumis aux lois de la représentation ; de l'autre, nous le vivons de l'intérieur, comme désir, comme effort, comme volonté de vivre. Or ce dont je fais l'expérience intime comme volonté est, selon Schopenhauer, identique à ce que mon corps est en lui-même. Et ce qui vaut pour moi vaut pour tout : par analogie élargie, l'essence de toutes choses est volonté.

Cette « volonté » n'est ni une conscience ni un projet : elle est aveugle, inconsciente, sans finalité, force d'auto-affirmation qui se déploie dans la nature entière, depuis la gravitation des pierres jusqu'aux instincts animaux et aux désirs humains. La pluralité des êtres dans le temps et l'espace n'est qu'une apparence : il n'y a au fond qu'une seule Volonté, qui s'objective en degrés multiples.

Les Idées platoniciennes

Entre la Volonté unique et la pluralité des phénomènes particuliers, Schopenhauer place un échelon emprunté à Platon : les Idées, comme degrés d'objectivation de la Volonté. Chaque espèce, chaque type naturel correspond à une Idée éternelle, dont les individus ne sont que les manifestations passagères. Cette articulation lui permet d'élaborer une esthétique remarquable.

L'esthétique : la délivrance momentanée par l'art

L'art occupe une place décisive dans le système de Schopenhauer. Quand la contemplation s'arrache au service de la volonté individuelle et qu'elle saisit, dans un objet particulier, l'Idée éternelle qu'il manifeste, le sujet devient un « pur œil du monde » : il oublie son désir, sa souffrance, son temps, son individualité. L'expérience esthétique est une libération momentanée du joug de la volonté.

Schopenhauer hiérarchise les arts selon les degrés d'objectivation de la Volonté qu'ils donnent à voir, et il accorde une place exceptionnelle à la musique : seule, elle n'imite pas les Idées mais exprime directement la Volonté elle-même, dans son mouvement sans objet. Cette analyse fascinera Wagner.

L'éthique : la souffrance et la pitié

L'analyse de la volonté commande aussi une éthique. La volonté est désir, et le désir est manque ; tout désir satisfait engendre un nouveau désir ; entre les désirs, l'ennui ; jamais la satisfaction durable. La vie humaine balance entre la souffrance et l'ennui, comme un pendule. Le bonheur n'est qu'une illusion fugitive, un répit dans la souffrance plus qu'un état positif.

Sur ce fond pessimiste, Schopenhauer fonde une morale de la pitié (Mitleid) : la véritable morale ne vient ni du devoir kantien ni du calcul utilitaire, elle naît de l'intuition que l'autre souffrant est, au fond, le même que moi. La frontière entre les individus est une illusion produite par l'espace et le temps ; au niveau de la Volonté, tous les vivants sont un. Voir cela, c'est voir que faire souffrir l'autre, c'est se faire souffrir soi-même. La compassion est ainsi la racine authentique de la morale, et Schopenhauer en fait la matière de son traité Le Fondement de la morale (1840).

La voie de délivrance : ascèse et négation de la volonté

L'art procure une délivrance momentanée. La morale est une élévation au-dessus de l'égoïsme. Mais la délivrance proprement dite tient en un geste plus radical : la négation de la volonté de vivre. Reconnaître que la Volonté est la source de toute souffrance, et choisir de ne plus s'y prêter, c'est cesser de désirer, c'est dénouer en soi le ressort qui faisait souffrir.

Schopenhauer trouve dans les ascétismes chrétien, hindou et bouddhiste les figures de cette délivrance : sainteté, ascèse, sagesse du renoncement. Le nirvana bouddhique, en particulier, lui paraît proche de ce qu'il décrit philosophiquement. La négation de la volonté n'est pas le suicide (qui est encore un acte de volonté, affirmation de la volonté de ne plus souffrir) : c'est un retournement intime, par lequel l'individu cesse d'adhérer à son propre vouloir-vivre.

Le pessimisme schopenhauerien

Cette philosophie est explicitement pessimiste. Le monde n'est pas le meilleur des mondes possibles (Schopenhauer raille Leibniz) ; il serait plutôt le pire, ou en tout cas un monde dont la souffrance constitue la trame. L'optimisme philosophique, qu'il s'agisse du progrès des Lumières ou de la dialectique hégélienne, lui paraît une consolation imposée et une mauvaise foi.

Mais ce pessimisme n'est pas un nihilisme. La philosophie de Schopenhauer ouvre une voie : par la contemplation esthétique, par la compassion, par l'ascèse, l'homme peut s'arracher au pur service de la volonté et accéder à une forme de paix. La pensée orientale, qu'il a su intégrer plus tôt que tout autre philosophe occidental, lui sert ici de soutien.

Une œuvre singulière

Schopenhauer occupe une place à part dans la philosophie allemande : il refuse les grands systèmes idéalistes de ses contemporains, dialogue par-dessus eux avec Kant, et fait alliance avec Platon et les Védas. Sa pensée, claire et littérairement remarquable (rare qualité dans la philosophie allemande du XIXe siècle), accessible sans être simpliste, lui vaudra une postérité immense, hors de la philosophie autant que dans la philosophie.

Œuvres majeures

L'œuvre de Schopenhauer s'organise autour d'un noyau central, Le Monde comme volonté et comme représentation, complété par quelques traités spécialisés et par un grand recueil tardif. Schopenhauer revendique l'unité organique de sa pensée et invitait ses lecteurs à parcourir l'ensemble de ses livres pour saisir le système.

De la quadruple racine du principe de raison suffisante (1813)

Thèse de doctorat soutenue à Iéna. Schopenhauer y analyse les quatre formes du principe de raison suffisante (causalité, vérité logique, mathématique, motivation de l'action). Il considérera toujours cette thèse comme l'introduction indispensable à son grand œuvre.

Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)

Œuvre majeure, achevée en quatre ans (1814-1818), publiée par Brockhaus à Leipzig à l'automne 1818 avec une page de titre datée 1819. La première édition se vend mal. L'ouvrage est divisé en quatre livres :

  1. Le monde comme représentation, première considération (théorie de la connaissance, dans le sillage de Kant).
  2. Le monde comme volonté, première considération (l'objectivation de la volonté dans la nature).
  3. Le monde comme représentation, seconde considération (esthétique et théorie des Idées platoniciennes).
  4. Le monde comme volonté, seconde considération (éthique, ascèse et négation de la volonté).

Une seconde édition paraît en 1844, augmentée d'un second volume de Suppléments (cinquante chapitres qui prolongent et précisent les analyses des quatre livres). Une troisième édition suit en 1859, peu avant la mort de l'auteur.

De la volonté dans la nature (Über den Willen in der Natur, 1836)

Ouvrage où Schopenhauer cherche à montrer que les sciences de la nature de son temps confirment empiriquement sa métaphysique de la volonté.

Les deux problèmes fondamentaux de l'éthique (1841)

Recueil contenant deux mémoires :

  • De la liberté de la volonté (mémoire couronné par l'Académie royale des sciences de Norvège en 1839).
  • Le Fondement de la morale (mémoire soumis à l'Académie royale des sciences de Danemark, non couronné). Texte essentiel sur la pitié comme fondement de la morale.

Parerga und Paralipomena (1851)

Recueil tardif en deux volumes d'essais, fragments, observations et aphorismes sur des sujets variés (psychologie, métaphysique, religion, esthétique, littérature, sagesse de vie). C'est ce livre, publié à Berlin, qui rencontre enfin le succès et fait connaître Schopenhauer au grand public. Les Aphorismes sur la sagesse de la vie, qui en font partie, sont devenus particulièrement célèbres et sont souvent publiés à part : c'est sans doute le texte le plus accessible de l'œuvre, et celui qui aborde directement la question concrète du bonheur et de la conduite de l'existence.

Édition

L'édition complète des œuvres de Schopenhauer en allemand a fait l'objet de plusieurs éditions critiques majeures (notamment celles d'Arthur Hübscher). En français, les traductions de référence ont longtemps été celles d'Auguste Burdeau (à partir de 1885, révisées par Richard Roos pour les PUF en 1966) ; une nouvelle traduction de Christian Sommer et ses collègues a paru chez Gallimard en 2009 dans la collection « Folio ».

Postérité et influence

Le rayonnement de Schopenhauer fut tardif mais immense, et il a touché des cercles qui débordent largement la philosophie universitaire. Sa langue claire, son refus du jargon idéaliste, sa pensée du désir et de la souffrance l'ont fait lire par les écrivains, les artistes, les musiciens autant que par les philosophes.

Nietzsche : disciple et rival

Friedrich Nietzsche est sans doute l'héritier le plus important de Schopenhauer. Dans sa jeunesse, il fait de lui son éducateur (Schopenhauer éducateur, troisième des Considérations inactuelles, 1874). Toute son œuvre dialoguera avec ce premier maître. La « volonté de puissance » nietzschéenne est à la fois un héritage et une transformation de la volonté schopenhauerienne : Nietzsche en retiendra le caractère fondamental, mais en rejettera le pessimisme et la négation, lui opposant l'affirmation tragique de la vie.

Freud et la pensée de l'inconscient

Sigmund Freud a reconnu, avec quelques précautions, la profondeur de l'intuition schopenhauerienne sur la primauté d'une volonté inconsciente et sur l'illusoire souveraineté de la conscience rationnelle. La pulsion freudienne, l'analyse du désir, certaines vues sur la sexualité, doivent à Schopenhauer plus que Freud ne le reconnaissait toujours.

Wagner et la musique

[Richard Wagner](compositeur:wagner) découvre Schopenhauer en 1854 et en fait une lecture décisive. La théorie schopenhauerienne de la musique comme expression directe de la volonté donne à Wagner une justification philosophique de sa propre démarche. Tristan et Isolde, en particulier, est imprégné de cette métaphysique. La rupture avec Nietzsche sur Wagner aura d'ailleurs partie liée avec la pensée de Schopenhauer.

La littérature

Schopenhauer est lu par Thomas Mann (qui en parle longuement dans ses essais et dans ses romans, notamment La Montagne magique), par Marcel Proust, par Leo Tolstoï, par Guy de Maupassant, par Joris-Karl Huysmans, par Emil Cioran (dont le pessimisme s'inscrit explicitement dans cet héritage), par Samuel Beckett, par Jorge Luis Borges. La pensée schopenhauerienne, plus encore peut-être qu'une philosophie, devient au XXe siècle un climat partagé par toute une part de la modernité littéraire.

La philosophie

Outre Nietzsche, plusieurs philosophes ont dialogué avec Schopenhauer : Eduard von Hartmann (Philosophie de l'inconscient), Henri Bergson (par certains aspects), Ludwig Wittgenstein (qui a lu Schopenhauer dans sa jeunesse et en garde des traces, notamment sur le rapport entre éthique et limites du monde dans le Tractatus), Max Horkheimer, et plus récemment Clément Rosset, qui en fait un de ses interlocuteurs majeurs (Schopenhauer, philosophe de l'absurde, 1967).

La pensée orientale

Schopenhauer occupe une place particulière dans l'histoire des relations entre la philosophie occidentale et les pensées indiennes et bouddhistes. Il est le premier grand philosophe européen à intégrer sérieusement les Upanishads et le bouddhisme dans son propre système, non comme curiosité exotique mais comme sources d'égale dignité avec Platon et Kant. Cette ouverture a contribué à transformer la réception européenne de la pensée orientale et à ouvrir un dialogue qui ne s'est plus refermé.

Une réception ambivalente

Le pessimisme schopenhauerien a aussi suscité des critiques : on lui a reproché un défaitisme moral, une fascination pour le renoncement, une métaphysique trop systématique malgré ses prétentions à la critique de l'idéalisme. Schopenhauer lui-même, par son humeur sombre, ses traits d'antiféminisme et certaines pages désagréables, prête le flanc à diverses contestations qu'il n'est pas inutile de signaler honnêtement.

Quoi qu'il en soit, on ne peut comprendre Nietzsche, Wagner, une partie du roman européen, l'histoire de la psychanalyse, ni la première grande ouverture occidentale à la pensée indienne, sans passer par Schopenhauer. C'est l'une des œuvres charnières du XIXe siècle.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Clément Rosset, Schopenhauer, philosophe de l'absurde, PUF, 1967. Court, vif, par un philosophe lui-même héritier de Schopenhauer. L'une des meilleures entrées en français.
  • Christian Sommer, Le Pessimisme. Schopenhauer, Ellipses, 2013. Présentation rigoureuse, par l'un des nouveaux traducteurs.
  • Anne Henry, Schopenhauer, Belin, 1989.
  • Roger-Pol Droit, Cinq grandes philosophes du XIXe siècle, Plon, 2003 (chapitre sur Schopenhauer).

Études approfondies

  • Alexis Philonenko, Schopenhauer. Une philosophie de la tragédie, Vrin, 1980.
  • Frédéric Schiffter, Sur le blabla et le chichi des philosophes, PUF, 2002 (lecture pessimiste contemporaine).
  • Vincent Stanek, Schopenhauer, Hachette, 2002.

Œuvres de Schopenhauer : par où commencer

  • Aphorismes sur la sagesse dans la vie (extrait des Parerga und Paralipomena, 1851). Texte le plus accessible : Schopenhauer s'y livre à une réflexion concrète sur le bonheur et la conduite de la vie, dans un style limpide.
  • Le Monde comme volonté et comme représentation, livre I (sur la représentation) : à peu près lisible avec un minimum de Kant en arrière-plan.
  • Les livres III (esthétique, théorie de la musique) et IV (éthique et négation de la volonté) du même ouvrage : sans doute les plus marquants, à lire après le livre I.
  • Le second volume des Suppléments (1844) prolonge tous les thèmes du livre principal, dans des chapitres relativement autonomes qu'on peut lire indépendamment.
  • Le Fondement de la morale (1840) : pour saisir la morale de la pitié.

Traductions

La traduction d'Auguste Burdeau (révisée par Richard Roos, PUF, 1966) a longtemps été la référence française. Une nouvelle traduction du Monde comme volonté et comme représentation par Christian Sommer, Vincent Stanek et Marianne Dautrey a paru chez Gallimard (collection « Folio essais ») en 2009 : elle s'appuie sur les éditions critiques allemandes les plus récentes.

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Arthur Schopenhauer » par Robert Wicks : synthèse universitaire de référence.
  • Wikisource propose des traductions plus anciennes (libres de droits) accessibles gratuitement.

Schopenhauer est l'un des philosophes les plus accessibles parmi les grands modernes : sa langue est claire, son humour mordant, son style soigné. On peut donc l'aborder presque directement, surtout par les Aphorismes sur la sagesse de la vie.

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