Michel Foucault

15 octobre 1926 - 25 juin 1984 15 min de lecture

Difficulté : 4/5

Biographie

Paul-Michel Foucault naît le 15 octobre 1926 à Poitiers, dans une famille bourgeoise de médecins. Il signera Michel Foucault dès sa jeunesse, refusant le prénom paternel. Élève brillant mais tourmenté, marqué par plusieurs crises personnelles, il rejoint l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1946.

Formation

À l'ENS, Foucault suit les cours de Merleau-Ponty, se lie d'amitié avec Louis Althusser et croise Derrida. Il obtient une licence de philosophie (1948) et une licence de psychologie (1949), une formation double qui marquera durablement son œuvre. Il s'intéresse de près à la psychiatrie, à la psychopathologie et à la phénoménologie psychiatrique. Sa première publication, Maladie mentale et personnalité (1954), porte la trace de cette double formation. Il est reçu à l'agrégation en 1951.

Voyages et premier grand livre

Dans les années 1950, Foucault enseigne quelques années à l'ENS, puis quitte la France pour des postes culturels à l'étranger : Uppsala (Suède), Varsovie, Hambourg. C'est en Suède qu'il commence à rédiger sa thèse, soutenue à Paris en 1961 : Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique. L'ouvrage retrace le « grand renfermement » des fous au XVIIe siècle et la naissance d'une expérience moderne de la folie comme maladie mentale. Il fait événement et impose Foucault comme une voix nouvelle.

Suivent Naissance de la clinique. Une archéologie du regard médical (1963) et, en 1966, Les Mots et les Choses, vaste enquête sur les configurations historiques du savoir occidental qui rencontre un immense succès public.

Tunis, 1968, le Collège de France

De 1966 à 1968, Foucault enseigne à Tunis. Il vit de loin les événements de mai 1968 et en revient transformé. De retour à Paris, il prend la tête du nouveau département de philosophie de l'université expérimentale de Vincennes. En 1969 paraît L'Archéologie du savoir, méthodologie de ses travaux antérieurs.

En 1970, à l'âge de 43 ans, Foucault est élu au Collège de France, à la chaire d'« Histoire des systèmes de pensée », créée pour lui. Sa leçon inaugurale est publiée sous le titre L'ordre du discours (1971). Pendant quatorze ans, il y donnera des cours annuels qui constitueront l'autre versant de son œuvre, dont la publication intégrale, à partir des années 1990, a renouvelé sa lecture.

L'engagement politique des années 1970

Dans les années 1970, Foucault s'engage politiquement, notamment dans le Groupe d'information sur les prisons (GIP), qu'il fonde en 1971 avec Pierre Vidal-Naquet, Jean-Marie Domenach et d'autres. Cette enquête militante sur les conditions de détention nourrit Surveiller et punir. Naissance de la prison (1975), qui décrit la naissance moderne du pouvoir disciplinaire.

En 1976 paraît le premier tome de l'Histoire de la sexualité, La Volonté de savoir, où Foucault analyse les dispositifs modernes de pouvoir-savoir sur la sexualité.

Le dernier Foucault : éthique et souci de soi

Le projet initial de l'Histoire de la sexualité (en six volumes) est abandonné. Foucault repart sur de nouvelles bases et se tourne vers l'Antiquité gréco-romaine. L'Usage des plaisirs (tome II) et Le Souci de soi (tome III) paraissent en 1984, peu avant sa mort. Ils enquêtent sur les techniques de soi, l'éthique antique et la constitution du sujet moral. Un quatrième tome, Les Aveux de la chair, sera publié à titre posthume en 2018.

Atteint du sida, Michel Foucault meurt à Paris le 25 juin 1984, à 57 ans. Sa mort prématurée prive la philosophie d'une œuvre encore en pleine évolution.

Pensée principale

L'œuvre de Foucault n'est pas un système, mais une succession d'enquêtes historiques rigoureuses sur les manières dont l'Occident a constitué ses objets de savoir et ses formes de pouvoir. Trois moments principaux peuvent être distingués, qui correspondent à autant de déplacements de la question centrale : savoir, pouvoir, sujet.

Premier moment : l'archéologie du savoir

Dans les années 1960, Foucault développe une méthode qu'il appelle « archéologie ». Il s'agit non pas de raconter l'histoire des grandes idées ni des grandes œuvres philosophiques, mais d'analyser les configurations historiques au sein desquelles certaines choses ont pu être dites, certains objets ont pu être constitués comme objets de savoir, certaines distinctions sont devenues évidentes. C'est le niveau de ce qu'il nommera plus tard les épistémè : les structures profondes qui rendent possibles ou impossibles, à une époque donnée, telle ou telle manière de penser.

Dans Histoire de la folie à l'âge classique (1961), il montre que la « folie » n'est pas un objet naturel donné de tout temps : avant le XVIIe siècle, le fou occupait une place ambiguë mais reconnue dans la société ; à partir du « grand renfermement » du XVIIe siècle, il est isolé, enfermé avec les pauvres et les marginaux, puis transformé en « malade mental » par la psychiatrie naissante. Cette histoire ne décrit pas un simple progrès de la connaissance, mais le tracé d'une frontière entre raison et déraison qui définit aussi ce qu'est la raison moderne.

Les Mots et les Choses (1966), dans une perspective plus large, analyse trois grandes épistémès qui se sont succédé en Occident : la Renaissance (régie par la ressemblance), l'âge classique (régi par la représentation et la table), et la modernité (où apparaît l'« homme » comme objet et sujet du savoir). Le livre s'ouvre sur l'analyse célèbre des Ménines de Velázquez et se clôt sur la formule fameuse selon laquelle l'« homme » pourrait s'effacer, « comme à la limite de la mer un visage de sable ».

Deuxième moment : la généalogie du pouvoir

À partir de 1970 environ, Foucault déplace son attention. Le savoir ne flotte pas en l'air : il est noué à des rapports de pouvoir. Il emprunte à Nietzsche le terme de « généalogie » pour désigner une enquête qui défait les évidences en les rapportant à leurs conditions historiques, à des rapports de force, à des luttes.

Dans Surveiller et punir (1975), Foucault décrit la mutation du système pénal entre la fin du XVIIIe siècle et le XIXe siècle : on passe d'un pouvoir « souverain » qui s'exerçait spectaculairement sur le corps du condamné (le supplice public) à un pouvoir « disciplinaire », plus discret, qui s'exerce dans des institutions (prison, école, hôpital, caserne, usine), et qui vise à produire des corps dociles et utiles par un quadrillage minutieux du temps et de l'espace, par la surveillance permanente, par la normalisation. Le Panoptique de Bentham, où un seul gardien peut surveiller potentiellement tous les détenus sans être vu, devient la figure exemplaire de ce nouveau régime de pouvoir.

Foucault insiste : le pouvoir n'est pas seulement répressif, ni localisé en haut (l'État, le souverain). Il est productif (il produit des sujets, des comportements, des savoirs), il circule en réseau, il est partout dans les rapports sociaux. Cette analyse ouvre des perspectives nouvelles pour penser le pouvoir au-delà des modèles juridiques et marxistes.

Dans La Volonté de savoir (1976), Foucault critique l'« hypothèse répressive » selon laquelle la sexualité aurait été simplement réprimée à l'époque moderne ; il montre au contraire que cette époque a produit un discours abondant sur le sexe, articulé à un dispositif de pouvoir-savoir. Il introduit la notion de biopouvoir : un pouvoir qui ne se contente pas de faire mourir, mais qui gère la vie, prend en charge la population, la santé, la natalité.

Troisième moment : éthique, souci de soi, gouvernement de soi

À partir de la fin des années 1970, Foucault opère un nouveau déplacement. Il s'intéresse aux manières dont les individus se constituent eux-mêmes comme sujets moraux, par des « techniques de soi », des exercices, des pratiques. Il remonte à l'Antiquité gréco-romaine (stoïciens, épicuriens, premiers chrétiens) pour étudier ces formes d'éthique antérieures à la morale moderne du devoir.

L'Usage des plaisirs et Le Souci de soi (1984) montrent comment les Grecs et les Romains ont élaboré non un code moral à respecter, mais une stylisation de l'existence : se donner une forme, façonner sa vie comme on façonne une œuvre. Cette éthique « esthétique » n'est ni un modèle à imiter ni un objet de nostalgie, mais une ouverture pour penser autrement aujourd'hui le rapport entre liberté et règle.

Foucault thématise aussi la parrêsia (le franc-parler, le courage de la vérité) dans ses derniers cours au Collège de France, en particulier dans Le Courage de la vérité (1984).

Une œuvre traversée par une question

Au fil de ses déplacements, l'œuvre de Foucault reste habitée par une question constante : comment sommes-nous devenus ce que nous sommes, et comment pourrions-nous être autrement ? Ses enquêtes historiques sont des « histoires critiques du présent » : elles défont les évidences contemporaines en montrant qu'elles ont une histoire, qu'elles ne vont pas de soi, qu'elles auraient pu être autres. C'est cela qu'il appelle, dans un texte tardif consacré à Kant, « l'ontologie historique de nous-mêmes » : une enquête sur ce que nous sommes, comme historiquement constitués, pour ouvrir l'espace d'une transformation possible.

Cette pensée est moins doctrinale que stratégique : Foucault propose moins des thèses définitives qu'une « boîte à outils » dans laquelle chacun peut prendre ce qui lui sert pour penser et résister.

Œuvres majeures

L'œuvre publiée de Foucault est dense, à laquelle s'ajoute désormais l'immense corpus de ses cours au Collège de France, publié à partir des années 1990.

Histoire de la folie à l'âge classique (1961)

Thèse de doctorat de Foucault, refusée par certains universitaires comme « littéraire » avant d'être saluée comme un chef-d'œuvre. L'ouvrage retrace le « grand renfermement » des fous au XVIIe siècle et la transformation de la folie en maladie mentale.

Naissance de la clinique. Une archéologie du regard médical (1963)

Sur la mutation du regard médical à la fin du XVIIIe siècle, qui passe d'une médecine des symptômes à une médecine anatomo-clinique, et invente la « clinique » moderne.

Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines (1966)

Œuvre la plus lue de Foucault dans le grand public. Analyse les trois grandes épistémès de l'Occident (Renaissance, âge classique, modernité), et l'émergence puis la possible disparition de l'« homme » comme objet de savoir.

L'Archéologie du savoir (1969)

Réflexion méthodologique sur les outils utilisés dans les ouvrages précédents : énoncé, formation discursive, archive, épistémè. Texte plus aride, mais essentiel pour comprendre la démarche archéologique.

L'ordre du discours (1971)

Leçon inaugurale au Collège de France. Texte court, accessible, qui présente la manière dont les discours sont contrôlés, organisés et régulés dans toute société.

Surveiller et punir. Naissance de la prison (1975)

Sans doute l'œuvre la plus influente de Foucault. Analyse la naissance moderne du pouvoir disciplinaire à partir de la transformation du système pénal entre la fin du XVIIIe siècle et le XIXe siècle. Le Panoptique de Bentham y devient figure exemplaire d'une société de surveillance.

Histoire de la sexualité

  • La Volonté de savoir (tome I, 1976) : critique de l'« hypothèse répressive » et introduction des notions de pouvoir-savoir et de biopouvoir.
  • L'Usage des plaisirs (tome II, 1984) : éthique sexuelle des Grecs.
  • Le Souci de soi (tome III, 1984) : éthique sexuelle des Romains et du premier âge impérial.
  • Les Aveux de la chair (tome IV, posthume, publié en 2018) : le passage au christianisme primitif.

Les cours au Collège de France

L'édition (Gallimard-Seuil, à partir des années 1990) des cours annuels de Foucault au Collège de France (treize années de cours) a transformé la lecture de son œuvre. Parmi les plus marquants :

  • Il faut défendre la société (1976) : sur le racisme, la guerre civile et le biopouvoir.
  • Sécurité, territoire, population (1978) : sur la « gouvernementalité ».
  • Naissance de la biopolitique (1979) : analyse précoce du néolibéralisme.
  • Du gouvernement des vivants (1980).
  • L'herméneutique du sujet (1982) : sur le souci de soi dans l'Antiquité.
  • Le gouvernement de soi et des autres (1983).
  • Le courage de la vérité (1984) : sur la parrêsia (le franc-parler).

Dits et écrits

Recueil en quatre volumes (Gallimard, 1994 ; nouvelle édition « Quarto » en deux volumes) des articles, entretiens et préfaces de Foucault. Ressource indispensable, qui éclaire sa pensée et ses interventions publiques.

Postérité et influence

Foucault est l'un des philosophes les plus lus, cités et discutés au monde. Son influence traverse la philosophie, l'histoire, la sociologie, le droit, les études de genre, les études postcoloniales, l'histoire des sciences et la théorie politique.

Une influence à plusieurs niveaux

L'archéologie a renouvelé l'histoire des idées en montrant qu'il faut s'attacher aux conditions structurales du dicible et du pensable, et non aux seuls grands auteurs. L'analyse du pouvoir disciplinaire et du biopouvoir a fourni à des générations d'enquêteurs en sciences sociales un cadre puissant pour penser les institutions, la médecine, la psychiatrie, l'éducation, la prison, la sexualité. La pensée du « gouvernement de soi » et des « techniques de soi » a nourri une éthique contemporaine attentive à la singularité.

Études postcoloniales et études de genre

Edward Said reconnaît dans L'Orientalisme (1978) une dette explicite envers Foucault, dont il reprend l'analyse du pouvoir-savoir. Judith Butler, dans Trouble dans le genre (1990) et tout au long de son œuvre, croise Foucault avec Derrida pour penser le genre comme construction et performance dans des dispositifs de pouvoir. Les Subaltern Studies (Spivak, Chakrabarty) mobilisent largement Foucault.

Théorie politique et néolibéralisme

Le cours Naissance de la biopolitique (1979), où Foucault analyse de façon remarquablement précoce et nuancée le néolibéralisme allemand et américain, est devenu une référence majeure des études contemporaines sur le néolibéralisme. Wendy Brown, Pierre Dardot, Christian Laval, Maurizio Lazzarato y puisent.

Études sur la prison et la justice

L'analyse du pouvoir disciplinaire dans Surveiller et punir a profondément marqué la criminologie critique et les études sur l'incarcération de masse, notamment aux États-Unis (Loïc Wacquant, Angela Davis).

Histoire de la sexualité, des sciences, de la médecine

Foucault a renouvelé l'histoire de la médecine, de la psychiatrie, de la sexualité, des sciences. Son travail sur l'hôpital, sur la clinique, sur la psychiatrie a inspiré des courants entiers de l'histoire sociale et de l'histoire de la santé.

Continuités et critiques

Gilles Deleuze, proche ami de Foucault, lui a consacré un livre admiratif (Foucault, 1986). Habermas, dans Le Discours philosophique de la modernité, lui reproche un relativisme et une dette nietzschéenne problématique. Derrida a engagé un débat serré avec lui dès 1963 (« Cogito et histoire de la folie ») sur sa lecture de Descartes. Charles Taylor, Nancy Fraser, Axel Honneth ont à leur tour discuté la conception foucaldienne du pouvoir et du sujet.

Postérité française

En France, Gilles Deleuze, mais aussi Jacques Rancière, Étienne Balibar, Philippe Artières, Mathieu Potte-Bonneville, Frédéric Gros, Judith Revel et d'autres prolongent ou réinterprètent le foucaldisme. L'édition des cours du Collège de France, sous la direction de François Ewald puis d'autres, a profondément renouvelé sa lecture.

Une postérité polarisée

Foucault, comme Derrida, a ses lecteurs enthousiastes et ses contempteurs. Les uns louent sa rigueur historique, sa fécondité conceptuelle, son refus des grandes synthèses faciles. Les autres lui reprochent un relativisme dissolvant, un esthétisme de la « stylisation de l'existence », une difficulté à fonder une critique normative. Les controverses récentes sur ses positions concernant la Révolution iranienne de 1979, ou sur certaines accusations posthumes le concernant, ont également alimenté débats et révisions.

Quoi qu'on en pense, Foucault demeure l'un des penseurs les plus féconds pour qui veut interroger les évidences contemporaines sur le savoir, le pouvoir, la norme, le sujet.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Frédéric Gros, Michel Foucault, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996. Court, clair, écrit par un grand connaisseur de l'œuvre tardive.
  • Judith Revel, Le vocabulaire de Foucault, Ellipses, 2002. Dictionnaire des concepts foucaldiens, très utile pour s'orienter.
  • Paul Veyne, Foucault. Sa pensée, sa personne, Albin Michel, 2008. Lecture personnelle d'un grand historien et ami de Foucault.
  • Roger Pol-Droit, Michel Foucault, entretiens, Odile Jacob, 2004.

Études approfondies

  • Gilles Deleuze, Foucault, Minuit, 1986. Hommage par un philosophe ami, exigeant mais éclairant.
  • Mathieu Potte-Bonneville, Michel Foucault, l'inquiétude de l'histoire, PUF, 2004.
  • Frédéric Gros, Foucault et la folie, PUF, 1997.
  • Hubert Dreyfus et Paul Rabinow, Michel Foucault. Un parcours philosophique, Gallimard, 1984. Référence anglophone traduite en français.
  • Didier Eribon, Michel Foucault, Flammarion, 1989 (réédité). Biographie de référence.

Œuvres de Foucault : par où commencer

  • L'ordre du discours (1971) : leçon inaugurale courte, très accessible.
  • Surveiller et punir (1975) : œuvre majeure, lisible et marquante. Probablement la meilleure porte d'entrée pour saisir la pensée du pouvoir.
  • Les Mots et les Choses (1966) : exigeant mais magnifique. À lire patiemment.
  • L'Usage des plaisirs et Le Souci de soi (1984) : pour aborder le dernier Foucault et l'éthique antique.
  • Dits et écrits : ressource précieuse pour piocher selon ses intérêts (édition « Quarto » en deux volumes très accessible).
  • Les cours du Collège de France (édition Gallimard-Seuil), notamment Naissance de la biopolitique (1979) et Le courage de la vérité (1984).

Documentaires et entretiens

  • Plusieurs entretiens filmés de Foucault sont disponibles en ligne (INA, Ina.fr ; YouTube). L'entretien avec Noam Chomsky en 1971 est célèbre.

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Michel Foucault » par Gary Gutting : synthèse universitaire détaillée.
  • L'association Pour Michel Foucault anime les éditions critiques et les rencontres autour de son œuvre.

Foucault est exigeant mais lisible : ses livres se laissent aborder même sans gros prérequis philosophiques. Surveiller et punir est probablement le meilleur point de départ.

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