Jacques Derrida

15 juillet 1930 - 9 octobre 2004 15 min de lecture

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Biographie

Jacques Derrida naît le 15 juillet 1930 à El Biar, en Algérie française, dans une famille juive séfarade. L'expérience précoce de l'exclusion marquera profondément sa pensée : en 1942, sous le régime de Vichy, il est exclu du lycée en application des lois antisémites du gouvernement de Pétain. Cette fragilité originelle de l'appartenance, cet écart à la norme reçue, sera l'un des fils discrets de toute son œuvre, qui interroge sans relâche les frontières, les hiérarchies, les exclusions de la pensée occidentale.

Formation

Derrida arrive en France en 1949 pour préparer le concours de l'École normale supérieure, où il entre en 1952. Il y suit les enseignements de Jean Hyppolite et de Maurice de Gandillac, et se lie d'amitié avec Louis Althusser, qui sera son interlocuteur durable, ainsi qu'avec Michel Foucault. Il consacre son mémoire à la Phénoménologie de Husserl. Sa traduction et son introduction à L'Origine de la géométrie de Husserl, publiée en 1962, constitue son premier livre important : un long texte dense où s'esquissent déjà plusieurs gestes propres de sa pensée.

L'année 1967, naissance de la déconstruction

L'année 1967 voit Derrida publier coup sur coup trois ouvrages qui font événement et qui le font connaître :

  • De la grammatologie (Éditions de Minuit)
  • L'écriture et la différence (Seuil)
  • La voix et le phénomène (PUF)

C'est l'« acte de naissance » de la déconstruction. En une année, Derrida bouleverse la philosophie française et impose une lecture nouvelle, à la fois fidèle et infidèle, de Husserl, Heidegger, Saussure, Lévi-Strauss, Hegel et Rousseau. Il devient maître-assistant à l'ENS en 1964 et y enseignera plus de vingt ans, formant des générations d'agrégatifs.

Reconnaissance internationale

À partir des années 1970, Derrida devient l'un des philosophes français les plus lus dans le monde, notamment aux États-Unis, où il enseigne régulièrement (Yale, Johns Hopkins, Irvine). Aux côtés de Foucault et de Deleuze, il forme ce que les Anglo-Saxons appelleront la « French Theory », qui irrigue les département de littérature, d'études culturelles, de droit et de théorie politique des universités américaines.

Il publie de très nombreux ouvrages : La Dissémination et Marges de la philosophie (1972), Glas (1974), La Carte postale (1980), Spectres de Marx (1993), Politique de l'amitié (1994), Le Monolinguisme de l'autre (1996), De l'hospitalité (1997), Voyous (2003), entre beaucoup d'autres.

Engagements et derniers travaux

Derrida prend la parole sur de nombreuses questions publiques : apartheid en Afrique du Sud, peine de mort, statut des sans-papiers, droits des animaux, hospitalité, dette internationale, événements du 11 septembre 2001, antagonismes religieux. Il cofonde en 1983 le Collège international de philosophie. Dans ses dernières années, il consacre ses séminaires à la question de la souveraineté, à La bête et le souverain (séminaire en deux tomes), et à l'animal.

Atteint d'un cancer du pancréas, Jacques Derrida meurt à Paris le 9 octobre 2004, à 74 ans.

Pensée principale

L'œuvre de Derrida porte un nom souvent prononcé sans toujours être compris : la déconstruction. Ce terme, à la fois traduction libre du Destruktion heideggérien et signature propre, ne désigne pas une méthode systématique, encore moins une destruction. C'est plutôt un geste de lecture, une opération qui prend acte de ce qui se passe déjà dans les textes : il y a toujours, dans une pensée, des plis, des tensions, des failles internes par lesquelles elle se défait elle-même. La déconstruction donne attention à ces lieux où l'édifice conceptuel craque sans qu'on l'ait voulu.

La critique de la métaphysique de la présence

Derrida soutient que toute la métaphysique occidentale, depuis Platon jusqu'à Husserl, s'est construite sur le privilège de la « présence » : la présence de la chose à l'intuition, la présence de soi à soi dans la conscience, la présence du sens à l'esprit dans la parole vive. Cette métaphysique est solidaire d'un système d'oppositions hiérarchisées : présence/absence, vrai/faux, sérieux/jeu, identité/différence, parole/écriture, intérieur/extérieur, propre/contaminé, et toujours le premier terme a valeur de plénitude originaire, le second n'étant que sa dérivation ou sa dégradation.

Le geste déconstructeur consiste à montrer, à même les textes, que cette hiérarchie ne tient pas : ce qui semblait dérivé, second, accidentel (l'écriture, l'absence, la différence, la médiation, la trace) est en réalité ce qui rend possible le terme prétendument originaire. Sans la possibilité de l'absence, pas de présence définie ; sans la différence, pas d'identité. La pensée occidentale a refoulé cette dépendance, et la déconstruction la rend visible.

La critique du « logocentrisme »

Dans De la grammatologie, Derrida appelle « logocentrisme » la tradition qui pose la parole vivante comme l'expression immédiate de la pensée, et l'écriture comme une simple transcription seconde, dérivée, dangereuse même (chez Platon, chez Saussure, chez Rousseau). Or, montre Derrida, ce qui caractérise l'écriture (la trace, l'itérabilité, le pouvoir de fonctionner en l'absence de son auteur, l'espacement) caractérise déjà le langage en général, et même la signification en général. Il n'y a pas un sens immédiatement présent que l'écriture viendrait répéter : tout sens se constitue dans un jeu de différences et de renvois.

La différance

C'est ici qu'intervient le néologisme le plus célèbre de Derrida : la différance (avec un « a »). Il joue sur deux sens du verbe « différer » : différer comme être distinct, et différer comme reporter dans le temps (ajourner, retarder). La différance désigne ce mouvement double, ce jeu actif des différences et des renvois, qui produit ce que nous appelons « identité », « sens », « présence ». La différance n'est ni un mot, ni un concept, ni un principe : elle nomme une condition de possibilité qui n'est pas elle-même une essence présente. L'orthographe avec « a » est volontairement silencieuse : on n'entend pas la différence entre « différence » et « différance » à l'oral, on ne la voit qu'à l'écrit, ce qui souligne, dans la chose même, le privilège du visible et de l'écrit dans la fixation du sens.

La trace, le supplément, l'itérabilité

Plusieurs concepts gravitent autour de la différance. La trace désigne l'inscription d'une absence dans tout signe : aucun signe ne porte sa signification en lui-même, il renvoie toujours à d'autres, qui renvoient à d'autres encore, dans un tissu différentiel sans origine ni terme. Le supplément (que Derrida lit chez Rousseau) est ce qui s'ajoute à quelque chose pour compléter ce qui devait déjà être complet, et qui révèle ainsi un manque originaire : Rousseau dit que l'éducation supplée à la nature, mais c'est précisément que la nature avait besoin d'être suppléée. L'itérabilité (de l'allemand iter, « autre », et du latin iterare, « répéter ») désigne le fait qu'un signe, pour être un signe, doit pouvoir être répété en l'absence de son émetteur et dans des contextes étrangers : cette répétition possible est constitutive du signe, et y inscrit toujours une part d'altération.

Lectures déconstructives

La déconstruction se déploie par des lectures patientes, attentives à la lettre des textes. Derrida lit Husserl (La voix et le phénomène), Heidegger (de nombreuses fois, notamment De l'esprit), Saussure, Lévi-Strauss et Rousseau (De la grammatologie), Hegel (Glas), Nietzsche (Éperons), Freud (La Carte postale), Platon (La pharmacie de Platon), Marx (Spectres de Marx), parmi tant d'autres.

Sa lecture est toujours double : elle reconnaît la nécessité d'un texte, prend au sérieux son projet, en restitue la force argumentative, et c'est de l'intérieur, en se rendant fidèle à ce que le texte cherche à dire, qu'elle fait apparaître ce que le texte fait sans le dire, ce qui le déborde, ce qui le trahit, ce qui le met en mouvement.

Vers une éthique et une politique de la déconstruction

À partir des années 1980, et surtout dans les années 1990, Derrida développe explicitement les implications éthiques et politiques de son travail. La déconstruction n'est pas un nihilisme ni une démolition, mais une certaine fidélité à un appel : appel de l'autre, de la justice, de l'événement à venir. Plusieurs notions structurent cette pensée :

  • La justice (distinguée du droit) comme exigence indéconstructible, qui excède toujours les règles juridiques établies.
  • L'hospitalité (inconditionnelle) comme accueil de l'autre, qui se confronte à l'hospitalité conditionnelle des lois.
  • La promesse, le don, le pardon, comme expériences de l'impossible qui défient le calcul et l'économie.
  • La démocratie à venir (toujours à venir, jamais accomplie) comme idée régulatrice d'une démocratie ouverte sur l'avenir.
  • La messianicité sans messianisme, attente structurelle d'un événement absolu sans contenu religieux particulier.

Ces analyses dialoguent avec Levinas sur l'éthique de l'autre, et avec une tradition juive de la pensée. Derrida revendiquera tardivement une « religion sans religion ».

Une œuvre qui résiste au résumé

Toute présentation de Derrida court le risque de figer en doctrine ce qui se voulait précisément résistance à la doctrine. Sa pensée se déploie dans des lectures singulières, dans une écriture qui multiplie les jeux, les niveaux, les voix, et qui résiste à la restitution paraphrastique. C'est sa force et sa difficulté.

Œuvres majeures

Derrida a publié plus de quatre-vingts livres, et davantage encore d'articles et de séminaires. Quelques jalons.

La triade de 1967

  • De la grammatologie (Éditions de Minuit) : la grande œuvre, qui développe la critique du logocentrisme et la pensée de la trace, notamment à partir de lectures de Saussure, Lévi-Strauss et Rousseau.
  • L'écriture et la différence (Seuil) : recueil de onze essais portant sur Foucault, Levinas, la psychanalyse, Bataille, Antonin Artaud, Hegel, Lévi-Strauss, Jabès. Inclut le célèbre « Cogito et histoire de la folie », critique de Foucault.
  • La voix et le phénomène (PUF) : confrontation serrée avec la phénoménologie de Husserl, à partir d'une lecture des Recherches logiques. Texte concentré, d'une grande densité.

Années 1970

  • La Dissémination (1972, Seuil) : recueil incluant « La pharmacie de Platon », étude fondamentale sur le pharmakon (à la fois remède et poison), et « La double séance » sur Mallarmé.
  • Marges de la philosophie (1972, Minuit) : recueil incluant la conférence « La différance », « Ousia et grammè », « Signature événement contexte ».
  • Positions (1972) : entretiens accessibles, qui constituent une bonne entrée dans la pensée derridienne.
  • Glas (1974, Galilée) : œuvre expérimentale en deux colonnes (Hegel à gauche, Genet à droite), qui défait les frontières entre philosophie et littérature.

Années 1980

  • La Carte postale. De Socrate à Freud et au-delà (1980, Flammarion) : confrontation avec la psychanalyse freudienne et lacanienne.
  • D'un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie (1983, Galilée).
  • Otobiographies. L'enseignement de Nietzsche et la politique du nom propre (1984, Galilée).
  • De l'esprit. Heidegger et la question (1987, Galilée) : lecture critique de Heidegger, et de son rapport au nazisme à travers son traitement du concept d'esprit.

Années 1990 et 2000

  • Spectres de Marx (1993, Galilée) : à l'heure où l'on annonçait la fin du marxisme, Derrida soutient au contraire qu'il faut hériter de Marx, de plusieurs Marx, et propose une « hantologie » contre l'ontologie.
  • Politiques de l'amitié (1994, Galilée) : analyse de la notion d'amitié dans la tradition politique occidentale.
  • Le Monolinguisme de l'autre (1996, Galilée) : texte plus court et accessible, où Derrida revient sur son rapport à la langue française et à l'Algérie.
  • De l'hospitalité (1997, Calmann-Lévy) : pensée de l'hospitalité inconditionnelle.
  • Voyous. Deux essais sur la raison (2003, Galilée) : sur la démocratie à venir et les « États voyous ».

Séminaires publiés à titre posthume

Le séminaire de Derrida au Collège international de philosophie et à l'EHESS fait l'objet d'une édition posthume en cours chez Galilée, qui comprend notamment La bête et le souverain (deux volumes), La peine de mort (deux volumes), Le parjure et le pardon, Théorie et pratique, Géopolitique de l'amitié, et bien d'autres.

Quelques entretiens et textes plus accessibles

  • Apprendre à vivre enfin (entretien donné peu avant sa mort, à Jean Birnbaum, Le Monde, 2004, publié chez Galilée).
  • De quoi demain... Dialogue avec Élisabeth Roudinesco (2001, Fayard/Galilée).
  • Foi et savoir (sur la religion, 1996).

Postérité et influence

L'influence de Derrida, immense, déborde largement le champ académique de la philosophie pour irriguer la théorie littéraire, le droit, l'architecture, les études postcoloniales, les gender studies et plus généralement la pensée critique contemporaine.

La théorie littéraire et la « French Theory »

Aux États-Unis, à partir des années 1970, la déconstruction transforme l'enseignement de la littérature. L'école de Yale (Paul de Man, Geoffrey Hartman, J. Hillis Miller, Harold Bloom) reprend les gestes derridiens dans la lecture des textes littéraires. Dans le champ plus large de la « French Theory » (terme américain), Derrida est lu aux côtés de Foucault, Deleuze, Lyotard, et alimente le tournant culturaliste et critique des sciences humaines américaines.

Les études postcoloniales et féministes

Edward Said, Homi Bhabha, Gayatri Spivak (qui traduit De la grammatologie en anglais en 1976) mobilisent la déconstruction pour critiquer les binarismes de la pensée coloniale et de l'orientalisme. Judith Butler, dans sa pensée du genre comme performance, hérite de l'analyse derridienne de l'itérabilité. Plus largement, la déconstruction est devenue un outil de critique des hiérarchies implicites dans tous les champs où il y a des normes.

La philosophie politique et le droit

Les analyses derridiennes de la justice, de l'hospitalité, du droit, de la souveraineté et de la démocratie à venir ont nourri une importante réflexion philosophique sur le politique contemporain. Drucilla Cornell, Jacques Rancière (en dialogue critique), Étienne Balibar prolongent ou discutent ces gestes.

Les héritages philosophiques

Plusieurs philosophes français contemporains se réclament d'une dette envers Derrida, tout en s'en distinguant : Jean-Luc Nancy (interlocuteur proche), Philippe Lacoue-Labarthe, Catherine Malabou (élève et héritière critique), Bernard Stiegler. Aux États-Unis, Richard Rorty a tenté une lecture pragmatiste de Derrida.

Le débat avec la philosophie analytique

Le rapport entre Derrida et la philosophie analytique a été tumultueux. En 1992, l'attribution d'un doctorat honoris causa à Derrida par l'université de Cambridge suscite une pétition de philosophes analytiques (dont Quine, Marcus, Armstrong) protestant contre une « pensée obscure ». À l'inverse, plusieurs analytiques (Stanley Cavell, Hilary Putnam, Charles Travis) ont noué un dialogue plus fertile, notamment sur Austin et sur la philosophie du langage ordinaire. La célèbre controverse Derrida-Searle (à partir de « Signature événement contexte ») reste emblématique des malentendus comme des enjeux réels du dialogue continental-analytique.

Au-delà de la philosophie

L'architecte Peter Eisenman a travaillé avec Derrida (sur le parc de la Villette à Paris). La déconstruction a donné son nom à un courant architectural. Le cinéma, la musique, les arts plastiques ont, à des degrés divers, intégré ce vocabulaire.

Une réception polarisée

La réception de Derrida demeure très polarisée : pour ses lecteurs, c'est l'un des plus grands philosophes du XXe siècle, dont la rigueur, l'érudition et la fécondité conceptuelle sont éclatantes. Pour ses détracteurs, c'est l'incarnation d'une obscurité prétentieuse, d'un jeu sur les mots sans portée philosophique réelle. Le « différend Derrida » est sans doute l'un des marqueurs durables de la fracture entre traditions philosophiques contemporaines.

Quoi qu'on en pense, il est difficile aujourd'hui d'aborder la question du sens, du langage, de la lecture, de l'écriture, sans tenir compte de ce que Derrida en aura dit, ouvert et déplacé.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Sarah Kofman et Roger-Pol Droit, Convergences. Sur Derrida (1973). Bonne entrée historique.
  • Apprendre à vivre enfin. Entretien avec Jean Birnbaum, Galilée, 2005. Entretien donné quelques mois avant la mort de Derrida ; bilan testamentaire accessible.
  • Positions, Minuit, 1972. Recueil d'entretiens où Derrida revient sur ses gestes principaux ; reste l'une des meilleures portes d'entrée.
  • Geoffrey Bennington et Jacques Derrida, Jacques Derrida, Seuil, coll. « Les Contemporains », 1991. Double texte d'une rare ingéniosité, écrit en partie par Derrida sur lui-même.

Études approfondies

  • Marc Goldschmit, Jacques Derrida, une introduction, Pocket, 2003.
  • Catherine Malabou, La contre-allée. Voyager avec Jacques Derrida, La Quinzaine littéraire/Louis Vuitton, 1999. Lecture de proximité par une élève devenue elle-même philosophe importante.
  • Benoît Peeters, Derrida, Flammarion, 2010. Biographie de référence, abondante et bien documentée.
  • Geoffrey Bennington, Derridabase, Seuil, 1991 (avec le double texte ci-dessus).

Œuvres de Derrida : par où commencer

  • Le Monolinguisme de l'autre (1996) : texte court, autobiographique, accessible, qui condense beaucoup de la pensée derridienne.
  • Spectres de Marx (1993) : plus long, mais d'une grande force, et qui montre la puissance politique de la déconstruction.
  • Positions (1972) : entretiens d'introduction.
  • La voix et le phénomène (1967) : la plus serrée et la plus difficile de la triade de 1967, mais la plus rigoureuse. À réserver aux lecteurs aguerris en phénoménologie.
  • De la grammatologie (1967) : l'œuvre majeure ; lecture exigeante, à accompagner de commentaires.

Documentaires et films

  • Derrida, documentaire d'Amy Ziering Kofman et Kirby Dick, 2002. Filme Derrida au quotidien et l'interroge avec finesse.
  • D'ailleurs, Derrida, film de Safaa Fathy, 1999.

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Jacques Derrida » par Leonard Lawlor : synthèse universitaire de référence.
  • Les éditions Galilée poursuivent la publication des séminaires posthumes de Derrida.

Comme pour Heidegger, Derrida est un auteur difficile, dont la lecture demande patience et accompagnement. Le passage par un bon commentateur, ou par un texte court et accessible, est presque indispensable avant d'aborder les grands traités.

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