Karl Marx

5 mai 1818 - 14 mars 1883 17 min de lecture

Difficulté : 4/5

Biographie

Karl Heinrich Marx naît le 5 mai 1818 à Trèves, en Rhénanie prussienne, dans une famille juive d'avocats convertie au protestantisme luthérien (conversion exigée par la législation prussienne pour permettre à son père d'exercer son métier). Il est le troisième enfant d'Heinrich Marx, avocat, et d'Henriette Pressburg.

Formation et hégélianisme de jeunesse

Marx étudie le droit à l'université de Bonn (1835) puis à Berlin (1836), où il s'oriente vers la philosophie et l'histoire. À Berlin, il rejoint le cercle des « jeunes hégéliens » (Bruno Bauer, Arnold Ruge), qui interprètent la pensée de Hegel dans un sens critique et révolutionnaire. Il soutient une thèse sur la philosophie de la nature de Démocrite et d'Épicure en 1841 à Iéna.

Faute d'avenir universitaire (les jeunes hégéliens sont mal vus du pouvoir prussien), Marx se tourne vers le journalisme. Il dirige la Rheinische Zeitung à Cologne en 1842-1843, mais le journal est interdit. Il épouse Jenny von Westphalen en 1843 et part s'installer à Paris.

Paris, Bruxelles, rencontre avec Engels

À Paris (1843-1845), Marx découvre l'économie politique anglaise (Adam Smith, Ricardo) et le socialisme français. Il rédige les Manuscrits économico-philosophiques (1844, restés inédits jusqu'en 1932) où apparaît la notion d'aliénation. Il rencontre Friedrich Engels en septembre 1844 : ce sera une amitié et une collaboration intellectuelle de quarante ans.

Expulsé de Paris par Guizot en 1845 à la demande du gouvernement prussien, Marx s'installe à Bruxelles. Avec Engels, il rédige L'Idéologie allemande (1845-1846, posthume) où s'élabore la conception « matérialiste » de l'histoire, et la Misère de la philosophie (1847), polémique contre Proudhon.

En 1847, il rejoint la Ligue des communistes, qui lui commande, avec Engels, un manifeste. Le Manifeste du parti communiste paraît en février 1848, à la veille des révolutions européennes. Marx revient brièvement en Allemagne pour participer aux événements à Cologne (Neue Rheinische Zeitung), avant d'être à nouveau expulsé en 1849.

L'exil londonien

À partir de 1849, Marx s'installe définitivement à Londres, où il vivra le reste de sa vie. Les conditions matérielles y sont d'abord très difficiles : la famille connaît la misère, et trois des enfants meurent en bas âge. Marx subsiste grâce à l'aide financière constante d'Engels (devenu industriel à Manchester) et à des piges journalistiques, notamment pour la New York Tribune.

Il passe des journées entières à la salle de lecture du British Museum, où il accumule les notes pour son grand œuvre. Contribution à la critique de l'économie politique (1859) en présente les premiers résultats. Le Capital. Critique de l'économie politique, livre I, paraît en 1867 à Hambourg. Marx ne verra pas paraître les livres II et III, qu'Engels éditera à titre posthume (1885, 1894) à partir des manuscrits.

La Première Internationale

En 1864, à Londres, des leaders ouvriers européens fondent l'Association internationale des travailleurs (AIT, ou Première Internationale). Marx rédige l'Adresse inaugurale et joue un rôle politique majeur dans l'organisation. La Commune de Paris (1871) le voit prendre la défense des insurgés dans La guerre civile en France. La rupture avec les anarchistes (Bakounine) précipite la dissolution de l'Internationale en 1876.

Dernières années

Les dernières années de Marx sont marquées par la maladie, par le travail acharné sur les livres II et III du Capital (qu'il ne pourra achever), et par sa Critique du programme de Gotha (1875), texte court mais important sur la stratégie politique du mouvement ouvrier.

Karl Marx meurt à Londres le 14 mars 1883, à 64 ans. Il est enterré au cimetière de Highgate, où sa tombe demeure un lieu de pèlerinage. Engels prononce l'éloge funèbre.

Pensée principale

L'œuvre de Marx, à la fois philosophique, économique, historique et politique, ne se laisse réduire à aucune discipline. Elle s'articule autour d'une intuition centrale : ce sont les conditions matérielles et historiques d'existence des hommes qui structurent leurs représentations, leur droit, leur philosophie et leur religion, et l'histoire est traversée par la lutte des classes.

Du jeune Marx aux écrits de maturité

Le jeune Marx, dans les années 1840, dialogue avec Hegel et avec Feuerbach pour penser l'aliénation. Dans les Manuscrits de 1844, il décrit l'aliénation du travailleur dans le travail capitaliste : le travailleur s'épuise à produire des objets qui lui sont étrangers, qui lui font face comme un pouvoir hostile (le capital), et qui le dépossèdent de son essence humaine, qui est précisément l'activité productive libre.

Avec Engels, dans L'Idéologie allemande (1845-1846), Marx élabore la « conception matérialiste de l'histoire » : ce ne sont pas les idées qui font l'histoire, mais l'histoire concrète des hommes producteurs qui produit aussi des idées. La célèbre formule des Thèses sur Feuerbach (1845) résume ce déplacement : « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières ; ce qui importe, c'est de le transformer. »

La question du rapport entre le jeune Marx (philosophique, humaniste, anthropologique) et le Marx de la maturité (scientifique, économiste, structurel) a fait l'objet d'un débat majeur, notamment ouvert par Louis Althusser dans Pour Marx (1965), qui voyait une « coupure épistémologique » vers 1845. Le débat reste ouvert.

La conception matérialiste de l'histoire

Pour Marx, l'histoire des sociétés humaines est l'histoire de leurs modes de production. À chaque époque, les hommes s'organisent pour produire les biens dont ils ont besoin ; ces formes d'organisation (les « rapports de production ») se nouent à un certain niveau de développement des « forces productives » (techniques, outils, savoir-faire). L'ensemble forme la « base économique » de la société, sur laquelle s'élève une « superstructure » juridique, politique, idéologique. La superstructure n'est pas indépendante : elle reflète, en les masquant souvent, les rapports de production sous-jacents.

L'histoire n'avance pas pacifiquement : à un certain stade, les forces productives entrent en contradiction avec les rapports de production existants. Cette contradiction est la source de révolutions. La société esclavagiste a cédé à la féodalité, la féodalité au capitalisme. Le capitalisme, à son tour, contient ses propres contradictions et porte en lui sa propre négation : il « engendre ses propres fossoyeurs », les prolétaires.

La lutte des classes

Le Manifeste du parti communiste (1848) s'ouvre par la formule devenue célèbre : « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de la lutte des classes. » Toute société de classes est traversée par l'antagonisme entre ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui doivent vendre leur force de travail. Dans le capitalisme moderne, ce sont la bourgeoisie et le prolétariat.

Cette analyse n'est ni un constat moral ni une prédiction certaine : c'est un cadre d'analyse qui met l'accent sur les rapports de force économiques et sociaux comme moteur de l'histoire.

Le Capital : la critique de l'économie politique

L'œuvre la plus ambitieuse de Marx, Le Capital (livre I, 1867 ; livres II et III posthumes), entreprend une critique systématique du mode de production capitaliste, dans le sillage de l'économie classique (Adam Smith, Ricardo) qu'elle reprend et conteste à la fois.

Marx part de la marchandise. Une marchandise a une valeur d'usage (elle satisfait un besoin) et une valeur d'échange (elle s'échange contre d'autres marchandises selon certaines proportions). La valeur d'échange est, selon Marx, déterminée par la quantité de travail social moyen nécessaire à sa production.

Mais la marchandise capitaliste a une caractéristique étrange : elle masque les rapports sociaux qui la produisent. Les rapports entre les hommes (les producteurs) apparaissent comme des rapports entre choses (les marchandises échangées sur le marché). C'est le fétichisme de la marchandise : un renversement par lequel les produits du travail humain prennent une apparence d'objectivité naturelle et indépendante.

Marx analyse ensuite le travail dans le capitalisme. Le capitaliste achète au travailleur sa force de travail (sa capacité à travailler) pour une certaine durée. Mais la valeur produite par cette force de travail pendant cette durée est supérieure à la valeur de la force de travail elle-même (le salaire). La différence est la plus-value, source du profit capitaliste. L'exploitation, pour Marx, est cette extraction de plus-value, qui n'est ni un vol ni une injustice morale au sens libéral, mais un mécanisme structurel du capitalisme.

L'accumulation du capital, la concentration croissante des moyens de production, la baisse tendancielle du taux de profit, la formation d'une « armée de réserve » de chômeurs, les crises périodiques de surproduction sont autant de phénomènes qui, selon Marx, naissent de la dynamique propre du capital et préparent ses contradictions ultimes.

Idéologie et conscience

La pensée de Marx comporte aussi une critique de l'idéologie. Les représentations que les hommes se font d'eux-mêmes (religion, morale, droit, philosophie) ne sont pas spontanément vraies : elles sont en grande partie produites par les conditions matérielles, et elles tendent à servir les intérêts de la classe dominante en les présentant comme universels. « La religion est l'opium du peuple » : non un mépris simple, mais une analyse du rôle consolateur, et donc anesthésiant, des consolations religieuses pour les conditions misérables d'existence.

La conscience de classe du prolétariat est, dans cette perspective, à la fois une réalité objective (les prolétaires partagent des conditions communes) et un processus politique à conquérir (la prise de conscience que ces conditions communes appellent une action commune).

Révolution, dictature du prolétariat, communisme

Marx envisage la transformation du capitalisme par une révolution prolétarienne. Dans une phase de transition, une « dictature du prolétariat » (le terme désignait, dans le vocabulaire de l'époque, un gouvernement révolutionnaire transitoire, non un régime totalitaire) prépare l'avènement d'une société sans classes, où l'État se dissoudra et où chacun pourra contribuer selon ses capacités et recevoir selon ses besoins.

Sur la forme exacte de cette société future, Marx est volontairement réservé : il refuse les utopies détaillées et préfère analyser les conditions concrètes d'émergence d'un autre monde à partir des contradictions du nôtre.

Une pensée à la fois descriptive et politique

L'œuvre de Marx ne sépare pas l'analyse théorique et l'engagement politique. Sa puissance vient de la rigueur de son analyse historique et économique du capitalisme, et de sa portée pratique pour penser et transformer le monde. C'est aussi ce qui rend sa réception passionnée, polarisée, et toujours débattue.

Œuvres majeures

Marx a beaucoup écrit, dans des registres très divers (philosophiques, économiques, journalistiques, politiques). Beaucoup de textes majeurs sont restés inédits de son vivant et n'ont été publiés qu'au XXe siècle.

Écrits de jeunesse

  • Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure (1841) : thèse de doctorat.
  • Sur la question juive (1843) : sur l'émancipation politique et religieuse.
  • Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843, introduction publiée en 1844).
  • Manuscrits économico-philosophiques de 1844 (publiés en 1932) : texte majeur où apparaît la notion d'aliénation.
  • Thèses sur Feuerbach (1845, publiées posthume en 1888) : onze thèses brèves dont la onzième est célèbre (« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde »).

Avec Engels

  • La Sainte Famille (1845) : polémique contre les jeunes hégéliens.
  • L'Idéologie allemande (1845-1846, publiée en 1932) : exposition de la conception matérialiste de l'histoire.
  • Manifeste du parti communiste (1848) : court texte de propagande politique, le plus lu de Marx, qui synthétise la conception matérialiste de l'histoire dans un appel à l'action.

Écrits politiques

  • Les Luttes de classes en France (1850).
  • Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852) : analyse magistrale du coup d'État de Napoléon III, qui contient des formules devenues proverbiales (« l'histoire se répète, la première fois comme tragédie, la seconde comme farce »).
  • La guerre civile en France (1871) : défense de la Commune de Paris.
  • Critique du programme de Gotha (1875, publiée en 1891) : court texte programmatique adressé au parti social-démocrate allemand.

L'œuvre économique

  • Misère de la philosophie (1847) : polémique contre Proudhon.
  • Contribution à la critique de l'économie politique (1859) : préface célèbre qui contient la formulation la plus condensée de la conception matérialiste de l'histoire.
  • Grundrisse (1857-1858, publiés en 1939-1941) : manuscrits préparatoires au Capital, longtemps inédits.

Le Capital

L'œuvre majeure de Marx, monumentale, en trois livres :

  • Le Capital, livre I (1867) : seul publié du vivant de Marx. Analyse de la marchandise, de la valeur, du travail, de la plus-value, de l'accumulation capitaliste.
  • Le Capital, livre II (publié en 1885 par Engels) : sur la circulation du capital et la reproduction.
  • Le Capital, livre III (publié en 1894 par Engels) : sur la formation du taux de profit moyen et la baisse tendancielle du taux de profit.

Engels a édité les livres II et III à partir des manuscrits laissés par Marx. Les Théories sur la plus-value (1862-1863), parfois considérées comme un livre IV, furent éditées plus tard par Kautsky.

Correspondance et journalisme

La correspondance de Marx avec Engels et d'autres, ainsi que ses articles pour la New York Tribune, constituent une source précieuse pour comprendre l'évolution de sa pensée et son rapport aux événements de son temps.

Postérité et influence

L'influence de Marx est d'une ampleur sans équivalent dans la philosophie moderne, à la mesure de l'ampleur des phénomènes historiques qui s'en sont réclamés et des courants intellectuels qui en sont nés.

Le marxisme comme tradition multiple

Le marxisme n'est pas une doctrine unifiée. Dès la fin du XIXe siècle, plusieurs courants se distinguent :

  • Le marxisme « orthodoxe » de la IIe Internationale (Kautsky, Plekhanov, Labriola) qui systématise la pensée de Marx en un « matérialisme historique » et un « matérialisme dialectique ».
  • Le révisionnisme d'Eduard Bernstein, qui critique certaines prédictions de Marx et plaide pour une voie réformiste.
  • Le marxisme révolutionnaire (Lénine, Trotski, Rosa Luxemburg) qui développe une théorie du parti et de la révolution.
  • Le marxisme-léninisme, codifié sous Staline en doctrine d'État de l'URSS, qui a connu une diffusion mondiale dont la nature dogmatique a été contestée par de nombreux marxistes eux-mêmes.

Le marxisme occidental

Au XXe siècle, en réaction à la fois à l'orthodoxie soviétique et aux défaites du mouvement ouvrier européen, émerge ce qu'on appellera le « marxisme occidental » : Lukács (Histoire et conscience de classe, 1923), Korsch, Gramsci, l'école de Francfort (Horkheimer, Adorno, Marcuse, Benjamin), Henri Lefebvre, Sartre (Critique de la raison dialectique, 1960), Louis Althusser (Pour Marx, 1965), Maurice Merleau-Ponty. Ce courant cherche à articuler Marx avec Hegel, la phénoménologie, la psychanalyse, l'anthropologie.

Influence sur les sciences sociales

Au-delà du marxisme stricto sensu, Marx a profondément marqué l'ensemble des sciences sociales. La sociologie (Max Weber dialogue constamment avec lui), l'histoire (école des Annales, marxisme britannique de Hobsbawm, Thompson, Hill), l'anthropologie, la critique littéraire (Lukács, Goldmann, Jameson) lui doivent énormément.

Critiques et oppositions

L'œuvre de Marx a suscité, et continue de susciter, des critiques nombreuses :

  • Critiques économiques : sur la théorie de la valeur-travail, sur les prédictions de baisse tendancielle du taux de profit, sur la pertinence de l'analyse face au capitalisme du XXIe siècle.
  • Critiques politiques et libérales : Karl Popper, dans La Société ouverte et ses ennemis, attaque ce qu'il considère comme l'historicisme marxiste. Raymond Aron, Friedrich Hayek, Isaiah Berlin développent des critiques systématiques.
  • Critiques philosophiques : Cornelius Castoriadis, à partir des années 1960, rompt avec Marx pour penser l'institution imaginaire de la société.
  • Critiques venues de la gauche : le postmarxisme (Laclau, Mouffe), les pensées de l'écologie politique, les pensées féministes, postcoloniales, antiracistes, ont à la fois prolongé et déplacé l'héritage marxien.

La question de la responsabilité historique

L'usage du marxisme comme idéologie officielle de régimes responsables de crimes massifs (URSS stalinienne, Chine maoïste, Cambodge, etc.) pèse lourdement sur la réception de l'œuvre. La question de savoir dans quelle mesure ces régimes peuvent ou non être imputés à Marx lui-même fait l'objet de débats intenses et durables.

Marx aujourd'hui

L'effondrement du bloc soviétique en 1989-1991 avait fait croire à beaucoup que le marxisme avait définitivement perdu sa pertinence. La crise financière de 2008, l'aggravation des inégalités mondiales, la financiarisation, les questions écologiques ont au contraire suscité un regain d'intérêt pour l'analyse marxienne du capitalisme. Spectres de Marx de Jacques Derrida (1993) annonçait déjà cet héritage à venir. Des auteurs comme David Harvey, Frédric Jameson, Étienne Balibar, Toni Negri et Michael Hardt, Wendy Brown, Nancy Fraser, Habermas dans certains de ses travaux, ont continué à dialoguer avec Marx.

Que l'on partage ou non ses conclusions, il est difficile aujourd'hui de penser le capitalisme, le travail, l'idéologie, les classes sociales, l'histoire moderne sans tenir compte de ce que Marx en aura écrit. Son œuvre demeure l'un des grands monuments de la pensée moderne.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Emmanuel Renault, Marx, Belin, coll. « Voix philosophiques », 2007. Présentation rigoureuse et claire de l'œuvre.
  • Michel Henry, Marx, Gallimard, coll. « Tel », 1976 (en deux volumes). Lecture phénoménologique, plus exigeante mais très éclairante.
  • Daniel Bensaïd, Marx l'intempestif, Fayard, 1995. Une relecture vivante, qui présente Marx comme penseur de notre présent.
  • Étienne Balibar, La philosophie de Marx, La Découverte, coll. « Repères », 1993. Très court, dense, par un grand connaisseur.

Études approfondies

  • David Harvey, Pour lire Le Capital, La Ville Brûle, 2012. Guide de lecture du livre I, accessible et utile.
  • Jacques Bidet, Que faire du Capital ?, PUF, 2000. Reformulation contemporaine.
  • Gérard Duménil, Le concept de loi économique dans Le Capital, Maspero, 1978.
  • Louis Althusser, Pour Marx, Maspero, 1965. Classique de la lecture althussérienne.

Œuvres de Marx : par où commencer

  • Manifeste du parti communiste (1848) : très court, accessible, porte d'entrée privilégiée.
  • Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852) : analyse historique brillante, lisible comme une œuvre littéraire.
  • Manuscrits de 1844 : pour aborder le jeune Marx et la notion d'aliénation.
  • Préface à la Contribution à la critique de l'économie politique (1859) : texte de quelques pages qui condense la conception matérialiste de l'histoire.
  • Le Capital, livre I (1867) : œuvre majeure. La section sur la marchandise et le fétichisme (chapitre 1) est dense ; mieux vaut s'accompagner d'un guide de lecture.

Sur Marx et le marxisme

  • Jacques Rancière, Maximilien Rubel, Henri Lefebvre, Maurice Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre, Cornelius Castoriadis : chacun a écrit des textes essentiels sur l'héritage marxien.
  • Jacques Derrida, Spectres de Marx, Galilée, 1993.

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Karl Marx » par Jonathan Wolff : synthèse universitaire.
  • Marx-Engels Internet Archive (marxists.org) : versions en ligne (souvent libres de droits) de la plupart des textes.

Marx est plus accessible qu'on ne le croit souvent. Le Manifeste et le 18 Brumaire peuvent se lire sans préparation particulière. Le Capital demande un accompagnement, mais récompense largement la patience.

Voir la cartographie