Blaise Pascal

19 juin 1623 - 19 août 1662 17 min de lecture

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Biographie

Blaise Pascal naît le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand, dans une famille de robe : son père, Étienne Pascal, est conseiller à la Cour des aides. Sa mère meurt en 1626, alors qu'il a trois ans. Il est élevé par son père, qui prend en charge l'éducation de ses trois enfants : Gilberte, l'aînée ; Blaise ; et Jacqueline, la cadette. Cette éducation paternelle, hors des collèges, est restée célèbre par son originalité et par les résultats qu'elle a produits.

Un précoce génie scientifique

Étienne Pascal s'installe à Paris en 1631, où il fréquente les milieux savants (notamment le cercle de Mersenne, qui réunit alors les meilleurs esprits). Blaise grandit dans cette atmosphère d'effervescence intellectuelle. À douze ans, il aurait redécouvert seul les premières propositions d'Euclide. À seize ans, il rédige un Essai pour les coniques qui retient l'attention de Descartes et de Mersenne. À dix-neuf ans, pour aider son père dans ses comptes, il conçoit et fabrique une machine arithmétique, la « Pascaline », l'une des premières calculatrices mécaniques de l'histoire.

Suivront, dans les années 1640 et 1650, des contributions majeures : aux côtés de Pierre de Fermat, il fonde le calcul des probabilités à propos de problèmes de jeux de hasard ; il développe le triangle arithmétique qui porte son nom ; il mène des expériences sur le vide et la pression atmosphérique (notamment la fameuse expérience du Puy-de-Dôme, conduite en 1648 par son beau-frère Florin Périer à sa demande), qui réfutent la thèse aristotélicienne de l'« horreur du vide » et démontrent l'existence de la pression de l'air.

La conversion et Port-Royal

En 1646, la famille Pascal entre en contact avec le jansénisme par l'intermédiaire de gentilshommes de Rouen qui soignent Étienne après un accident. Blaise s'oriente alors vers une piété plus austère. Mais c'est l'épisode mystique du 23 novembre 1654 (la « nuit de feu », dont il consignera le souvenir dans le Mémorial, papier cousu dans la doublure de son vêtement et retrouvé à sa mort) qui marque sa conversion décisive. Il se rapproche de l'abbaye de Port-Royal des Champs, foyer du jansénisme, et y séjourne régulièrement.

Les Provinciales

Sollicité par les jansénistes pour défendre Antoine Arnauld, en butte aux jésuites, Pascal publie sous pseudonyme, entre janvier 1656 et mars 1657, dix-huit lettres connues sous le nom de Provinciales (titre complet : Lettres écrites par Louis de Montalte à un Provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites). Polémique d'une virtuosité littéraire éclatante, qui mêle ironie, scénographie dialoguée et démonstration serrée, Les Provinciales attaquent la « morale relâchée » et la casuistique des théologiens jésuites. L'ouvrage est mis à l'Index, mais son influence sur la prose française est durable : on en a fait l'acte de naissance de la prose classique.

Les Pensées

À partir de 1656-1657, Pascal entreprend un grand projet apologétique : une Apologie de la religion chrétienne destinée à convaincre les libertins et les indifférents. La maladie et la mort interrompent ce chantier. Il en reste des fragments de longueurs très variées, classés sur des liasses, retrouvés à sa mort : ce sont les Pensées, publiées pour la première fois en 1670 par Port-Royal (édition très réorganisée, qui a longtemps occulté l'état réel des manuscrits). Plusieurs éditions critiques modernes (Brunschvicg, Lafuma, Sellier) ont cherché à restituer l'ordre original autant que possible.

Maladie et mort

La santé de Pascal a toujours été fragile. À partir de 1659, les douleurs deviennent intenses. Il consacre ses dernières années à la prière, à la charité (notamment l'invention en 1662 d'un service public de transport, les « carrosses à cinq sols », première forme de transport en commun urbain à tarif fixe, dont il consacre une partie des bénéfices aux pauvres), et à la mise au net de quelques pensées. Il meurt à Paris le 19 août 1662, à 39 ans, dans la maison de sa sœur Gilberte.

Pensée principale

La pensée de Pascal est traversée par une tension qui en fait la force : il est à la fois savant rigoureux, conscient de la puissance et des limites de la raison, et croyant exigeant, persuadé que la condition humaine porte une énigme que la science seule ne peut résoudre. Cette tension n'est pas une contradiction : elle est le ressort même de l'anthropologie pascalienne et de son projet apologétique.

L'homme entre les deux infinis

Pascal place l'homme dans une situation paradoxale. D'un côté, par la science et par la raison, l'homme peut connaître l'univers : il comprend l'infiniment grand (les espaces célestes, la nature multipliée à l'infini) et l'infiniment petit (les corpuscules, les composants des choses). Mais cette même science lui révèle qu'il est lui-même un rien entre ces deux infinis : perdu dans l'espace immense, fragile devant la moindre vapeur, « un roseau, le plus faible de la nature ». Cette double conscience, de notre puissance de comprendre et de notre fragilité, est la condition humaine.

Le « roseau pensant »

C'est dans ce contraste que Pascal trouve la dignité spécifique de l'homme. La fameuse pensée : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui ; l'univers n'en sait rien. » La grandeur humaine ne tient pas à la force, mais à la conscience.

Les deux esprits : géométrique et finesse

Pascal distingue, dans une formule devenue classique, deux ordres de la connaissance. L'esprit géométrique (ou esprit mathématique) procède par définitions claires, par axiomes, par déductions rigoureuses ; il est puissant dans son ordre mais ne convient pas à toutes les matières. L'esprit de finesse saisit, par un coup d'œil, des réalités complexes où les principes sont multiples, mêlés, difficiles à isoler : c'est l'esprit qu'il faut pour les sciences humaines, pour le jugement des situations particulières, pour la connaissance du cœur de l'homme. Ces deux esprits sont rarement réunis dans une même personne.

La misère et la grandeur de l'homme

L'anthropologie pascalienne joue sur deux registres apparemment contradictoires, qu'il tient ensemble : l'homme est misérable et l'homme est grand. Misérable, par son inconstance, son ennui, son incapacité à demeurer en repos dans une chambre, son agitation incessante, sa vanité qui le pousse à fuir le silence et la rencontre de soi (l'analyse fameuse du « divertissement »). Grand, par cette même conscience qui lui révèle sa misère : un animal qui se sait misérable est précisément, par cette connaissance, au-dessus de sa condition.

L'enjeu de cette analyse est apologétique : seul le christianisme, selon Pascal, peut expliquer cette double nature, en la rapportant à la chute originelle (l'homme déchu garde la mémoire d'une grandeur qu'il a perdue) et à la rédemption possible.

Le divertissement

L'une des analyses les plus profondes de Pascal porte sur le divertissement, c'est-à-dire ce qui nous détourne de nous-mêmes. Pascal montre que l'homme fuit le repos et la solitude, parce que dans le silence, il rencontre sa propre vacuité, sa propre angoisse, et la pensée de la mort. Toutes les occupations humaines (la chasse, la guerre, le jeu, les charges publiques, l'amour passionnément cherché) ne sont, à l'analyse, que des moyens de ne pas penser à soi. Cette analyse, qui peut paraître dure, est un trait majeur de la psychologie pascalienne et anticipe certains thèmes existentialistes (l'angoisse, la fuite devant soi).

Le cœur et la raison

L'un des partages les plus célèbres de Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Le cœur, pour Pascal, ce n'est pas le sentiment au sens moderne, c'est une faculté de connaissance directe, intuitive, qui saisit les principes premiers (l'espace, le temps, le mouvement, les nombres) que la raison ne peut démontrer mais qu'elle suppose. Le cœur est aussi ce qui peut sentir Dieu, là où la raison ne peut prouver. La foi n'est pas irrationnelle mais elle excède la raison démonstrative.

Le pari

L'argument du « pari », fragment célèbre des Pensées, n'est pas une preuve de l'existence de Dieu : c'est une stratégie pour amener un libertin indifférent à prendre au sérieux la question religieuse. Pascal admet qu'on ne peut prouver Dieu par la raison pure. Mais, présentant la situation comme un pari, il argumente : on parie nécessairement, qu'on le veuille ou non ; on parie en vivant comme si Dieu existait ou comme s'il n'existait pas. Or, si Dieu existe et que vous avez parié pour, vous gagnez tout (la vie éternelle) ; si vous avez parié contre, vous perdez tout. Si Dieu n'existe pas, vous ne perdez à peu près rien dans les deux cas. Le calcul rationnel commande donc de parier pour Dieu.

L'argument a fait l'objet d'innombrables discussions (sur sa validité formelle, sur la sincérité d'une foi pariée). Il faut surtout le replacer dans la stratégie apologétique d'ensemble : le pari n'est qu'une porte d'entrée, destinée à secouer l'indifférent, non un fondement de la foi.

Les trois ordres

Une autre intuition profonde des Pensées est la doctrine des trois ordres : l'ordre des corps (la matière, la puissance physique), l'ordre des esprits (le savoir, la pensée, le génie scientifique), et l'ordre de la charité (la sainteté, l'amour de Dieu et des hommes). Ces trois ordres sont incommensurables : aucune accumulation de l'un ne fait passer dans l'autre. Tout l'or du monde, toute la gloire militaire, ne valent pas le moindre acte de l'esprit ; tous les esprits ensemble ne valent pas le moindre mouvement de charité. C'est l'une des hiérarchies les plus exigeantes de la pensée chrétienne.

Une pensée qui interroge encore

Pascal n'est pas un philosophe de système. Sa pensée se déploie par fulgurances, par analyses concrètes de la condition humaine, par méditations religieuses. Mais ces fulgurances ouvrent des chemins que la philosophie ultérieure n'a cessé de parcourir : la question de l'angoisse et du divertissement, le rapport entre raison et croyance, la place du corps et des affects dans la connaissance, la condition tragique de l'homme entre les deux infinis. C'est pour cela que Pascal demeure une lecture vive, hors des polémiques théologiques de son temps, pour qui veut interroger ce que c'est qu'être un homme.

Œuvres majeures

L'œuvre de Pascal est éclatée entre sciences, polémique religieuse et fragments métaphysiques. Plusieurs textes majeurs sont posthumes.

Œuvres scientifiques

  • Essai pour les coniques (1640) : rédigé à seize ans, ce court texte impressionne Mersenne et Descartes. Pascal y démontre un théorème (dit aujourd'hui « théorème de Pascal ») sur les coniques inscrites dans des hexagones.
  • Expériences nouvelles touchant le vide (1647) et Récit de la grande expérience de l'équilibre des liqueurs (1648) : rapports des expériences sur la pression atmosphérique (notamment l'expérience du Puy-de-Dôme, menée par son beau-frère à sa demande).
  • Traité du triangle arithmétique (1654, publié 1665) : sur le « triangle de Pascal » et les coefficients binomiaux.
  • Correspondance avec Pierre de Fermat (1654) : fonde, à propos de problèmes de jeux de hasard, le calcul des probabilités.

Les Provinciales (1656-1657)

Dix-huit lettres publiées sous pseudonyme, entre janvier 1656 et mars 1657, dans le contexte de la querelle entre les jansénistes et les jésuites. Pascal y prend la défense d'Antoine Arnauld et y attaque la « morale relâchée » et la casuistique des jésuites. Mises à l'Index, mais immense succès public ; Voltaire dira qu'elles ont fixé la prose française. L'ouvrage est resté un sommet de l'art polémique : ironie maîtrisée, scènes dialoguées, démonstrations serrées.

Pensées (posthume, 1670)

Œuvre majeure et inachevée. À partir de 1656-1657, Pascal entreprend une Apologie de la religion chrétienne destinée à convaincre les libertins et les indifférents. La maladie et la mort empêchent l'achèvement. Restent des fragments de longueurs variées, classés sur des liasses, retrouvés à sa mort. La première édition (Port-Royal, 1670) réorganise considérablement le texte. Les éditions critiques modernes (Brunschvicg, Lafuma, Sellier) ont restitué l'ordre des manuscrits autant que possible.

Le texte est cité selon le numéro de fragment (la numérotation varie d'une édition à l'autre : Br. pour Brunschvicg, Laf. pour Lafuma, Sel. pour Sellier). Les Pensées contiennent notamment les analyses fameuses sur les deux infinis, le roseau pensant, le divertissement, le cœur et la raison, le pari, les trois ordres, ainsi que le récit autobiographique de la « nuit de feu » du 23 novembre 1654 (le Mémorial).

Écrits religieux divers

  • Écrits sur la grâce (vers 1656-1658, publiés en partie au XIXe siècle).
  • Trois discours sur la condition des grands (publiés en 1670).
  • Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies (1659-1660).
  • De l'esprit géométrique et De l'art de persuader (vers 1655-1657, publiés en 1728).

Édition

L'édition de référence est celle des Œuvres complètes dans la « Bibliothèque de la Pléiade » (Gallimard), en deux volumes établis par Michel Le Guern. Les Pensées sont disponibles en plusieurs éditions accessibles (GF-Flammarion, Folio classique, Le Livre de poche), suivant les classements de Brunschvicg, Lafuma ou Sellier.

Postérité et influence

La postérité de Pascal est plurielle : scientifique, littéraire, philosophique, religieuse. Aucun de ces volets ne s'est jamais éteint.

Postérité scientifique

Les travaux de Pascal sur les probabilités, le triangle arithmétique, la pression atmosphérique sont entrés dans le patrimoine commun des sciences. Une unité de pression internationale porte son nom (le pascal), de même qu'un langage de programmation conçu en 1970 par Niklaus Wirth (le Pascal).

Postérité littéraire

Les Provinciales et les Pensées sont des classiques de la prose française. Voltaire, qui détestait l'apologétique pascalienne et y consacra une longue critique dans ses Lettres philosophiques, reconnaissait à Pascal d'avoir fixé la prose française. La concision incisive des Pensées, la virtuosité polémique des Provinciales, la profondeur des analyses sur le divertissement, l'angoisse, le pari, ont marqué tous les grands prosateurs français postérieurs, de Voltaire à Chateaubriand, de Baudelaire à Valéry.

Postérité religieuse

Pascal demeure une référence majeure du christianisme intellectuel français. Sa conception d'une foi vivante distincte du « dieu des philosophes et des savants » (formule du Mémorial), son insistance sur le caché de Dieu et sur la médiation du Christ, son refus d'une apologétique purement rationnelle, continuent de nourrir une tradition spirituelle. Karl Barth, en théologie protestante, et beaucoup d'auteurs catholiques (Maurice Blondel, Hans Urs von Balthasar) l'ont relu en profondeur.

Postérité philosophique

L'influence philosophique de Pascal est diffuse mais profonde, et elle dépasse largement la sphère chrétienne.

  • Nietzsche admirait Pascal pour la rigueur de son analyse du christianisme et de la condition humaine, tout en le combattant. Il voyait en lui « le plus instructif des sacrifiés » du christianisme.
  • Kierkegaard prolonge à sa façon, dans un christianisme protestant existentiel, le geste pascalien de placer la foi au-delà de la raison démonstrative.
  • Bergson le cite avec respect ; Léon Brunschvicg en fait l'un des sommets de la philosophie française.
  • Les existentialistes du XXe siècle (Sartre, Lucien Goldmann dans Le Dieu caché, 1955) trouvent chez Pascal une anticipation des thèmes de l'angoisse, de la fuite, du tragique de la condition humaine.
  • Heidegger, discrètement, a entretenu un dialogue avec Pascal, dont il appréciait l'analyse de l'inquiétude.

Pascal dans la pensée contemporaine

Le « pari de Pascal » est devenu un cas d'école en théorie de la décision, discuté par les théoriciens de la rationalité et de la décision sous incertitude. L'analyse du divertissement a nourri des analyses contemporaines de la société de consommation et des effets de l'hyperconnexion (un peu à la manière d'une psychologie du scrolling). Le statut épistémique de la foi et le rapport raison-croyance restent des questions vives en philosophie de la religion.

Une œuvre toujours vivante

Plus encore que dans la philosophie professionnelle, c'est probablement comme moraliste et comme analyste de la condition humaine que Pascal continue à parler. Lire un fragment des Pensées sur le divertissement ou sur la disproportion de l'homme, c'est toujours rencontrer une voix d'une justesse troublante. Sa pensée résiste au temps parce qu'elle n'aborde pas seulement des questions historiques : elle pose des questions à chacun.

Pour aller plus loin

Introductions accessibles

  • Vincent Carraud, Pascal. Des connaissances naturelles à l'étude de l'homme, Vrin, 2007. Excellente introduction par l'un des meilleurs connaisseurs.
  • Pierre Magnard, Pascal ou l'art de la digression, Ellipses, 1997.
  • Henri Gouhier, Blaise Pascal. Commentaires, Vrin, 1971. Lecture serrée et accessible.
  • Laurent Thirouin, Pascal ou le défaut de la méthode, Champion, 1991.

Études approfondies

  • Lucien Goldmann, Le Dieu caché. Étude sur la vision tragique dans les Pensées de Pascal et dans le théâtre de Racine, Gallimard, 1955. Classique de la lecture sociologique et tragique.
  • Philippe Sellier, Pascal et saint Augustin, Albin Michel, 1995 (réédition revue).
  • Jean Mesnard, Pascal, Hatier, 1967. Petit volume, par le grand spécialiste de Pascal.
  • Philippe Sellier (éd.), Port-Royal et la littérature, Champion (plusieurs volumes).

Œuvres de Pascal : par où commencer

  • Pensées, dans l'édition Sellier ou Lafuma (Le Livre de poche ou Folio classique). Lisez par fragments, en commençant par les analyses sur le divertissement, la disproportion de l'homme, le pari, les trois ordres. Les Pensées se prêtent à une lecture cursive et libre.
  • Les Provinciales : long mais accessible, lecture délicieuse pour qui aime la prose française du Grand Siècle. Les quatre premières lettres suffisent à se faire une idée.
  • De l'esprit géométrique et De l'art de persuader : courts traités sur la méthode et la rhétorique, lisibles indépendamment.
  • Trois discours sur la condition des grands : très brefs, profonds, accessibles.

Sur les Pensées : les éditions

Les Pensées posent un problème d'édition unique. Le texte n'a pas été achevé, les fragments sont de longueurs très variables, leur ordre relève en partie d'une reconstitution. Trois éditions de référence se partagent les citations contemporaines :

  • L'édition de Léon Brunschvicg (1897), longtemps standard, regroupe les fragments par thèmes mais s'éloigne du manuscrit.
  • L'édition de Louis Lafuma (1951) respecte davantage l'ordre des liasses originales.
  • L'édition de Philippe Sellier (1976) corrige Lafuma sur plusieurs points et est aujourd'hui souvent privilégiée.

Les éditions courantes indiquent généralement les numérotations correspondantes dans plusieurs systèmes.

Ressources en ligne

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy, article « Blaise Pascal » par Desmond Clarke et Henry Phillips : synthèse en anglais.
  • Le site classiques.uqam.ca donne accès aux Pensées en texte intégral.
  • La BnF Gallica permet de consulter les éditions anciennes.

Pascal est l'un des philosophes français les plus accessibles : sa langue est limpide, ses analyses concrètes, son humour aiguisé. On peut entrer dans son œuvre par n'importe quel fragment des Pensées, et ne plus la quitter.

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