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Concepts

Les concepts philosophiques documentés sur Philotopie.

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  • Abduction epistemologie Inférence qui part d'un fait surprenant et remonte à l'hypothèse qui le rendrait attendu. Nommée par Charles Sanders Peirce et distinguée par lui de la déduction et de l'induction, elle désigne aujourd'hui aussi bien un mode de découverte qu'une procédure de diagnostic.
  • Acte et puissance metaphysique Couple de concepts par lequel Aristote pense le changement : la puissance est la capacité de devenir, l'acte sa réalisation. Le gland est un chêne en puissance, le chêne est l'acte vers lequel il tend.
  • Anti-agression politique Doctrine mohiste du refus de la guerre offensive, exposée dans le livre Mozi. Elle condamne l'agression en appliquant aux États les règles valables pour les personnes et en montrant que la conquête détruit plus qu'elle ne rapporte, tout en organisant la défense des attaqués.
  • Atomisme metaphysique Nom donné à toute doctrine qui explique un tout par des éléments indivisibles et par leurs relations. Le mot a d'abord désigné une physique de la matière et du vide, avant de servir en logique puis, sur un mode critique, en philosophie politique.
  • Attention (Simone Weil) ethique Chez Simone Weil, l'attention n'est pas un effort de concentration mais une suspension de la pensée, qui la rend disponible et vide. Elle fonde selon elle l'étude, la prière et la reconnaissance du malheur d'autrui.
  • Bienveillance ethique Disposition à vouloir le bien d'autrui, distinguée depuis l'Antiquité de la bienfaisance qui la met en acte. Son statut est l'un des grands débats de la philosophie morale : sentiment naturel ou devoir de la raison.
  • Bienveillance impartiale ethique Exigence morale selon laquelle le bien de chacun compte avec le même poids, sans privilège pour soi ni pour ses proches. Formulée par le mohisme chinois puis par l'utilitarisme, elle est au centre des débats contemporains sur la partialité.
  • Choix social politique Ensemble des travaux consacrés au passage des préférences individuelles à une décision collective. Né des mémoires de Borda et de Condorcet, formalisé par le théorème d'impossibilité d'Arrow, le domaine a été renouvelé par Amartya Sen qui en a déplacé la question : non pas comment agréger, mais quelles informations compter.
  • Christocentrisme autre Orientation de pensée qui fait du Christ le centre de l'histoire, de la connaissance et de la réalité. Le terme est moderne mais désigne une tendance ancienne, nette chez Bonaventure, qui s'oppose au théocentrisme de Thomas d'Aquin et pose une question philosophique durable : un fait singulier peut-il fonder une vérité universelle ?
  • Communautarisme politique Terme à deux vies. En philosophie, il traduit le courant anglo-américain des années 1980 qui objecte aux théories libérales de la justice que le sujet moral est toujours situé et que le bien précède le juste. En débat public français, il désigne au contraire, sur un mode accusatoire, le primat d'une appartenance particulière sur l'appartenance commune.
  • Connaissance dispersée epistemologie Situation dans laquelle le savoir nécessaire à la coordination d'une société n'est détenu par aucune instance mais réparti entre d'innombrables personnes, chacune n'en possédant qu'une part locale et souvent difficile à formuler. La notion sert aussi bien à critiquer la planification qu'à justifier la délibération démocratique ou la gestion commune.
  • Contre-Lumières politique Catégorie forgée par les historiens, et popularisée par Isaiah Berlin, pour désigner les pensées qui ont contesté les présupposés des Lumières : l'unité de la raison, l'universalité des critères du vrai et l'harmonie finale des valeurs. Son périmètre et sa pertinence restent très discutés.
  • Courant de conscience Thèse selon laquelle la vie mentale ne se compose pas d'états séparés mais s'écoule sans coupure, avec des contenus nets et une frange de relations vaguement senties. Formulée par William James en 1890 contre la psychologie associationniste, l'expression a ensuite désigné une technique romanesque qu'il ne faut pas confondre avec elle.
  • Daimonion ethique Le daimonion est le signe divin dont Socrate dit qu'il l'avertit depuis l'enfance. Chez Platon, il n'agit que par interdiction, sur des actions singulières, et sans jamais donner de raison. Il fut l'un des motifs de l'accusation d'impiété portée contre Socrate.
  • Décréation metaphysique Forgée par Simone Weil, la décréation désigne le passage du créé à l'incréé : le renoncement au moi par lequel la créature répond au retrait de Dieu dans l'acte de création. Elle se distingue expressément de la destruction, qui reconduit au néant.
  • Déisme metaphysique Le déisme désigne la croyance en un Dieu accessible à la seule raison, sans révélation, sans miracle et sans Église. Né au XVIe siècle comme une accusation, le mot est devenu au XVIIIe siècle une position revendiquée, avant de sortir de l'usage.
  • Despotisme politique Forme de gouvernement où un seul homme commande selon sa volonté, sans lois stables ni corps intermédiaires. Le mot vient de l'autorité du maître sur ses esclaves et il a servi, de Montesquieu à Tocqueville, à penser ce qui détruit la liberté politique.
  • Développement humain politique Évaluation du développement par l'élargissement des possibilités réelles qu'ont les personnes de faire et d'être, et non par le revenu ou la satisfaction. Formalisée dans le premier Rapport mondial sur le développement humain du PNUD, en 1990.
  • Dialectique logique Méthode de pensée procédant par le dialogue et la confrontation d'arguments ou de contradictions. Le terme a des sens distincts chez Platon, Aristote et Hegel qu'il faut soigneusement distinguer.
  • Dialectique négative epistemologie Projet philosophique exposé par Adorno en 1966 : une dialectique qui refuse la synthèse réconciliatrice de Hegel et s'attache à ce que le concept ne parvient pas à saisir dans son objet.
  • Droits inviolables politique Un droit est dit inviolable lorsqu'aucune considération d'intérêt général ou d'utilité collective n'autorise à le transgresser. La notion recouvre des thèses distinctes selon qu'elle désigne une borne absolue de l'action ou une forte présomption en faveur de l'individu.
  • Durée metaphysique Terme ancien de la métaphysique, la durée désigne d'abord la persistance d'un être dans l'existence. Bergson lui a donné un sens nouveau en nommant ainsi le temps tel qu'il est éprouvé, continu, hétérogène et créateur, par opposition au temps homogène que l'on mesure.
  • Élan vital metaphysique Notion introduite par Bergson dans L'Évolution créatrice pour nommer la poussée créatrice du vivant, qui se divise en lignées divergentes en se heurtant à la matière. Elle est pensée contre le mécanisme et contre le finalisme, et la biologie contemporaine ne l'emploie plus.
  • Élenchos epistemologie Méthode de questionnement socratique consistant à examiner les croyances d'un interlocuteur pour révéler leurs contradictions internes et l'amener à reconnaître son ignorance.
  • Essence et existence metaphysique Thèse de Thomas d'Aquin selon laquelle, dans toute créature, l'essence (ce qu'elle est) et l'existence (le fait qu'elle soit) sont réellement distinctes. Elles ne coïncident qu'en Dieu, dont l'essence est d'exister.
  • Eudémonisme ethique Doctrine morale selon laquelle le bonheur, entendu comme accomplissement de l'être humain (eudaimonia), est la fin ultime de l'existence. Associée surtout à Aristote.
  • Hylémorphisme metaphysique Doctrine d'Aristote selon laquelle toute substance est l'union d'une matière (ce dont elle est faite) et d'une forme (ce qui lui donne son identité), la forme étant dans la chose et non séparée.
  • Illumination divine epistemologie Doctrine selon laquelle l'esprit humain n'atteint les vérités nécessaires que par une action divine comparée à une lumière. Formulée par Augustin, défendue par les franciscains, elle a été contestée par Thomas d'Aquin puis reformulée par Malebranche.
  • Intellectualisme moral ethique Doctrine socratique selon laquelle la vertu est un savoir, le vice une ignorance et personne ne fait volontairement le mal. La connaissance du bien suffit à le faire accomplir.
  • Ironie socratique ethique Posture intellectuelle adoptée par Socrate qui consiste à feindre l'ignorance pour amener l'interlocuteur à exposer ses propres prétentions au savoir. Plus qu'une figure de style, dispositif pédagogique et philosophique qui rend possible l'élenchos.
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