Métaphysique
L'être, la substance, la cause : ce qui est, et à quelles conditions.
Qu'est-ce qui existe et de quelle manière ? La métaphysique s'occupe des questions les plus abstraites de la philosophie : la nature de l'être, du temps, de la causalité, ou encore ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est et pas autre chose. Elle cherche non pas à décrire tel ou tel phénomène mais à comprendre les structures les plus générales du réel.
De l'ontologie antique à la critique kantienne
Le mot vient d'Aristote, dont les traités regroupés sous ce nom traitent de ce qu'il appelle la philosophie première, l'étude de l'être en tant qu'être. Cette entreprise se poursuit à travers la scolastique médiévale, notamment chez Thomas d'Aquin et Duns Scot, qui affinent les notions de substance, de forme, de matière et d'accident.
À l'âge classique, la métaphysique connaît un nouvel essor avec Descartes, Spinoza et Leibniz, qui bâtissent chacun un système où les rapports entre Dieu, la nature et l'esprit sont pensés dans leur totalité. Kant marque une rupture décisive : dans la Critique de la raison pure, il interroge la possibilité même d'une connaissance métaphysique et distingue ce qui peut être connu par l'expérience de ce qui échappe à ses limites.
Une discipline qui se reformule
Après Kant, la métaphysique se transforme mais ne disparaît pas. Hegel en propose une reformulation dialectique. Heidegger en dénonce l'oubli de la question de l'être et cherche à la refonder. Au XXe siècle, la tradition analytique anglo-saxonne, avec des auteurs comme David Lewis, Saul Kripke ou Peter Strawson, s'empare de ses vieilles questions avec les outils de la logique moderne : identité personnelle, modalité, universaux et causalité.
Certains courants contemporains la considèrent comme dépassée, d'autres la voient au contraire comme le socle indispensable de toute réflexion philosophique. Le débat reste ouvert.