Philosophie antique
Des présocratiques à la fin de l'Antiquité tardive.
Née au VIe siècle avant notre ère dans le monde grec et prolongée jusqu'au VIe siècle de notre ère avec la fermeture des écoles d'Athènes par Justinien en 529, la philosophie antique couvre plus de mille ans de réflexion. Elle ne se contente pas de poser les premières questions de la métaphysique, de l'éthique ou de la politique : elle invente le geste même de la philosophie comme recherche méthodique de la sagesse, distincte du mythe et de la religion.
Trois grandes époques
Les présocratiques, de Thalès à Démocrite, interrogent l'origine et la structure du monde physique et cherchent un principe premier qui rendrait compte de la diversité des phénomènes. Cette période inaugure la philosophie de la nature.
L'époque classique, aux Ve et IVe siècles avant notre ère, est dominée par la figure de Socrate et par ses deux principaux successeurs, Platon et Aristote. Le déplacement est décisif : la philosophie devient réflexion sur la connaissance, la vertu, la cité et le bien. L'Académie et le Lycée, fondés à Athènes, sont les premières institutions d'enseignement philosophique organisé.
L'époque hellénistique et romaine, qui s'étend du IIIe siècle avant notre ère aux premiers siècles de notre ère, voit se déployer les grandes écoles de sagesse. Le stoïcisme, l'épicurisme, le scepticisme et le cynisme partagent une conviction : la philosophie doit apprendre à vivre. Pierre Hadot a insisté sur cette dimension d'exercice spirituel, où la théorie sert la transformation de soi. Plus tard, le néoplatonisme de Plotin propose une vaste synthèse métaphysique.
Une cohérence par-delà les écoles
Malgré la diversité des positions, la philosophie antique partage plusieurs traits qui la distinguent de ce qui viendra ensuite. La philosophie y est un mode de vie autant qu'un savoir. Elle se transmet dans des écoles rassemblées autour d'un maître. Elle articule presque toujours cosmologie, éthique et politique dans un même effort de compréhension. Cet héritage nourrira toute la pensée médiévale et rejaillira, à chaque époque, dans les tentatives de renouer avec une sagesse pratique.